Entretien avec Loeurt To - les arts et la culture représentent la vie et l'action

Loeurt To a été témoin de l’émergence de l'industrie des arts du spectacle au Cambodge. Avec son projet de renforcement des capacités financé par le Fonds international pour la diversité culturelle (FIDC), Phare Ponleu Selpak - l’organisation où travaille Loeurt To - a contribué à la professionnalisation de plus de 1.000 acteurs culturels. Mr To participe à la 7ème Conférence des Parties afin d’établir des connexions avec ses pairs du monde entier.

Pourquoi avez-vous décidé de poursuivre une carrière dans le secteur culturel?

Pour moi, les arts et la culture représentent la vie et l'action. Sans ces aspects, nous ne pouvons pas connaître notre histoire ou notre identité en tant qu'être humain. J'adore l’art et pour moi c’est un outil majeur pour le développement humain et social. Je souhaiterais utiliser les différentes formes d'art pour l'éducation, la santé, le monde des affaires et la science. A travers mon travail, j'espère vraiment avoir plus d'impact social dans le secteur de la création.

Pour moi, les arts et la culture représentent la vie et l'action.

 

Au fil des ans chez Phare Ponleu Selpak Association, quels sont les succès et les impacts accomplis par vos élèves ?

Depuis sa création, il y a plus de 25 ans, l'association a essayé d'élargir ses programmes. Aujourd’hui, nous faisons du théâtre, du cirque et de la musique. Nous proposons également des programmes de formation professionnelle au sein de notre Ecole des arts visuels et appliqués et de notre Ecole des arts du spectacle.

Nos programmes ont eu des retombées économiques positives dans la communauté. Les étudiants en arts du spectacle sont rémunérés pour leurs performances au cours du programme. Les techniciens son et lumière ont vu leurs revenus augmenter à la suite de nos formations techniques. Récemment, notre Ecole des arts visuels et appliqués a fondé une start up d'animation. Certains diplômés, en tant qu’artistes indépendants, mettent en œuvre des projets qui ont un impact social. Nous travaillons également avec une quarantaine de diplômés dans notre entreprise sociale, que nous rémunérons à un taux beaucoup plus élevé que la moyenne en vigueur dans l’industrie.

 

Pourquoi l'investissement dans les industries culturelles et créatives est-il important pour le Cambodge?

Depuis 2016, le taux de croissance économique du Cambodge tourne autour de 7%. Le secteur créatif au Cambodge est également en progression et les entreprises investissement de plus en plus dans le secteur. Dans l’avenir, le secteur créera des emplois pour les jeunes et la prochaine génération a un intérêt grandissant pour les industries culturelles et créatives.

Cependant, le secteur en est encore à ses balbutiements. Il a, pour l’instant, une capacité et des ressources limitées pour répondre à la croissance rapide ou pour créer des biens et services culturels. Nous avons également besoin d'une bonne gouvernance ainsi que d'un leadership jeune.

 

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Quelles sont les tendances positives que vous avez observées dans les industries culturelles et créatives (ICC) cambodgiennes?

C'est un âge d'or pour le cinéma d'animation au Cambodge. Un concours d'animation a lieu chaque année et envoie les gagnants au Japon. Récemment, notre entreprise sociale a signé avec une société d’animation européenne pour travailler sur un important projet d’animation sur les échanges culturels. L’industrie cinématographique et l’édition connaissent également une forte croissance.

Le gouvernement fournit un soutien technique aux organisations du secteur de la création. Par exemple, notre protocole d’accord avec le Ministère de la Culture et des Beaux-Arts accorde une exemption de visa à nos volontaires venus de l’étranger. Un groupe de travail, formé pour soutenir les ICC et la mise en œuvre des politiques culturelles, se réunit régulièrement pour discuter de sujets tels que la taxation des produits de divertissement.

Nous avons besoin de programmes holistiques fournissant des compétences artistiques, mais aussi des compétences générales en matière de professionnalisation.

 

Quels sont les défis auxquels font face les artistes professionnels au Cambodge?

Le manque de formation et de programmes appropriés est un problème. Nous avons besoin de programmes holistiques fournissant des compétences artistiques, mais aussi des compétences générales en matière de professionnalisation. Et ce, pour répondre aux préoccupations à long terme des artistes. A titre d’exemple, il faut de nombreuses années de formation pour devenir un artiste de cirque, mais d’un autre côté ils doivent prendre leur retraite plus tôt. Donc bien évidemment, ils ont besoin d'autres compétences pour pouvoir se recycler et changer de carrière ensuite.

 

Qu'espérez-vous réaliser à la 7ème Conférence des Parties?

J'ai hâte de connaître les meilleures pratiques mondiales ainsi que le rôle des arts et de la culture dans la réalisation des objectifs de développement durable. J’aimerais également élargir notre réseau avec d'autres participants pour de futures collaborations. Je voudrais également démontrer que le fonds reçu par le biais du Fonds international pour la diversité culturelle (FIDC) a eu un impact social non négligeable dans les ICC du Cambodge.

Objectif(s) de la Convention 2005 de l'UNESCO