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L'Art du film a cessé d'être le privilège de quelques nations

L' industrie cinématographique japonaise, Inconnue il y a peu de temps encore, occupe aujourd'hui la première place mondiale dans la production de films à long métrage. Avant 1951, en dehors du Japon, peu de gens avaient vu un film japonais. Cette année-là, pour la première fois depuis 1940, les Japonais participèrent au Festival international du Film de Venise, et Rashomon obtint la plus haute récompense événement aussi inattendu pour beaucoup de Japonais que pour les nombreux observateurs occidentaux peu familiarisés avec le niveau élevé atteint par l'art du film japonais.

Depuis, le Japon a conquis une notoriété internationale considérable. Avec 443 films produits en 1957, il est devenu le premier pays qui ait dépassé la production des Etats-Unis d'Amérique. Voici, pour l'année 1957 et les « cinq grands » pays producteurs, les derniers chiffres enregistrés par l'Unesco :

1. Japon 443

2. Etats-Unis 378

3. Inde 295

4. Hong-Kong 217

5. France 142

Il est intéressant de noter que, sur ces « cinq grands », trois sont asiatiques.

Bien que les films fassent depuis longtemps partie des distractions régulières dans presque tous les pays du monde, c'est seulement au cours des dernières années qu'on est arrivé à rassembler sur une base mondiale les informations traduisant l'envergure de l'activité cinématographique dans les différents pays. Aujourd'hui même, ces informations' sont souvent incomplètes. Une étude publiée il y a quelques années par l'Unesco (« Rapports et Etudes statistiques » sur le film et le cinéma) souligne : « Si l'on considere qu'il existe dan.s le monde plus de 100 000 salles de cinéma commerclale.s, que le nombre des spectateurs est de l'ordre de 10 millíards par an, que l'on produit annuellement 2 000 fllms de long métrage et que le mouvement d'affaires annuel réalisé par !'industrie cinématographlque mondiale est d'environ 4 milllards de dollars par an, il est pour le moins · éton­nant que l'on soit aussl mal documenté sur une activité mettant en jeu de tels capitaux, un tel travail. 

Depuis 1957, l'Unesco a rassemblé des lnformations sur la situation de !'industrie cinématographique dans diffé­rents pays et a publié plusleurs études a ce sujet. Se ba.sant sur ces lnformations, et sur celles tlrées a d'autres sources, Georges Sadoul, écrivain français dont les travaux sur l'hlstoire du cinéma font autorité, a réalisé l'enquete que nous publions en page 10, qui fait entrevoir des hori­zons nouveaux, et souvent insoupi;onnés, du cinéma mon­dlal d'aujourd'hui. 

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Avril 1959