Les Tsiganes
Victime de malentendus, de préjugés, voire de persécutions, le peuple tsigane est une des minorités dont l'image a été le plus gravement altérée au cours d'une histoire tourmentée.
Soumise aujourd'hui à la pression de modèles culturels qui mettent en danger ses traditions aussi bien que sa cohésion, la société tsigane doit affronter, un peu partout dans le monde, de nouveaux problèmes culturels et sociaux. Plus que jamais il importe de permettre une prise de conscience plus juste et une connaissance plus large de l'identité du peuple tsigane, dans son passé comme dans son présent, pour une coopération plus étroite entre lui et les autres peuples.
Les Tsiganes eux-mêmes se sont groupés en diverses associations de par le monde et ont fait entendre leur voix auprès des gouvernements et des organismes internationaux. En 1979, l'Organisation des Nations Unies, déjà attentive au sort de cette minorité parmi d'autres, a accueilli l'Union des Rom, avec un statut consultatif. Et l'« Association des Etudes tsiganes » (Paris), dont la revue traite à l'échelon mondial des problèmes les concernant, est une Organisation non gouvernementale agréée par l'Unesco.
C'est dans la droite ligne de cette reconnaissance internationale de la personnalité tsigane qu'a été conçu ce numéro du Courrier de l'Unesco auquel ont collaboré des « tsiganologues » de tous horizons qui ont souvent partagé la vie du peuple qu'ils étudient quand ils n'appartiennent pas à celui-ci.
Le nom de « Tsiganes » a été refusé par ce peuple, car il lui a été imposé du dehors. C'est celui de Rom qu'il a choisi, désignation qu'a reprise l'Organisation des Nations Unies. Pour des raisons de seule commodité, nous avons utilisé ici les appellations les plus connues à ce jour Tsiganes en France, Gypsies dans les pays anglophones, Gitanos dans les pays de langue espagnole, etc. de la communauté Rom, une et multiple.
