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On a marché sur la Lune

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Neil Armstrong, Mike Collins et Edwin Aldrin. Armstrong et Aldrin ont marché sur la Lune, tandis que Collins est resté dans l'orbite pour faire des expériences et prendre des photos.
© NASA

Marcher sur la Lune ! Ce vieux rêve est devenu réalité à l'ère spatiale. Le 21 juillet 1969, deux astronautes américains, Neil Armstrong et Edwin Aldrin, étaient les premiers hommes à fouler le sol de la Lune. Lisez un extrait de leurs propos en cet instant historique. 

Armstrong: Ça y est, Houston*, je suis à la porte.

Houston: Vas-y, Neil.

Aldrin: Reste un moment comme tu es, Neil.

Armstrong: D'accord.

Aldrin: Tout est parfaitement au point ici.

Armstrong: D'accord, peux-tu ouvrir la porte un peu plus ?

Houston: Ça y est : nous avons l'image télé.

Aldrin: L'image est bonne ?

Houston: C'est très contrasté et, à l'instant, l'image est à l'envers sur l'écran, mais on distingue beaucoup de détails.

Armstrong: Voulez-vous vérifier l'ouverture que je dois choisir pour prendre les photos ?

Houston: La quoi ? Ça y est, on te voit descendre l'échelle.

Armstrong: Je suis au bas de l'échelle. Les pieds du module lunaire ne sont enfoncés que de trois ou quatre centimètres. Et pourtant la surface du sol paraît fine, très fine même quand on la voit de près. On dirait presque une poudre ; c'est vraiment très fin. Bon, je vais poser le pied sur le sol maintenant.

C'est un petit pas pour un homme, mais un pas de géant pour l'humanité ! La surface est fine et poudreuse. Je ramasse de la poussière avec le bout du pied. Elle colle à mes semelles et aux bords de mes bottes en formant une couche fine comme de la poussière de charbon. J'avance de quelques millimètres, peut-être deux ou trois millimètres, pas plus, mais je peux voir les empreintes de mes bottes et les traces qu'elles laissent dans cette poussière de petites particules (...) En fait, marcher ne pose aucun problème.

C'est très obscur ici à l'ombre et j'ai du mal à voir où je pose les pieds. Je vais essayer de me diriger vers la lumière sans regarder directement le soleil. En regardant vers le module lunaire, je me tiens maintenant directement dans l'ombre et je regarde ... vers les fenêtres et je vois tout très clairement. La lumière est suffisamment réfléchie sur le devant du module lunaire pour que tout soit nettement visible.

Je vais avancer et prendre mes premières photos.

Aldrin: Tu vas prendre les échantillons ? Oui, c'est bon.

Armstrong: Ça marche et ça ne marche pas. C'est un peu difficile de creuser à travers la croûte. Comme c'est curieux ! La surface est très molle, mais par moment, quand j'essaie de prendre une carotte avec le collecteur d'échantillons, je tombe sur une surface très dure, mais on dirait que c'est le même matériau très aggloméré. Je vais essayer de ramasser un caillou.

Houston: Dis donc Neil, ça a vraiment l'air très beau, vu d'ici.

Armstrong: Ça a une beauté dépouillée tout à fait spéciale. Ça fait beaucoup penser à certains déserts aux Etats-Unis. C'est un peu différent, mais vraiment très beau. Au fait, je vous signale que beaucoup d'échantillons de roche, d'échantillons de roche dure, présentent en surface des espèces de vésicules.

Aldrin: Je peux sortir maintenant ?

Armstrong: Oui, attends juste une seconde, je fais passer ça par-dessus la rampe.

Aldrin: Ça y est ?

Armstrong: Oui, c'est fait. Tu es prêt ?

Aldrin: Fin prêt. (...) A quelle distance sont mes pieds de...

Armstrong: Tu es juste sur le bord de la porte.

Aldrin: Petit mouvement du pied, puis la porte, puis courber le dos ... absolument sans aucun problème. Maintenant je vais me redresser et refermer partiellement l'habitacle en prenant garde à ne pas le fermer en sortant.

Armstrong: Très bonne idée (...)

Aldrin: C'est là que nous allons vivre pendant les deux prochaines heures ; il faut prendre soin de notre petit chez nous. Je suis sur l'échelon du haut, c'est très facile de descendre en sautant d'un échelon à l'autre.

Armstrong: Oui, j'ai trouvé ça très facile et la marche aussi est très facile, Houston. Tu as encore trois échelons à descendre et puis une grande enjambée.

Aldrin: Je vais laisser mon pied sur l'échelon du bas et poser les mains à la hauteur du quatrième échelon à peu près.

Armstrong: Descends encore un peu plus. Encore deux centimètres environ. Là, tu y es. Quelle grande enjambée !

Aldrin: Oui, d'environ un mètre. Comme c'est beau !

Armstrong: C'est fantastique, hein ?

___

*Huston, ville du Texas (Etats-Unis) où se trouve le Johnson Space Center, centre de la NASA (National Aeronautics and Space Administration) responsable de la préparation et du suivi des vols pilotés américains.