Journée mondiale de la poésie

poetry_day_.jpg

Poetry Slam Event
© Chris Unguez

Message de la Directrice générale

Rêves
Accrochez-vous aux rêves
Car si les rêves meurent
La vie est un oiseau aux ailes brisées
Qui ne peut voler.
Accrochez-vous aux rêves
Car lorsque les rêves s’en vont
La vie est un champ stérile
Paralysée par la neige.

Langston Hughes

Ces vers du poète Langston Hughes sont une invitation au rêve, à l’évasion, à l’émancipation. La poésie est sans doute la forme la plus juste pour dire cette aspiration : car elle touche à l’intime et autorise toutes les libertés.

Ce que dit ce poème, c’est la force prodigieuse des mots qui ouvrent sur des horizons infinis, qui intensifient nos existences, qui changent la réalité, l’embellissent, la montrent sous des jours nouveaux, jusque-là inaperçus.

La poésie n’est pas un jeu anodin avec les sons, les mots, les images : elle détient un pouvoir créateur, transformateur.

Poète, écrivain et dramaturge, représentant de la Harlem Renaissance dans les années 1920, Langston Hughes a mis son art au service de la lutte contre les discriminations dont était victime la communauté afro-américaine. Sa poésie est ainsi inséparable de son engagement pour les droits civiques et elle reste une source d’inspiration pour tous les défenseurs des libertés fondamentales à travers le monde.

La poésie est aussi cet art unique qui rend sensible à l’extraordinaire diversité humaine : diversité des langues et des cultures. C’est un lieu de rencontre entre l’individu et le monde. C’est une initiation à la différence, au dialogue, à la paix. C’est un témoignage de l’universalité de la condition humaine par-delà les innombrables moyens qui servent à la décrire.

Chaque année depuis 1999, l’UNESCO fête, le 21 mars, la Journée internationale de la poésie. C’est l’occasion de célébrer la richesse du patrimoine culturel et linguistique mondial. C’est aussi l’occasion d’attirer l’attention sur des formes poétiques traditionnelles menacées de disparition, comme le sont de nombreuses langues rares et minoritaires. Pour maintenir ces traditions vivantes, l’UNESCO a inscrit de nombreuses formes poétiques au patrimoine immatériel de l’humanité : par exemple l’art poétique du Ca trù du Viêt-Nam, l’Al’azi des Emirats Arabes Unis, les chants des Baul du Bangladesh ou encore le patrimoine oral Gèlèdé partagé par la communauté Yoruba-nago établie au Togo, au Bénin et au Nigéria.

La poésie ne se limite pas à l’aspect artistique, elle est aussi un outil d’éducation formelle et informelle. En ce sens, les arts et pratiques culturelles constituent un réel appui pour l’apprentissage tout au long de la vie. C’est pourquoi l’UNESCO encourage et soutient l’éducation artistique car elle renforce le développement intellectuel, émotionnel et psychologique, formant des générations plus épanouies et capables de réinventer le monde.

Cette journée est encore l’occasion de rendre hommage à tous les acteurs qui font vivre cet art majeur : les poètes bien sûr, mais aussi les traducteurs, les éditeurs, les organisateurs de rencontres et de festivals poétiques. L’UNESCO encourage tous les Etats membres à soutenir dans leurs actions toutes celles et ceux qui s’engagent au quotidien pour que la poésie continue à enrichir nos vies.

Enfin, puisque la poésie est un acte de création et de partage, l’UNESCO invite chacune et chacun, en cette Journée internationale, à créer, inventer, partager, s’ouvrir à d’autres langues et d’autres manières de dire le monde, à se réjouir de tout ce qui est singulier dans notre diversité. Car cultiver l’art et cultiver l’esprit, c’est aussi cultiver la paix.

Audrey Azoulay, Directrice générale