Construire la paix dans l’esprit
des hommes et des femmes

10e Forum des jeunes

Saddam Sayyaleh

‘J’ai grandi dans le camp de réfugiés Souf, en Jordanie. Les camps sont des environnements difficiles et peu de jeunes arrivent à gérer le stress qu’ils occasionnent. Comme d’autres jeunes réfugiés, j’ai fini par abandonner l’école et quand j’ai enfin eu la possibilité de partir, je n’ai cessé de me dire « Qu’est-ce qui m’aurait fait rester ? ». Les camps de réfugiés manquent d’espaces sûrs et informels qui encouragent l’innovation, la croissance intellectuelle et l’esprit critique. Ces opportunités sont offertes dans les pays hôtes mais la plupart sont dans des zones urbaines difficiles d’accès depuis les camps.’

‘Quand j’ai commencé à travailler dans le secteur des ONG à Amman, je ne pouvais pas arrêter de penser à l’endroit où j’avais grandi et à ce que je pouvais faire pour aider les jeunes laissés pour compte. J’ai décidé de retourner aux camps pour discuter avec les gens des barrières académiques auxquelles les jeunes font face, ce que je pouvais vivement comprendre. C’est la raison pour laquelle j’ai décidé de créer I Learn أنا أتعلم (« J’apprends »), une organisation qui fournit des endroits sûrs dans lesquels les jeunes à risque peuvent avoir accès à des ressources pédagogiques adaptées. En peu de temps, l’organisation s’est occupée de plus de 4,000 personnes et nous avons désormais une équipe de 120 volontaires, travaillant dans quatre municipalités à travers la Jordanie.’

‘La vie en tant que réfugié est stressante et instable. J’étais perdu quand j’étais jeune et j’ai été très chanceux de trouver la bonne voie. En regardant les conflits actuels, je me rends compte qu’il est vital de construire des ponts entre les communautés et les populations réfugiées. Les enfants et les jeunes doivent éprouver un sentiment d’appropriation de ce qu’ils font et ce qu’ils veulent accomplir, et leur offrir des espaces sûrs et des connaissances pour y parvenir est essentiel pour éviter des générations perdues.’