Journée du Patrimoine mondial Africain

Message de la Directrice générale

Nous célébrons aujourd’hui la 3e édition de la Journée du patrimoine mondial africain. Cette Journée a été créée pour sensibiliser au potentiel immense que recèle le patrimoine culturel et naturel africain. Elle vise également à alerter sur la vulnérabilité de ce patrimoine : 21 sites africains sont ainsi inscrits sur la Liste du patrimoine mondial en péril.

La préservation et la mise en valeur de ce patrimoine sont des facteurs essentiels du développement durable, seule forme de développement susceptible de répondre aux défis complexes qui se posent aujourd’hui à l’Afrique dont le changement climatique, le défi éducatif et économique ou encore l’urbanisation galopante.

Mobiliser les populations locales et notamment les jeunes générations autour de la sauvegarde du patrimoine, les impliquer dans des projets qui valorisent leur identité culturelle et leur environnement naturel, est l’un des meilleurs moyens d’ouvrir des perspectives d’avenir et de développement. C’est notamment par la formation et l’éducation que cette mobilisation peut se révéler à terme des plus féconde.

Cette année, c’est justement la jeunesse africaine qui est mise à l’honneur lors de cette Journée mondiale. Cette jeunesse constitue, on le sait, l’une des forces du continent : aujourd’hui, environ 60% de la population africaine a moins de 25 ans ; à l’horizon 2050, l’Afrique devrait compter plus d’un milliard de jeunes et d’enfants. Or, cette force est démobilisée : le taux de chômage des jeunes augmente de manière exponentielle ; en Afrique de l’Ouest et en Afrique Centrale, il atteint plus de 60%.

Investir dans la sauvegarde et la valorisation du patrimoine permet d’offrir de nouvelles opportunités de formation et d’emploi. Impliquer les populations dans des projets locaux et régionaux aide à endiguer l’exode rural et les migrations et à désamorcer les logiques de désaffiliation qui génèrent violence et radicalisation.

L’Afrique est une priorité pour l’UNESCO. Depuis de nombreuses années, notre Organisation travaille en étroite collaboration avec le Fonds pour le patrimoine mondial africain et des acteurs de la société afin de valoriser le formidable patrimoine du continent et de mettre en œuvre des politiques sociales et éducatives durables et promouvoir une culture de paix.

Des initiatives ont été couronnées de succès, comme la réhabilitation des sites du patrimoine mondial à Tombouctou ou la valorisation du Parc national des Virunga en République démocratique du Congo. Le projet de réhabilitation du Lac Tchad, récemment lancé par l’UNESCO et ses partenaires africains, s’inscrit dans la même démarche globale : en menant des actions d’éducation et de formation, en restaurant les réserves de biosphères et en valorisant le patrimoine culturel, le projet contribue à agir sur les causes de la pauvreté et œuvre durablement pour la paix et la sécurité dans la région du bassin du Lac Tchad. Notre Organisation est également active au Sahel où elle développe des actions éducatives pour prévenir l’extrémisme. Un autre projet de l’UNESCO, destiné à créer un réseau d’universités africaines pour une meilleure coopération en matière de conservation patrimoniale, vient par ailleurs de voir le jour au Zimbabwe.

En cette Journée mondiale, l’UNESCO a le plaisir de s’associer aux célébrations organisées spécialement pour cette occasion au Mozambique et remercie toutes celles et tous ceux qui, gouvernements, institutions, associations et acteurs locaux, contribuent à la sauvegarde et à la promotion du patrimoine africain, un patrimoine aussi riche qu’unique.

Audrey Azoulay, Directrice générale de l’UNESCO
Message à l’occasion de la Journée du patrimoine mondial africain