À Berlin, débat des acteurs de la scène culturelle allemande autour du rapport mondial de l'UNESCO "Re|penser les politiques culturelles"

Le 9 février 2018, plus de 120 représentants de diverses institutions culturelles et publiques se sont réunis à l'Académie Barenboïm Said à Berlin pour discuter du Rapport mondial 2018 de l'UNESCO "Re|penser les politiques culturelles" et de son impact sur la politique culturelle et des médias en Allemagne. L'événement était organisé par la Commission nationale allemande auprès de l'UNESCO en coopération avec le Deutscher Kulturrat, la Kulturpolitische Gesellschaft et l'Académie Barenboim-Said.

Ce rapport, publié avec le soutien du gouvernement suédois, analyse et évalue les politiques culturelles dans le monde à travers la mise en œuvre de la Convention de 2005 de l'UNESCO sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles. La version allemande du rapport mondial (résumé) était présentée et distribuée à cette occasion.

Christoph Wulf, Vice-président de la Commission nationale allemande auprès de l'UNESCO et Michael Naumann, Recteur de l’Académie Barenboim-Said, ont ouvert l'événement, suivis par Danielle Cliche, Secrétaire de la Convention de 2005 et rédactrice en chef à l’UNESCO du rapport.

"145 pays et l'Union européenne ont ratifié cette Convention. La discussion d'aujourd'hui se veut une contribution au débat sur l'avenir de la réforme des politiques culturelles que nous avons avec nos voisins européens et nos partenaires internationaux. Essentiellement, l'Europe est aussi un projet culturel!" a déclaré Christoph Wulf.

"La Convention de l'UNESCO de 2005 et ce rapport mondial nous rappellent que la politique culturelle doit également être comprise comme une politique sociale. Ce sont des instruments politiques qui favorisent un accès plus équilibré aux marchés, l’échange des biens et services culturels et une participation culturelle accrue. L'Allemagne est mise au défi à tous les niveaux fédéraux pour placer ces questions au cœur de l'action politique, essentielle à la cohésion sociale et au développement", a souligné Christian Höppner, Président du Deutscher Kulturrat.

Les participants se sont accordés sur la nécessité d'un suivi attentif des politiques, afin de nourrir la bonne gouvernance et d’éclairer les processus décisionnels: « Une bonne politique culturelle a besoin de données, de faits et d’évaluations », a rappelé Tobias Knoblich, Vice-président de la Kulturpolitische Gesellschaft.

Le prochain rapport mondial sera publié en juin 2021, a annoncé Danielle Cliche. "D'ici là, l'UNESCO continuera à soutenir activement les processus de conception et de suivi des politiques, en particulier dans les pays qui ne disposent pas des cadres juridiques et institutionnels requis".

Cibler les industries culturelles et créatives

L'événement prenait place dans un contexte d'investissement croissant dans les industries créatives et culturelles (ICC) en Allemagne. Depuis 2007, le gouvernement allemand a ciblé le secteur des ICC avec la création de l'Initiative des industries culturelles et créatives, qui publie un rapport annuel sur les contributions des ICC à la croissance économique et à la création d'emplois du pays.

Selon l'édition 2017 du rapport, les ICC représentaient 3,1% de la part du PIB du pays en 2016, tandis que plus de 1,6 million de personnes travaillent dans ce secteur. Au total, la valeur ajoutée brute estimée au cours de 2016 était de 98,8 milliards d'euros. Plus récemment, en 2016, l'Allemagne a lancé le Centre d'excellence pour les industries culturelles et créatives dont l'objectif est de promouvoir la coopération entre les industries créatives et d'autres secteurs et de fournir une plate-forme pour la mise en réseau. 

Le ministère fédéral allemand de la Coopération économique et du Développement (BMZ) financera également en 2018-2019 un nouveau projet de l'UNESCO portant sur l'industrie de la musique au Maroc. Le projet met l’accent sur le potentiel du secteur de la musique du pays comme vecteur de nouvelles opportunités d'emploi et de revenus pour les jeunes.