Pakistan: 5 millénaires de civilisations
Ce numéro du Courrier de l'Unesco est consacré, en majeure partie, au Pakistan et à son riche patrimoine culturel. L'histoire culturelle du Pakistan remonte à plus de 5 000 ans, époque où naquit la grande civilisation de la vallée de l'Indus. Les fouilles entreprises à Harappa et à Mohenjo-Daro, deux des principales villes, montrent que le peuple de l'Indus avait atteint un haut niveau de développement en urbanisme et en architecture et un extraordinaire degré de maîtrise artistique. Aujourd'hui, le site de Mohenjo-Daro est menacé de destruction par la corrosion des sels et par les crues de l'Indus.
Lors d'une conférence de presse, en septembre dernier, le Directeur général de l'Unesco, M. René Maheu, a déclaré que les inondations qui venaient de ravager le Pakistan y avaient gravement atteint les équipements scolaires et les monuments culturels. L'opinion internationale, a-t-il ajouté, devait être alertée sur les conséquences de ce désastre. On comptait environ 8 000 établissements scolaires détruits ou endommagés, dont près de 800 pour l'enseignement secondaire, post-secondaire et technique, soit quelque 13 millions de dollars de dégâts, affectant bâtiments, bibliothèques, mobilier et laboratoires.
Quant aux 180 monuments ou sites archéologiques atteints par les eaux, il en est une trentaine de première importance. Le péril qui pèse sur le célèbre site de Mohenjo-Daro, auquel l'Unesco s'intéresse particulièrement, a considérablement augmenté. M. René Maheu, faisant appel à la solidarité internationale, a demandé à tous ceux qui le peuvent de fournir des contributions en espèces ou en nature pour aider le Pakistan à reconstituer son infrastructure éducative et à préserver son patrimoine culturel.
L'Unesco et le gouvernement du Pakistan ont mis au point un plan pour la sauvegarde et la mise en valeur du site de Mohenjo-Daro, dont la première phase exigera quelque 7,5 millions de dollars. Le Conseil Exécutif de l'Unesco a autorisé le Directeur général à lancer une campagne internationale pour recueillir 5 millions de dollars destinés à la première phase de ces travaux.
