Patzcuaro: premier Q.G. de la lutte contre l'ignorance
« Nous travaillons pour demain, mais demain commence aujourd hui »
« Nous travaillons pour demain, mais demain commence aujourd'hui. »
Ces mots serviront de devise aux représentants officiels de 59 nations qui se réuniront à Paris du 18 juin au 12 juillet prochains pour fixer l'activité de l'Unesco dans les mois à venir.
Cinq fois déjà les délégués à l'Unesco se sont réunis en Conférence générale. Mais en présence des menaces de guerre qui pèsent sur le monde en cette année critique de 1951, une action internationale pour construire et sauvegarder la paix universelle paraît aujourd'hui plus urgente que jamais.
Conscient de cette urgence, le Conseil exécutif de l'Unesco a élaboré un nouveau projet de programme qui sera soumis à la Conférence générale. Conçu à la lumière de l'expérience acquise au cours des dernières années et non seulement selon les possibilités théoriques de l'Unesco, ce programme, extrêmement condensé. doit permettre à l'Organisation de se consacrer entièrement aux problèmes pratiques les plus importants qui se posent aujourd'hui dans les domaines de l'éducation, de la science et de la culture (le nouveau projet réduit de moitié les 294 résolutions du programme de 1951).
L'ignorance, par exemple, est l'une des causes profondes des guerres et des confits. C'est elle qui, dans les domaines essentiels de la vie, engendre la misère, la maladie, la sous-alimentation et, avec elles, le désespoir et la violence. De tous les projets qui seront soumis à la Conférence générale, il n'en est sans doute pas de plus audacieux ni de plus fécond que le programme, étalé sur douze années, de lutte mondiale contre l'ignorance et les mauvaises conditions de vie. Ce programme, qui prévoit un budget total de 20 millions de dollars, doit devenir, comme on l'a dit : « la grande campagne des hommes contre leur ennemi commun. »
Il y a cependant aux tensions et aux conflits d'autres causes qui sont l'oppression et le déni des droits de l'homme. Aussi, l'un des thèmes essentiels du projet de programme pour 1952 est-il l'action en faveur de ces droits. De nouveaux plans destinés à mieux faire connaître et comprendre, dans le monde entier, les libertés fondamentales, seront soumis à la Conférence générale. Celle-ci sera également saisie de plusieurs projets spéciaux concernant la lutte contre la discrimination raciale, l'élimination des obstacles qui entravent la libre circulation des personnes et des idées, et les mesures qui s'imposent pour que soit effectivement respecté le droit à l'éducation gratuite et obligatoire tel que l'énonce l'article 26 de la Déclaration universelle des Droits de l'Homme. Dans le monde moderne, trois groupes de personnes ont droit à une attention particulière : les ouvriers, les femmes et les jeunes. C'est ce que reflète le projet de programme de l'Unesco pour 1952.
Pour citer un exemple, les nombreux problèmes que pose la condition des ouvriers et ouvrières forment le point crucial du nouveau programme d'éducation des adultes. Un des projets élaborés suggère l'organisation, en 1952, d'un centre international pour l'amélioration des méthodes d'éducation des travailleurs et pour la formation de spécialistes dans ce domaine. Ce centre, organisé en collaboration avec les Fédérations internationales syndicales, comportera également des cours pour ouvriers, soulignant l'importance de la compréhension mutuelle entre les peuples et la nécessité d'une coopération internationale dans le cadre des Nations Unies. De plus, l'Unesco a mis sur pied un vaste programme de voyages d'études et de loisirs pour les travailleurs. En 1952, des facilités de voyages d'études individuels et en troupes seront offertes aux ouvriers par l'intermédiaire des différentes organisations syndicales.
Dans le même esprit, le programme de 1952 contient des projets analogues pour les jeunes, chaque Département de l'Unesco prévoyant pour eux des travaux pratiques pouvant être exécutés en dehors des établissements d'enseignement et destinés aux mouvements de jeunesse, camps de volontaires du travail, clubs scientifiques, etc.
Travaillant à l'amélioration de la condition des femmes, l'Unesco accentuera, en 1952, les efforts accomplis pour leur procurer un accès plus large à l'éducation et à la maturité sociale.
Les exemples précédents ne donnent qu'une idée des thèmes pratiques que l'Unesco se propose de développer en 1952. Il y en a naturellement d'autres, aussi importants et urgents. Comme le plan d'assistance technique pour le développement économique que l'Unesco a déjà commencé à réaliser et qui continuera à assister les nations insuffisamment déve. loppées dans les domaines de l'éducation, de la science et de la culture. Mention doit être faite, également, des projets proposés pour 1952 dans le but de renforcer la campagne entreprise par l'Unesco pour diffuser et expliquer les principes de la sécurité collective et la contribution des Nations Unies à la cause de la paix.
D'une façon générale, on peut dire que dans le programme pour 1952, qui sera soumis ce mois-ci à l'approbation de la Conférence générale, les projets d'intérêt académique ont été sacrifiés à ceux intéressant directement ou indirectement les problèmes d'actualité mondiale.
