Construire la paix dans l’esprit
des hommes et des femmes

Les Nations Unies ont dix ans: où en est l'O.N.U.? Où va-t-elle? Un bilan sincère

Nations Unies... pour quoi ? contre qui ? En 1942, elles étaient vingt-deux nations alliées qui signaient à Washington la Déclaration des Nations Unies par laquelle elles adhéraient aux principes de la Charte de l'Atlantique et s'engageaient à collaborer entre elles pour gagner la deuxième guerre mondiale. Elles étaient soixante, en 1945, à San Francisco, qui signaient la Charte des Nations Unies par laquelle elles prenaient la résolution de « préserver les générations futures du fléau de la guerre qui, deux fois dans l'espace d'une vie humaine, a infligé à l'humanité d'indicibles souffrances ».

Il a fallu deux guerres mondiales pour que les nations voient peu à peu se développer des idées nouvelles et que naisse le concept de responsabilité internationale. Certes, la Société des Nations constitua la première tentative de ce genre on sait quel fut, si ce n'est son échec tout au moins sa fin, et pourtant elle fut bien près de la réussite. Mais les conditions de vie avaient évolué ; le conflit même de 1940- 1945 n'avait rien de commun avec « la grande guerre »..., et jamais la dignité de l'homme ne fut plus bafouée, plus reniée, tant en Europe occupée que dans les territoires du Pacifique.

Aussi un espoir fou naquit dans le odes hommes libres ou de ceux qui venaient enfin de recouvrer leur indépendance, quand ils eurent connaissance de la Charte des Nations Unies.

La voici donc, cette organisation, jeune de dix printemps, faite d'expériences diverses, de hauts et de bas, louée par ceux-ci, blâmée par ceux-là, luttant contre vents et marées, poursuivant son but sans relâche ; s'efforçant de régler pacifiquement les conflits qui peuvent éclater entre les nations, ce fut le cas entre Israël et les Pays arabes, ou, au contraire, recommandant une action militaire pour repousser un agresseur armé, et nous pensons ici à la Corée.

Mais à ces grands problèmes, à cette action parfois contrariée par les intérêts trop personnels de certains pays, viennent s'ajouter des tâches, sinon plus obscures, tout au moins aussi pressantes dans un monde en évolution sociale, économique et politique constantes.

La sphère d'action des Nations Unies ne connaît pas de frontières. Tout ce qui est humain, tout ce qui est social, qu'il s'agisse des problèmes de l'enfance, de la condition de vie des populations sous-développées, de l'aide aux invalides, de la prévention du crime, de l'amélioration de la santé, de l'utilisation de l'atome à des fins pacifiques, de l'extension de l'éducation, du respect des droits de l'homme, du contrôle des stupéfiants ; tout ce qui est économique : mise en valeur des régions sous-développées, besoins de tel ou tel pays, envoi de missions composées de techniciens et d'experts afin de juger équitablement de la situation dans telle ou telle contrée du monde toutes ces activités, et les dénombrer serait impossible ici sont du ressort de multiples commissions et d'organisations spécialisées travaillant sous l'égide de l'O.N.U.

Le 24 octobre, à l'occasion de l'annuelle Journée des Nations Unies, l'organisation mondiale continuera à célébrer le dixième anniversaire de sa naissance. Le moment est donc opportun de passer au crédit et au débit de l'O.N.U. ses su cès et ses échecs. C'est ce que le Courrier de l'Unesco tente de faire dans le présent numéro.

Le mot de la fin revient à Ralph J. Bunche, sous-secrétaire des Nations Unies, lorsqu'il déclare à la presse mondiale sa pensée, qui résume dix ans de travaux de l'organisation des Nations Unies :

« C'est après tout, non seulement la meilleure chose que nous ayons, mais la seule. En fait, il n'existe d'autre alternative que la résignation ou une troisième guerre mondiale. »

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Octobre 1955