Violence basée sur le genre en milieu scolaire

La violence basée sur le genre en milieu scolaire (VBGMS) touche des millions d'enfants, de familles et de communautés. Elle se caractérise par des actes ou des menaces de violence sexuelle, physique ou psychologique perpétrés au sein de l’école ou aux alentours, motivés par des normes et stéréotypes de genre et renforcés par l’inégalité de la dynamique de pouvoir.

Ce type de violence a des conséquences très réelles pour la vie des apprenants, qui vont de la dépression et de l’estime de soi très faible, jusqu’aux grossesses précoces et non désirées et aux infections sexuellement transmissibles comme le VIH. Cette violence a aussi un impact grave sur les résultats scolaires, de nombreux élèves choisissant de ne pas aller à l’école ou ne donnant pas la pleine mesure de leurs capacités ou abandonnant complètement l’école.

Des incidents de ce type ont été signalés dans chaque pays et région du monde où la violence basée sur le genre en milieu scolaire a été étudiée. Même si la VBGMS est plus grave dans les pays touchés par des conflits, ailleurs elle est omniprésente, ne connaissant aucun obstacle culturel, géographique et économique.
 

Les actions de l’UNESCO

Principes généraux internationaux sur la lutte contre la violence basée sur le genre en milieu scolaire

L’UNESCO et ONU-Femmes, conjointement avec le Groupe de travail mondial pour mettre fin à la violence basée sur le genre en milieu scolaire (VBGMS), ont fait produire les Réponses du secteur de l'éducation à la violence fondée sur l'orientation sexuelle et l'identité ou l'expression de genre, dans le but d'aider les ministères de l'Education et les parties prenantes éducatives à mieux comprendre la VBGMS et à identifier les moyens de la prévenir et d’y répondre efficacement. Les contributions ont été reçues d'un groupe de référence de plus de 10 organisations, y compris des représentants des gouvernements de Norvège, des États-Unis et d’Allemagne, de l’UNGEI, de l’UNICEF, du FNUAP, de l’Internationale de l’éducation, de Concern Worldwide et de Plan International.

Lancés à l’occasion des 16 journées d’activisme contre la violence à l’encontre des femmes en 2016, ces principes directeurs définissent une approche en 6 points à la prévention et à la lutte contre la violence. Cela part du leadership au niveau national, reconnaissant que la violence basée sur le genre constitue un obstacle à l’éducation et au bien-être et intégrant cette problématique dans les politiques et plans au niveau national.

La qualité de l'environnement d’enseignement et d’apprentissage est également essentielle et elle exige des approches « école entière » mises en œuvre par les conseils d'administration et les directeurs d’école, en partenariat avec la communauté scolaire élargie. La prévention de la VBGMS est réalisable par le biais de multiples approches portant sur les programmes d’enseignement ou les activités périscolaires et offrant aux enseignants les outils nécessaires pour prévenir et combattre la violence. Les principes directeurs proposent également des procédures sûres et accessibles pour signaler les actes de violence, dialoguer avec les partenaires tels que les syndicats d'enseignants et les familles et améliorer les systèmes de suivi afin de comprendre l’ampleur et la portée de la violence. Des efforts sont actuellement déployés pour appliquer ces principes directeurs au niveau national.

Groupe de travail mondial pour mettre fin à la violence basée sur le genre en milieu scolaire

En 2014, un Groupe de travail mondial pour mettre fin à la VBGMS a été constitué sous l’égide de l’UNESCO et de l'Initiative des Nations Unies pour l’éducation des filles (UNGEI). Il réunit un large éventail de partenaires engagés dans la lutte contre la violence basée sur le genre au sein des écoles et aux alentours.  

L’UNESCO est co-présidente de ce groupe qui réunit plus de 40 organisations et renforce la collaboration avec d'autres plates-formes travaillant sur la violence à l’encontre des enfants, la violence scolaire, la violence à l’encontre des femmes et des filles et la violence basée sur le genre en milieu scolaire dans les contextes humanitaires. En mars 2016, le groupe a présenté une table ronde lors de la conférence de l’Association d'éducation comparée et international (CIES) à Vancouver, Envisager des écoles à l’abri des violences basées sur le genre : Utiliser les données pour l’action.

L’UNESCO et les membres du groupe ont rédigé une note d’information sur la VBGMS et sur le cadre des ODD, Pourquoi l’élimination de la violence liée au genre en milieu scolaire (VGMS) est essentielle pour le développement durable (en anglais) et l’UNESCO a co-rédigé un document d’orientation avec l’équipe du Rapport mondial de suivi sur l’éducation (GEM) de l’UNESCO et l’UNGEI, Les Violences de genre en milieu scolaire font obstacle à la réalisation d'une éducation de qualité pour tous. L’UNESCO collabore avec les partenaires du groupe pour l’élaboration d’indicateurs recommandés pour mesurer la VBGSM, qui seront ensuite intégrés au suivi de l’ODD4 (spécifiquement la cible 4.a) et au suivi des programmes au niveau des pays.

Par son engagement actif pour influencer les partenaires clés et les réseaux afin qu’ils comprennent mieux et intègrent la VBGMS, l’UNESCO était représentée à la réunion de l’Alliance pour la prévention de la violence 2016 dont le chef de file est l’OMS et elle s’engage dans le partenariat mené par l’UNICEF pour mettre un terme à la violence contre les enfants. Grâce à ce leadership, l’UNESCO a été invitée par l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) à co-publier un ensemble de recommandations programmatiques visant à prévenir la violence dans les écoles.