L'eau dans les villes émergentes

Dans les 40 prochaines années, environ 110 000 nouveaux résidents viennent s’installer chaque jour dans les agglomérations existantes et les villes nouvelles du monde entier. La majeure partie de la croissance démographique urbaine se fera non pas dans les mégalopoles mais dans les petites villes, notamment des pays à revenu faible et intermédiaire. Il s’agira de la deuxième vague d’urbanisation, sachant qu’aujourd’hui, à peine plus de la moitié de l’humanité vit dans des zones urbaines. Actuellement, les habitats urbains dans les pays en développement augmentent cinq fois plus vite que dans les pays développés. En Afrique, la population dépassera bientôt le milliard d’habitants et devrait atteindre les 2 milliards d’ici à 2050 (rapport de l’ONU, 2009). Croissance démographique et urbanisation vont de pair. L’augmentation de la population accroît la densité et donne naissance à des agglomérations plus grandes.
 
Dans ces villes émergentes, les infrastructures et institutions sont insuffisamment développées, ce qui ouvre des perspectives considérables de faire les choses autrement. Bien que les différentes étapes du développement soient souvent représentées sous la forme d’un modèle de progression linéaire, les villes émergentes peuvent suivre des trajectoires d’un bout à l’autre du processus et peuvent même sauter certaines étapes si les circonstances l’exigent. L’objectif général de cet axe d’étude est de rechercher pour les villes émergentes des pays en développement des voies de transition empruntant des « raccourcis » sans pour autant modifier la trajectoire linéaire de la gestion classique des eaux urbaines.
 
Objectifs spécifiques
  • Passer en revue l’état des connaissances sur les systèmes d’eaux urbaines des pays en développement, leur évolution et leurs contraintes (physiques, techniques, institutionnelles, financières, politiques, sociales) ; recenser les institutions nationales responsables ainsi que les instances de coopération internationale qui jouent un rôle pertinent, les organisations régionales et intergouvernementales, et les ONG.
  • Définir un échantillon représentatif de villes en fonction de la taille, de la situation environnementale, sociale, culturelle et institutionnelle, du niveau de développement et d’aspects relatifs à la gestion des eaux urbaines.
  • Élaborer une série de critères permettant d’identifier les villes qui pourraient réunir des conditions favorables à une mise en valeur rapide des eaux urbaines et à un grand bond en avant en direction de la gestion intégrée des eaux urbaines ; entreprendre un projet pilote en coopération avec les institutions et gouvernements pertinents. Identifier les éléments susceptibles d’être reproduits dans des pays en développement d’autres régions du monde.
  • Organiser une série de manifestations bien conçues dans des pays et sous-régions cibles afin de susciter une réaction significative des parties prenantes aux activités ci-dessus et de proposer des séances de renforcement des capacités ; celles-ci devraient être étroitement coordonnées avec les autorités locales, des organisations régionales telles que l’AMCOW (Conseil des ministres africains chargés de l’eau), la BAD, l’AFDB, ainsi que des organismes des Nations Unies comme ONU-Habitat.