Construire la paix dans l’esprit
des hommes et des femmes

Pyramides modernes

Pakistan : plus de 240.000 hectares de désert aménagés et mis en culture; Chili : démarrage d'une papeterie moderne; Thaïlande : opération de dragage permettant de doubler le tonnage des navires dans le port de Bangkok ; Colombie : près de 3.200 km de routes modernisées dans les Andes; Japon : une aciérie moderne qui ajoutera 400.000 tonnes par an à la production sidérurgique du pays ; Autriche : sur le Danube, à moins de 160 ¡km de Vienne, une centrale hydroélectrique géante...

On pourrait facilement allonger la liste de ces entreprises récentes qui n'ont été possibles que grâce à des prêts accordés par une institution spécialisée des Nations Unies : la Banque Mondiale. Officiellement dénommé Banque Internationale pour la Reconstruction et le Développement, cet organisme est né en juin 1946. Il comprenait alors 38 pays; il en groupe aujourd'hui 67. Son but? développer les ressources des pays membres; élever le niveau de vie dans les régions insuffisamment développées et contribuer à l'établissement d'un sain équilibre des échanges internationaux en dirigeant les investissements vers les activités les plus productrices.

Certains problèmes économiques de base transports inadéquats, manque d'énergie électrique, pénurie de matériel agricole et insuffisance du développement d'ensemble de l'agriculture (contrôle des inondations, irrigation, aménagement des sols, par exemple) se retrouvent dans de nombreux pays d'Asie, d'Afrique, d'Amérique latine et dans certaines parties de l'Europe. C'est à des prêts destinés à résoudre ces problèmes que la Banque Mondiale a consacré la majeure partie de son activité. Du petit Salvador à l'Inde géante, ces prêts sont quotidiennement au travail.

Depuis le début de ses opérations, dans la difficile période qui suivit la deuxième guerre mondiale, la Banque a aidé les pays membres à ajouter près de dix millions de kilowatts, à la production d'énergie électrique du monde. Elle a financé une cinquantaine de projets de rénovation de chemins de fer, de routes et de ports, ainsi que l'expansion de trois lignes aériennes internationales. Bref, elle a accordé 204 prêts à 47 pays au cours des douze dernières années, ces prêts représentant un total à peine inférieur à 4 milliards de dollars.

Pour chaque projet, des équipes d'experts de la banque examinent avec soin les plans et leurs conséquences possibles avant que le prêt soit accordé. C'est ainsi que, pour le projet de barrage de Kariba (en Afrique), les experts ont étudié, pendant près de deux ans, les problèmes et le développement économiques de la Fédération de Rhodésie, avant d'approuver l'octroi d'un prêt de 80 millions de dollars.

En accordant la priorité à des projets fondamentaux relatifs à l'agriculture, aux transports et à l'énergie électrique, la Banque aide à installer sur des bases solides l'économie d'une cinquantaine de pays. Certes, le développement économique universel prendra de nombreuses années, mais l'aide de la Banque y contribuera puissamment. Dans ce numéro, Le Courrier de l'Unesco présente quelques projets qui donneront une idée de l'ampleur et des buts des opérations de la Banque Mondiale.

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Août 1958