Le cinéma africain au cœur de la conférence mondiale de la TICAD sur le développement au Japon

« Une nouvelle génération de créateurs et d’artistes émerge, qui fait rayonner le cinéma africain au-delà des frontières du continent ». Audrey Azoulay, la Directrice générale de l’UNESCO, aux côtés de Koichi Hagiuda, membre de la Chambre des représentants, a ouvert la table ronde « Le cinéma africain au-delà des frontières - construire de nouveaux efforts de coopération » lors de la 7ème édition de la Conférence Internationale sur le Développement de l’Afrique de Tokyo (TICAD), qui s’est déroulé du 28 au 31 août à Yokohama, au Japon. TICAD7 a accueilli des représentants de plus de 50 pays africains, d’organisations régionales et internationales, et de nombreux partenaires du secteur du développement autour du thème, Faire progresser le développement en Afrique par les personnes, les technologies et l’innovation.

Une nouvelle génération de créateurs et d’artistes émerge, qui fait rayonner le cinéma africain au-delà des frontières du continent.

- Audrey Azoulay

Directrice générale de l’UNESCO

 

« Les défis à affronter dépassent les cadres nationaux. Ils impliquent, par exemple, de faciliter la mobilité des artistes, introduire des mesures de traitement préférentiel, encourager les résidences d’artistes, promouvoir la distribution de films africains et augmenter le nombre de coproductions. La Convention de l’UNESCO de 2005 sur la Protection et la Promotion de la Diversité des Expressions Culturelles, dont nous espérons qu’elle sera ratifiée dans un proche avenir par le Japon, fournit un cadre politique et légal solide pour le développement de telles politiques en Afrique et au-delà », a poursuivi la Directrice Générale.

La table ronde sur le cinéma africain était conjointement organisée par l’UNESCO, le Ministère japonais des Affaires Etrangères et la Fondation du Japon. Alors que la TICAD représente un engagement de longue date du Japon envers le développement durable de l’Afrique, c’est la première fois que la culture et l’industrie du cinéma étaient présentés comme plateformes de coopération pouvant resserrer les liens entre l’Afrique et le Japon.

Fidelis Duker, Secrétaire général régional de la Fédération Panafricaine des Cinéastes (FEPACI) et Directeur du Festival du Film International d’Abuja (Nigeria), et Ardiouma Soma (Burkina Faso), Directeur général du Festival Panafricain du Cinéma et de la Télévision de Ouagadougou (FESPACO), ont tous deux appelé à l’élaboration de nouvelles politiques en vue de professionnaliser le secteur grâce à des formations sur l’économie du secteur créatif, ainsi que le développement de nouveaux marchés et publics pour les cinéastes indépendants. « Il y a, dans le continent africain, un grand espoir de changement. Le renforcement des capacités et la mise en place de systèmes de financement pour développer et encourager les talents des jeunes cinéastes en Afrique et à l’international sont la clé », ont-ils rappelé.

Il y a, dans le continent africain, un grand espoir de changement.

Fidelis Duker

Secrétaire général régional de la Fédération Panafricaine des Cinéastes

 

Naomie Kawase, réalisatrice et directrice du Festival International du Film Nara, a mis en lumière l’importance des opportunités de coproduction pour les professionnels du film en Afrique et au Japon : « Lorsque les réalisateurs sont confrontés à des publics internationaux, ils dépassent les frontières. Leurs récits deviennent alors universels et ouvrent un nouveau champ de possibilités », a-t-elle dit. « Soutenir l’écriture grâce à des résidences d’artistes ou des programmes d’échanges pour les jeunes artistes est la clé. Le Japon peut jouer un rôle actif à cet égard », a-t-elle ajouté.

Parmi les participants, figuraient aussi, Aurélien Bodinaux (Belgique), producteur de nombreux films africains (Néon Rouge Production), Hisashi Okajima, Directeur des Archives Nationales du Film au Japon (NFAJ), Miho Yoshida, Directrice du Festival « Cinema Africa » de Tokyo, et Anthony Krause, Chef de l’Unité politiques et recherche de la Section pour la Diversité des Expressions Culturelles (UNESCO). Parmi les priorités discutées : le besoin de cadres institutionnels, juridiques et financiers pour soutenir l’industrie du film indépendant, la mise en place de plateformes d’échanges professionnels internationaux, et l’inclusion de clauses de coopération culturelle dans les accords commerciaux bilatéraux, conforme aux principes de la Convention de 2005 de l’UNESCO. « L’environnement favorisant la production et la distribution de films reste fragile mais offre d’immenses possibilités de coopération qui restent à explorer », a souligné Aurélien Bodinaux.

L’événement a aussi été l’occasion de projeter le film « La Miséricorde de la Jungle » du réalisateur rwandais Joel Karekesi. Hirosayu Ando, Président de la Fondation du Japon, a clôt la rencontre, louant les nouvelles opportunités de coopération avec l’UNESCO en Afrique et au-delà dans les secteurs des industries créatives et du développement des compétences.