George Bernard Shaw: 26 juillet 1856 - 2 novembre 1950
Dans le monde entier, les hommes de bonne volonté se répètent, depuis le 2 novembre, ce mot qu'eut, un jour, George Bernard Shaw en apprenant la mort d'un ami : It «is too bad of him to do this !... » « Il n'aurait pas dû nous quitter ! » Quant à nous, s'il est une circonstance qui puisse atténuer notre tristesse, c'est bien qu'il nous soit permis de rendre hommage à la mémoire de Shaw, dans ce numéro du Courrier tout entier consacré à la Déclaration universelle des Droits de l'Homme.
L'illustre écrivain occupe un rang éminent parmi les penseurs qui depuis la fin du XIXè siècle, ont formé cette Conscience universelle des droits et des devoirs de l'homme qui s'est exprimée, à Paris, le 10 décembre 1948. George Bernard Shaw, certes, fut un « non-conformiste, mais n'était-ce pas pour mieux se faire un porte-parole des aspirations les plus profondes de l'humanité ? Ecoutons-le, cet intolérant :
« Tout progrès est fondé sur la tolérance... »
« La religion est la seule force qui puisse soulever le monde ; ce que vous ne comprenez pas, c'est qu'il vous faut chercher à convaincre les hommes en puisant des arguments dans leurs religions à eux, et non dans la vôtre... »
« Une journée de travail est une journée de travail, ni plus ni moins ; l'homme qui l'accomplit doit pouvoir se nourrir pendant cette journée, se reposer la nuit, et il a droit à des loisirs, qu'il soit peintre ou laboureur... »
Ce que Shaw appelait « un incident », la mort, ne pouvait le frapper que pour le changer en lui-même, car il avait dit de la vie :
« La vraie joie de la vie, c'est d'avoir servi une cause que l'on considère comme très importante ; d'avoir rendu tous les services que l'on peut rendra, avant de disparaître ; d'avoir été une force de la Nature... »
