La mise en valeur des eaux rurales

Près de la moitié de l’humanité vit encore dans des zones rurales, principalement en Asie et en Afrique, et appartient aux groupes à faible revenu. Les populations rurales pauvres (900 millions d’habitants) n’ont pas accès à un approvisionnement de base en eau et à un système d’assainissement fiable, ce qui non seulement a un coût sanitaire et économique considérable mais crée des inégalités de genre et autres inégalités sociétales. La majeure partie de la population rurale du monde en développement est analphabète, non qualifiée et principalement constituée de personnes âgées, de femmes et d’enfants qui n’ont pas les ressources nécessaires pour faire face à la variabilité et aux effets des phénomènes naturels.
 
L’approvisionnement en eau et l’assainissement dans les zones rurales sont plus problématiques car les établissements humains se situent pour la plupart dans des zones écologiquement fragiles ; en outre, les modèles de développement sont dominés par des valeurs culturelles diverses, la situation économique est mauvaise et il existe des problèmes de récupération des coûts. Bien souvent, les habitats dispersés, l’économie principalement agricole et les ressources en eau limitées rendent difficile la mise en place d’infrastructures. La plupart des infrastructures hydrauliques sont décentralisées (point d’eau collectif, bornes fontaines publiques, latrines à fosse et, dans certains cas, fosses septiques). Elles sont également délabrées en raison de déficiences techniques et financières et d’une mauvaise gestion. Les populations rurales dépendent souvent de sources d’approvisionnement locales (puits, pompes manuelles, cours d’eau) qui sont dans bien des cas contaminées.
 
Ces populations n’ont pas accès à une technologie appropriée, peu coûteuse et produite sur place pour faire face à leurs besoins, qu’il s’agisse d’eau, d’assainissement ou d’hygiène. Les technologies de pointe axées sur les villes ne sont pas adaptées au milieu rural. Elles devraient tenir compte d’autres aspects comme l’efficience énergétique et le recours aux systèmes de traitement naturels qui sont robustes et peu coûteux. Elles devraient également prendre en considération les valeurs culturelles des populations rurales dans les pays en développement. Les modèles de participation du public au développement pourraient être différents, pour être compatibles avec les traditions locales (participation des personnes âgées et des responsables de groupes ethniques et communautaires, par exemple) tout en développant les technologies de l’eau et de l’assainissement dans les milieux ruraux.
 
Cet axe d’étude a pour objectif général d’appuyer l’élaboration d’une stratégie de développement intégrée pour assurer durablement la sécurité de l’eau et l’assainissement dans les habitats ruraux. Il comporte les quatre activités proposées ci-dessous.
 
Objectifs spécifiques
  • Définir un programme approprié de sensibilisation à la sécurité de l’eau et de l’assainissement qui soit adapté à la population rurale analphabète (dont la majorité est constituée de personnes âgées, de femmes et d’enfants) et trouver des modalités de participation du public qui tiennent compte de la structure des communautés, lesquelles sont fortement influencées par leurs traditions ethniques, culturelles et religieuses.
  • Trouver une technologie appropriée pour l’agriculture et les services d’approvisionnement en eau et d’assainissement qui puisse être acceptée, développée, exploitée et entretenue par une population rurale locale qui souvent n’a à sa disposition ni éducation/capacités ni ressources.
  • Proposer un nouveau modèle économique d’investissement qui soit spécifiquement adapté aux populations rurales pauvres et qui assure le développement et l’exploitation durables des infrastructures (par exemple, un modèle de subvention centralisé par opposition à un modèle PPP, ou une variante de l’un des deux), et suggérer des stratégies de développement des infrastructures qui concilient les demandes d’eau concurrentes pour l’usage domestique et l’usage agricole et prévoient l’utilisation efficace et la réutilisation des ressources (par exemple, approche services multi-usages (MUS)).
  • Étudier un nouveau cadre institutionnel qui puisse traiter les problèmes des zones rurales selon une approche intégrée, et trouver des structures institutionnelles et de gouvernance propices (par exemple, une institution, la décentralisation et le transfert de pouvoirs aux autorités locales, le niveau de participation des ONGs et des associations, des politiques et réglementations, le recouvrement des coûts et les subventions).