Risques et adaptation

Le nombre de pertes humaines et de dommages économiques liés aux pratiques humaines s’accroît en cas d’événements extrêmes liés à l’eau. Les risques liés à l’eau pourraient encore augmenter pour différentes raisons. D’une part, la probabilité d’événements extrêmes ayant des impacts importants sur la société devrait être plus importante du fait des activités humaines (déforestation, drainage des rivières, aménagement et endiguement des fleuves, stockage et libération des réservoirs, etc.) et/ou de la variabilité et du changement climatiques. D’autre part, l'augmentation démographique et la croissance économique entraînent une forte urbanisation, souvent dans des zones inondables. Une mauvaise gouvernance de l’eau, conjuguée à un nombre insuffisant d’institutions et d’infrastructures adéquates dédiées à la gestion des situations d’urgence, réduit la capacité de la société à affronter des événements extrêmes et, par conséquent, augmente le risque pour la vie des personnes et les biens. Dès lors, il y a lieu d’ameliorer rapidement la gestion des risques.
 
Il subsiste un important décalage entre les estimations relativement exactes des derniers modèles hydrologiques et les informations requises pour fonder les décisions sur une évaluation des risques. Le rapport entre le débit ou l’intensité des précipitations et les dommages escomptés (nombre de décès, pertes économiques et zone/population touchée, par exemple) est déterminant mais insuffisamment étudié. Il faut donc élaborer des méthodologies pour évaluer les risques en tenant compte de la situation hydro-climatologique et sociale de la région concernée. Il est en outre indispensable d’intégrer des études de cas pilotes sur le rapport risque-dommages à l’échelle locale et régionale et de définir ces rapports pour doter les gestionnaires des ressources en eau et les responsables de l’élaboration des politiques en la matière d’outils de gestion des risques.
 
Ces dernières années, il est apparu que la communication des risques et la participation des parties prenantes faisaient partie intégrante des stratégies de gestion des risques liés à l’eau. La communication des risques a pour but de réduire l’exposition au risque et de créer une capacité de résilience et de résistance aux dangers en améliorant la perception des risques chez les populations et en influençant ainsi la façon dont elles y réagissent. Par conséquent, la communication des risques constitue à la fois un moyen de favoriser l'adoption de mesures de réduction/prévention des risques et une partie des mesures elles-mêmes (en particulier l'alerte rapide, la cartographie des risques et la planification des sols), et est source d’avantages pour la société, comme le renforcement des capacités et la confiance. Pour finir, l’implication de parties prenantes bien informées (ayant accès aux informations clés) aux divers stades de la planification participative permettra aussi que les mesures de mitigation soient mieux acceptées et plus solides sur le plan social.
 
Objectifs spécifiques
  • Mieux comprendre et promouvoir une approche de la gestion du risque d’inondation reposant sur l’idée de « cohabiter avec les inondations » plutôt que de « lutter contre les inondations » (à l’instar de l’IFI).
  • Étudier plus avant et mettre au point des systèmes d’alerte rapide intégrant une capacité de surveillance accrue et une modélisation hydrologique des systèmes socioécologiques, c’est-à-dire des cycles naturels et anthropogéniques de l’eau, afin d’appuyer la GIRE sur le plan opérationnel.
  • Recueillir, partager et analyser des données sur les dommages socioéconomiques dus aux risques liés à l’eau, en tenant compte de l’ampleur de ces risques et des formes de vulnérabilité sociale.
  • Aider les États membres à développer une culture de la résilience face aux catastrophes liées à l’eau et du traitement des risques.
  • Développer la connaissance (la mémoire) des catastrophes passées en améliorant la communication et la compréhension du caractère changeant des risques.
  • Soutenir la coopération entre les Etats membres et avec les organisations internationales pour conduire des études de vulnérabilité et des actions d’adaptation au changement climatique.