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Ouvre un livre, tu ouvriras des esprits

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Le salon international du livre de Sharjah, 2018.

En avril 2019, Sharjah (Émirats arabes unis) devient la Capitale mondiale du livre. Elle invite le public à emprunter le pont du savoir et aller à la rencontre de la diversité des cultures et des peuples.

Ghalia Khoja

« Le livre est, en toute circonstance, le meilleur des compagnons ». Cette citation d’Al Mutanabbi, illustre poète arabe du Xe siècle, est devenue un adage que les amoureux de la littérature, de la poésie et plus généralement du savoir, se plaisent à répéter, même à notre époque où les réseaux sociaux et les médias audiovisuels ont considérablement réduit la place du livre.

Le livre demeure un moyen privilégié de promotion des valeurs de tolérance, de coexistence et de paix, de défense de la liberté d’expression et de lutte contre l’extrémisme et l’obscurantisme ‒ autant de dénominateurs communs aux manifestations qui débutent à Sharjah le 23 avril 2019, Journée mondiale du livre et du droit d’auteur, et se poursuivront une année durant, dans le cadre de sa nomination comme Capitale mondiale du livre 2019. Sharjah est devenue la première ville du Golfe persique et la troisième ville du monde arabe à bénéficier de cette consécration.

C’est à Sharjah qu’ont été ouvertes la première école et la première bibliothèque des Émirats arabes unis. Et c’est dans cette ville que depuis 1982, une foire internationale annuelle du livre adresse au public une invitation sous forme de quasi injonction : « Lis, tu es à Sharjah ! »  Devenue la troisième plus importante foire du livre dans le monde, elle a accueilli, en 2018, 2,7 millions de visiteurs, 1874 exposants de 77 pays, avec pas moins de 1,6 millions de titres, et a proposé un programme de 1800 événements.

L’émirat de Sharjah a accordé au livre une place privilégiée dans sa politique culturelle, avec des projets tels que « Une bibliothèque dans chaque foyer », des bibliothèques mobiles, des prix nationaux, régionaux voire internationaux comme le Prix UNESCO-Sharjah pour la Culture arabe, le Prix Sharjah de la poésie arabe, le Prix Tourjoumane de la traduction ou encore le Prix du livre émirati.

Une Cité de l’édition, située dans la zone franche de l’émirat, comprend toute la chaîne de l’industrie du livre, et permet ainsi de produire des ouvrages à la portée de toutes les bourses. Pour sa part, l’Association des éditeurs émiratis contribue à la promotion du livre et de la lecture auprès de toutes les catégories sociales et des différentes générations de lecteurs, ce qui lui a valu la reconnaissance de ses pairs, comme en témoigne l’élection de sa présidente, Sheikha Bodour bint Sultan Al Qasimi, au poste de vice-présidente de l’Union internationale des éditeurs, en 2018.

« Le livre est le moyen qui permet à toute société d’évoluer, de se dépasser et de dialoguer. C’est un pont entre tous les pays du monde », a-t-elle déclaré, en prenant sa fonction de présidente du Bureau de Sharjah, Capitale mondiale du livre 2019.

En partenariat avec une vingtaine de représentants des secteurs publics, privés et de la société civile, le Bureau organise une série de manifestations culturelles et artistiques qui se dérouleront au cours d’un an, non seulement aux Émirats, mais aussi dans d’autres pays de la région. L’événement entend contribuer au développement et au soutien de l’édition dans le pays et dans le monde arabe, faciliter l’accès de tous au livre, en particulier les enfants et les adolescents, faire découvrir des auteurs prometteurs, augmenter le nombre de lecteurs de livres imprimés et numériques et, enfin, encourager la traduction. Tous les genres littéraires y trouvent leur place – poésie, roman, nouvelle… – de même que les ouvrages scientifiques et sociaux, ou encore les bandes dessinées.

Au terme de l’événement, Sharjah passera le relai à la ville de Kuala Lumpur (Malaisie) que l’UNESCO a déjà désignée Capitale mondiale du livre 2020.

Avec cet article, le Courrier s’associe à la célébration de la Journée mondiale du livre et du droit d’auteur, le 23 avril.

Ghalia Khoja

Écrivaine et critique littéraire, Ghalia Khoja (Syrie) est l’auteure de 25 ouvrages, entre recueils de poésie, romans et essais. Elle vit aux EAU depuis 2004 où elle exerce comme journaliste au quotidien Al-Ittihad.