Que fait l'UNESCO sur la violence homophobe et transphobe dans l'éducation ?

L'UNESCO admet qu'aucun pays ne peut atteindre l’Objectif de développement durable 4 - garantir à tous une éducation de qualité inclusive et équitable et promouvoir des opportunités d'apprentissage tout au long de la vie - si les élèves font l’objet de discriminations ou de violences fondées sur leur orientation sexuelle et leur identité de genre, réelle ou perçue.

Les objectifs des activités de l’UNESCO appuyant les réponses du secteur de l’éducation à la violence homophobe et transphobe visent à :

  • Recueillir des preuves solides sur la nature, la prévalence et l'impact de la violence homophobe et transphobe en milieu éducatif, en particulier dans les régions et les pays où les données sont peu disponibles ou inexistantes ;
  • Documenter et partager les bonnes pratiques ;
  • Sensibiliser et créer des coalitions au niveau national, régional et mondial et ;
  • Faciliter les actions, dans une sélection de pays, pour prévenir et traiter le problème de la violence homophobe et transphobe en milieu éducatif.
     

LES ACTIONS DE L'UNESCO

En mai 2016, l'UNESCO a réuni des dirigeants du monde entier pour une réunion ministérielle internationale sur les Réponses du secteur de l’Éducation à la violence basée sur l’orientation sexuelle et l’identité/expression de genre #OutInTheOpen. Elle a rassemblé 250 participants de 67 pays, avec 54 pays représentés au niveau gouvernemental et 15 au niveau ministériel, ainsi que des représentants de la société civile, des agences et organismes des Nations Unies, et d'autres organisations multilatérales.

Cet événement a été marqué par le lancement du premier Rapport mondial des Nations Unies sur la violence fondée sur l'orientation sexuelle et l'identité ou expression de genre. A l'issue de la réunion, un groupe de pays a lancé un Appel ministériel à l’action pour une éducation inclusive et équitable pour tous les apprenants dans un environnement préservé de la discrimination et de la violence, y compris la discrimination et  la violence fondée sur l'orientation sexuelle et l'identité ou l’expression de genre. D'autres pays se sont joints à l’initiative depuis la réunion ministérielle. A la date du 12 octobre 2016, 54 pays d'Afrique, d’Amérique latine, d’Amérique du Nord, d'Asie-Pacifique et d’Europe avaient exprimé leur soutien : Afrique du Sud, Albanie, Allemagne, Andorre, Argentine, Australie, Autriche, Belgique, Etat Plurinational de Bolivie, Brésil, Canada, Cap Vert, Chili, Chypre, Colombie, Costa Rica, Croatie, Danemark, Espagne, Équateur, Etats-Unis d’Amérique, Fidji, Finlande, France, Grèce, Guatemala, Honduras, Islande, Israël, Italie, Japon, Liechtenstein,  Madagascar, Malte, Maurice, Mexique, République de Moldova, Monténégro, Mozambique, Nicaragua, Norvège, Panama, Pays-Bas, Pérou, Philippines, Portugal, Roumanie, Salvador, Serbie, Slovénie, Suède, Suisse, République Tchèque et Uruguay. La date limite avant laquelle d’autres pays pourront exprimer leur soutien à l’Appel à l’action reste ouvert.

Ces actions seront dans la continuité des travaux entamés par l'UNESCO en 2011, lorsque l’organisation a convoqué la toute première consultation internationale des Nations Unies sur le harcèlement homophobe dans les institutions d’enseignement. Les conclusions ont été présentées dans la publication Politiques rationnelles et bonnes pratiques en matière d’éducation au VIH et à la santé – Brochure 8 : Réponses du secteur de l’éducation au harcèlement homophobe (chinois, anglais, français, italien, coréen, polonais, portugais, russe, espagnol), lancée à Paris à l’occasion de la Journée internationale contre l’homophobie et la transphobie (IDAHO) 2012. Le même jour, l'UNESCO et le Comité IDAHO ont publié des propositions pédagogiques à l’intention des enseignants et des éducateurs (français, allemand, chinois et adaptées au niveau local dans les « Propositions pédagogiques pour enseigner la diversité sexuelle et de genre » pour la Thaïlande).

Dans le cadre d'un programme triennal soutenu par le gouvernement des Pays-Bas, intitulé ÉDUCATION ET RESPECT POUR TOUS : Prévenir et combattre le harcèlement homophobe et transphobe dans les institutions éducatives, l'UNESCO soutient des activités régionales et nationales en Asie-Pacifique, en Afrique australe, en Amérique latine et dans les Caraïbes, en particulier :

Amélioration de la base factuelle et documentation des bonnes pratiques

Sensibilisation et formation de coalitions

  • Séminaire au Siège de l’UNESCO à Paris sur le droit à l’éducation des enfants et des jeunes LGBT, à l'occasion de la Journée des Droits de l'Homme 2014 et pour le 25ème anniversaire de la Convention sur les Droits de l'Enfant.
  • Consultations régionales sur les réponses du secteur de l’éducation à la violence fondée sur l'orientation sexuelle et l'expression/identité de genre dans les institutions éducatives en Amérique latine et aux Caraïbes et en Asie-Pacifique en juin 2015.
  • Lancement de la campagne Arc-en-ciel scolaire, où plus de 2 000 étudiants ont dessiné à la craie des arcs-en-ciel autour des grilles des écoles à Bangkok, Thaïlande, en signe de soutien à la diversité sexuelle / de genre.
  • Lancement de la campagne Be Myself sur les réseaux sociaux de Chine à l’occasion de la Journée internationale contre l’homophobie et la transphobie 2015, encourageant les jeunes à être eux-mêmes, à respecter les différences et à être respectueux les uns des autres.
  • Dans le cadre de l'initiative UNESCO/PNUD de 2015 Etre LGBT en Asie, la campagne des réseaux sociaux #PurpleMySchool est lancée dans le but de promouvoir des espaces sûrs pour les élèves LGBTI dans les écoles.
  • La Directrice générale de l’UNESCO, Irina Bokova, devient l’un des 12 dirigeants d’organismes des Nations Unies à endosser une déclaration historique le 29 septembre 2015, demandant aux États d’œuvrer de toute urgence pour mettre un terme à la violence et à la discrimination envers les adultes, les adolescents et les enfants LGBTI.
     

Appui à la mise en œuvre d'activités au niveau des pays, pour combattre la violence fondée sur l'orientation sexuelle et l'expression/identité de genre dans l'éducation

  • Appui de l’UNESCO à l'ONG mexicaine, Demysex, pour l’élaboration d’un manuel destiné à sensibiliser les enseignants aux problèmes liés à l'orientation sexuelle et à l'identité de genre, à l'homophobie et à la transphobie.
  • Appui en Chine à un atelier stratégique et à une formation des formateurs en mai 2013 pour promouvoir l'éducation LGBT. L'Association des campus homosexuels et lesbiennes de Chine (GLCAC) a publié à l’occasion d'une conférence de presse un rapport innovant sur les manuels universitaires en octobre 2014, intitulé “Les Contenus d'homosexualité dans les manuels universitaires”.
  • Suite à une réunion régionale organisée à Bangkok en juin 2015, des groups de travails techniques impliquant la Chine, l'Indonésie, les Philippines et la Thaïlande sont constitués, composés de représentants des gouvernements, d’organisations de la société civile et d’universitaires.
  • Soutien de l’UNESCO à l’ONG mexicaine Demysex pour le développement d’un manuel visant à sensibiliser les enseignants aux questions relatives à l’orientation sexuelle et l’identité de genre, l’homophobie et la transphobie.