The Book of Needs / Le livre des nécessités

En mars 1948, Le Courrier de l’UNESCO annonçait la récente publication du premier volume de l’ouvrage The Book of Needs (Le livre des nécessités), présentant des analyses et des listes de besoins en matière d’éducation, de science et de culture dans les pays dévastés par la Seconde Guerre mondiale, notamment en Europe et en Asie.

Ce livre contenait beaucoup de redites : « La même histoire s'y trouve répétée, ressassée ; il n'y a quelque variété que dans le décor », écrivait dans la préface, le Directeur général de l’UNESCO Julian Huxley, avant de souligner : « Peut-être est-ce en prenant pleinement conscience de cette répétition que l'on se rendra le mieux compte de l'énorme étendue […] des problèmes auxquels le monde doit faire face. »

Visant à répondre aux défis mondiaux d’il y a soixante-dix ans, cette démarche de l’UNESCO ressemble dans sa logique à l’Agenda 2030 adopté par l’ONU en septembre 2015. Beaucoup plus modeste, elle n’était pas moins audacieuse quand il s’agissait d’affirmer la volonté de transformer le monde et d’assurer un avenir meilleur aux nouvelles générations. Il s’agissait de faire un bilan des besoins et de donner des pistes, mais aussi d’organiser des actions concrètes pour y subvenir.

C’est précisément en 2015, alors que l’ONU lançait les Objectifs du développement durable, que l’artiste péruvien Fernando Bryce a réalisé une série de dessins à l'encre inspirés par les numéros du Courrier de l’UNESCO publiés entre 1948 et 1954. Ayant découvert, au fil des pages de la revue, l’article sur l’ouvrage The Book of Needs, le titre lui a paru si emblématique qu’il l’a emprunté pour sa série.

Nous reproduisons dans ce supplément une cinquantaine de planches, pour marquer à la fois le soixante-dixième anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l’homme et de la parution du premier numéro du Courrier de l’UNESCO. Les dessins sont accompagnés de courts extraits des articles originaux, dans les six langues officielles de l’UNESCO.

« Je dois dire que cette revue est fascinante, c’est un document historique fabuleux qui nous parle d'un moment très particulier où l'idée de progrès ouvrait réellement de multiples perspectives », déclare Fernando Bryce dans son interview publiée dans le numéro d’octobre-décembre 2018. Et l’artiste de poursuivre: « Bien que le monde ait beaucoup changé, nous avons toujours les mêmes sujets de préoccupation. »

Il est vrai que beaucoup d’espoirs de la période de l’après-guerre sont devenus réalité au cours de ces soixante-dix ans. Mais il est vrai aussi que beaucoup de ces pages du Courrier, transformées en œuvres d’art sous la plume de Fernando Bryce, interrogent l’actualité. Ces anciens articles résonnent aujourd’hui encore comme autant d’appels à la vigilance sur le plan du respect des droits de l’homme, de l’égalité des genres, de la diversité culturelle et de la liberté d’expression. Ils remettent à l’ordre du jour certains défis de l’éducation, de la science, de l’environnement et du développement durable. Ils constituent toujours une grande leçon d’histoire en matière de coopération internationale et de lutte pour la paix.

Comme le rappelait la Directrice générale de l’UNESCO Audrey Azoulay à l’occasion du Premier Forum du Courrier de l’UNESCO, le 12 juin 2018 : « Si l’UNESCO est bien ce laboratoire exceptionnel qui, depuis ses tout premiers jours, a développé, et continue de développer, des idées qui ont réussi à changer le monde, Le Courrier de l’UNESCO est bien ce média exceptionnel qui les a véhiculées », contribuant ainsi à leur mise en œuvre. Nous en voulons pour preuve ce supplément du numéro d’octobre-décembre 2018.

Vincent Defourny et Jasmina Šopova

Téléchargez le supplément en cliquant ici.

2018-5