Violence homophobe et transphobe dans l'éducation

L'UNESCO reconnait qu'aucun pays ne peut atteindre l’Objectif de développement durable 4 - garantir à tous une éducation de qualité inclusive et équitable et promouvoir des opportunités d'apprentissage tout au long de la vie - si les élèves font l’objet de discriminations ou de violences fondées sur leur orientation sexuelle et leur identité de genre, réelle ou perçue.

Les objectifs des activités de l’UNESCO appuyant les réponses du secteur de l’éducation à la violence homophobe et transphobe visent à :

  • Recueillir des preuves solides sur la nature, la prévalence et l'impact de la violence homophobe et transphobe en milieu éducatif, en particulier dans les régions et les pays où les données sont peu disponibles ou inexistantes ;
  • Documenter et partager les bonnes pratiques ;
  • Sensibiliser et créer des coalitions au niveau national, régional et mondial et ;
  • Faciliter les actions, dans une sélection de pays, pour prévenir et traiter le problème de la violence homophobe et transphobe en milieu éducatif.

La violence fondée sur l’orientation sexuelle et sur l’identité/expression de genre est souvent dirigée contre les élèves qui sont, ou sont perçus comme étant, lesbiennes, homosexuels, bisexuels (homophobie), transgenres (transphobie) et contre d'autres personnes dont l'expression de genre ne s’inscrit pas dans des normes sexuelles binaires, à l’instar des garçons perçus comme efféminés et des filles perçues comme masculines. Il s’agit là d’une forme de violence de genre.

Elle inclut la violence physique, sexuelle et psychologique, ainsi que le harcèlement. Un élève peut faire l’objet de harcèlement lorsqu’il est exposé à maintes reprises à un comportement agressif ayant pour finalité de lui infliger des blessures ou une gêne par un contact physique, des agressions verbales, des bagarres ou une manipulation mentale.

Les actions de l’UNESCO  

En mai 2016, l'UNESCO a réuni les dirigeants du monde entier pour la Réunion ministérielle internationale sur les Réponses du secteur de l’éducation à la violence homophobe et transphobe #OutInTheOpen. Elle a été marquée par le lancement du premier Rapport mondial des Nations Unies sur la violence fondée sur l’orientation sexuelle et l’identité ou expression de genre. À l’issue de la réunion, un groupe de pays a lancé un Appel ministériel à l’action pour une éducation inclusive et équitable pour tous les apprenants, dans un environnement préservé de la discrimination et de la violence, y compris la discrimination et la violence fondée sur l’orientation sexuelle et l’identité ou l’expression de genre.

Depuis cette date, 56 pays se sont joints à l’Appel à l’action des Ministres d’Afrique, d’Asie Pacifique, d’Europe, d’Amérique latine et d’Amérique du Nord et la date limite avant laquelle d’autres pays pourront exprimer leur soutien reste ouverte.

En 2011, l’UNESCO a convoqué la toute première consultation internationale des Nations Unies sur le harcèlement homophobe dans les institutions d’enseignement. Les conclusions ont été présentées dans la publication Politiques rationnelles et bonnes pratiques en matière d’éducation au VIH et à la santé – Brochure 8 : Réponses du secteurs de l’éducation au harcèlement homophobe (chinois, anglais, français, italien, coréen, polonais, portugais, russeespagnol), lancée à Paris à l’occasion de la Journée internationale contre l’homophobie et la transphobie (IDAHOT) 2012. Le même jour, l’UNESCO et le Comité IDAHOT ont publié des propositions pédagogiques à l’intention des enseignants et des éducateurs (français, allemand, chinois, et adaptées au niveau local dans les Propositions pédagogiques pour enseigner la diversité sexuelle et de genre pour la Thaïlande).

Dans le cadre d'un programme triennal lancé en novembre 2013 et soutenu par le gouvernement des Pays-Bas, intitulé ÉDUCATION ET RESPECT POUR TOUS : Prévenir et combattre le harcèlement homophobe et transphobe dans les institutions éducatives, l'UNESCO soutient des activités régionales et nationales en Asie-Pacifique, en Afrique australe, en Amérique latine et dans les Caraïbes, en particulier :

Amélioration de la base factuelle et documentation des bonnes pratiques

Sensibilisation et formation de coalitions

  • Séminaire au Siège de l’UNESCO à Paris sur le droit à l’éducation des enfants et des jeunes LGBT, à l’occasion de la Journée des Droits de l’Homme 2014 et pour le 25e anniversaire de la Convention relative aux Droits de l’Enfant.
  • Consultations régionales sur les réponses du secteur de l’éducation à la violence fondée sur l’orientation sexuelle et l’expression/identité de genre dans les institutions éducatives en Amérique latine et aux Caraïbes et en Asie-Pacifique en juin 2015.
  • Lancement de la Campagne Arc-en-ciel scolaire, où plus de 2000 élèves ont dessiné à la craie des arcs-en-ciel autour des grilles des écoles à Bangkok, en Thaïlande, en signe de soutien à la diversité sexuelle / de genre.
  • Lancement de la campagne Be Myself sur les réseaux sociaux en Chine, à l’occasion de la Journée internationale contre l’homophobie et la transphobie 2015, encourageant les jeunes à être eux-mêmes, à respecter les différences et à être respectueux les uns des autres. 
  • Dans le cadre de l’initiative UNESCO/PNUD 2015 Être LGBT en Asie, la campagne des réseaux sociaux #PurpleMySchool a été lancée dans le but de promouvoir des espaces sûrs pour les élèves LGBTI dans les écoles.
  • La Directrice générale de l’UNESCO, Irina Bokova, est devenue l’un des 12 dirigeants d’organismes des Nations Unies à endosser une déclaration historique le 29 septembre 2015, demandant aux États d’œuvrer de toute urgence pour mettre un terme à la violence et à la discrimination envers les adultes, les adolescents et les enfants LGBTI.
     

Appui à la mise en œuvre d’activités au niveau des pays, pour combattre la violence fondée sur l’orientation sexuelle et l’expression/identité de genre dans l’éducation

  • Appui en Chine à un atelier stratégique et à une formation des formateurs en mai 2013 pour promouvoir l’éducation LGBT. L’Association des campus homosexuels et lesbiennes de Chine (GLCAC) a publié un rapport innovant sur les manuels universitaires en octobre 2014, intitulé “Les contenus d’homosexualité dans les manuels universitaires ”.
  • Suite à une réunion régionale organisée à Bangkok en juin 2015, des groupes de travail techniques impliquant la Chine, l’Indonésie, les Philippines et la Thaïlande ont été constitués, composés de représentants des gouvernements, d’organisations de la société civile et d’universitaires.
  • Appui de l’UNESCO à l’ONG mexicaine, Demysex, pour l’élaboration d’un manuel destiné à sensibiliser les enseignants aux problèmes liés à l’orientation sexuelle et à l’identité de genre, à l’homophobie et à la transphobie.