La Convention de 2005 réunit les décideurs politiques d’Asie pour promouvoir la créativité contemporaine

Décideurs politiques en matière culturelle et représentants de l’UNESCO en Asie se sont réunis pour une formation sur le suivi des politiques culturelles du 30 juillet au 1er août à Jakarta, en Indonésie. La formation a permis d’introduire la Convention de 2005, de présenter le nouveau formulaire des rapports périodiques quadriennaux (RPQ) et d’offrir des opportunités de réseautage et le co-apprentissage entre les participants.

L’atelier s’est concentré sur des activités pratiques : une part importante des trois jours de la formation a été dédiée aux discussions de groupe, avec une attention particulière portée à l’élaboration des RPQ. Ce rapport doit être soumis tous les quatre ans par les Parties à la Convention et constitue un outil important pour dresser un état des lieux des industries culturelles et créatives grâce à une série de questions sur les politiques culturelles, les initiatives et les défis rencontrés. Certains des pays qui avaient déjà soumis un rapport périodique par le passé – Bangladesh, Cambodge, Indonésie, Mongolie et Viet Nam – ont eu l’opportunité de partager leur savoir-faire et les leçons apprises avec le Timor-Leste, en vue de la préparation de son premier RPQ. Les Philippines et la Malaisie, qui n’ont pas encore ratifié la Convention, ont eu un premier aperçu des mécanismes internes spécifiques aux Parties à la Convention de 2005.

Cette Convention vous encourage à porter votre attention sur les industries créatives et les formes d’art contemporaines.

Hema Gurung, spécialiste culture au bureau de l’UNESCO à Pékin

 

« Cette Convention vous encourage à porter votre attention sur les industries créatives et les formes d’art contemporaines. » Hema Gurung, spécialiste culture au bureau de l’UNESCO à Pékin, donne le ton en mettant en avant ce qui rend la Convention de 2005 unique. « Nous avons souvent travaillé sur les formes traditionnelles d’artisanat avec la Convention de 2003. La Convention de 2005 vous donne l’opportunité de mettre l’accent sur les expressions artistiques contemporaines et innovantes ».

L’une des sessions a permis de présenter aux participants la Plateforme de suivi des politiques, le moteur de recherche de l’UNESCO dédié aux politiques culturelles. La plateforme, constamment actualisée, s’appuie sur les données extraites des rapports périodiques. Elle dispose de filtres de recherche intuitifs, tels que les zones géographiques ou les domaines artistiques. Il a notamment été souligné que cette plateforme est actuellement l’une des seules plateformes qui effectue le suivi des politiques culturelles à l’échelle mondiale.

Rappelez-vous qu’une politique ne doit pas nécessairement venir d’en haut. Nous pouvons initier un tel dialogue.

Anupama Sekhar, membre de la Banque d’expertise de l’UNESCO

 

Des questions relatives au genre dans les industries créatives de la région ont également été examinées. Lisabona Rahman, une critique de film, a déclaré que le nombre de femmes à des postes créatifs dans l’industrie cinématographique en Indonésie avait augmenté depuis 1998. En conséquence, la représentation des femmes dans les films a connu des évolutions positives. D’autre part, le nombre de cas de violence sexuelle a augmenté, menaçant ces évolutions positives qui ont conduit à une plus grande participation des femmes dans l’industrie cinématographique. Des tentatives ont été faites pour créer un mécanisme interne destiné à pallier ces conditions de travail dangereuses et un dialogue avec le gouvernement a été amorcé pour créer un nouveau code de conduite au niveau national, non seulement pour l’industrie cinématographique mais aussi pour tout le secteur culturel. « Étudiez le système juridique national et pensez à la façon d’améliorer les conditions de travail des artistes et des professionnels de la culture grâce aux politiques culturelles », a déclaré Pham Thi Thanh Huong du bureau de l’UNESCO à Ha Noi.

La formation a servi de plateforme aux participants pour échanger sur les bonnes pratiques et les défis qu’ils rencontrent, pour apprendre d’autres experts de la culture dans les pays voisins, et pour imaginer un avenir dans lequel les politiques nourriraient des expressions culturelles dynamiques dans les villes et les pays de la région. « C’est inspirant de voir comment les gens transforment les défis en opportunités » a déclaré Anupama Sekhar, directrice du département culture de la Fondation Asia-Europe et membre de la Banque d’expertise de l’UNESCO. « Collectez des données, parce que les données peuvent mesurer l’influence des politiques et des mesures. Rappelez-vous qu’une politique ne doit pas nécessairement venir d’en haut. Nous pouvons initier un tel dialogue» a conclu Sekhar.