Construire la paix dans l’esprit
des hommes et des femmes

A la poursuite de l'éphémère

A la lecture de ce numéro, le lecteur serafrappé par un paradoxe: dans l'histoire des hommes, l'obsession de l'éphémère aura été permanente.

Depuis les temps les plus reculés, la mort rappelle à l'ordre des choses: tout ce qui commence, unjourfinit. D'où le désir de retrouver, dans la religion, dans la pensée, dans l'art, par-delà le transitoire, l'éternel. Certaines cultures auront été bâties sur l'ambition de transcender le temps, sur la volonté de construire de la durée, de matérialiser l'absolu. Les temples de l'Egypte, de la Grèce, de la Rome antiques, seront suivis dans cette voie par les cathédrales de la Chrétienté et les mosquées de l'Islam.

L'animisme, l'hindouisme, le bouddhisme, auront pris les choses par l'autre bout: assumer l'impermanence de la vie, pour mieuxfaire ressortir l'éternité qui la sous-tend. Peinture murale, masque, mándala, n'ont de sens que parce que l'éphémère est une voie d'accès à l'intemporel. D'une certaine manière, donc, un temple antique et une danse sacrée apparaissent comme deux versants d'une même quête: atteindre à l'absolu par l'expérience du transitoire.

Par là nous apparaît l'angoissante rupture opérée par la modernité dans les représentations de l'éphémère. En court-circuitant la transcendance, elle adosse l'éphémère au néant.

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Décembre 1996