Les Etats membres de l’UNESCO réévaluent le rôle de la culture dans l’économie mondiale

La 7ème Conférence des Parties à la Convention de 2005 sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles, ratifiée par 145 pays et l’Union européenne, s’est achevée le 7 juin dernier. La deuxième édition du Forum des organisations de la société civile a rassemblé plus de 80 acteurs non gouvernementaux du monde entier, ajoutant ainsi une diversité de voix aux débats sur les politiques culturelles.

Sous la présidence d’Abdoul Karim Sango, ministre de la Culture, des Arts et du Tourisme du Burkina Faso, la 7ème Conférence des Parties à la Convention de 2005 s’est déroulée au siège de l’UNESCO du 4 au 7 juin 2019. Après son élection, le ministre Sango a déclaré que « la Conférence des Parties est une formidable occasion de faire le point sur les progrès accomplis et d’éclairer l’élaboration de politiques culturelles innovantes ».

Le Sous-Directeur général pour la culture de l’UNESCO, Ernesto Ottone R., a ensuite posé les bases de cette discussion mondiale en déclarant : « Aujourd’hui, la Convention de 2005 est reconnue comme un cadre de référence essentiel pour la réalisation du Programme de développement durable à l’horizon 2030. Il s’agit d’une plate-forme clé pour examiner les défis rencontrés et élaborer un plan d’action visant à atteindre l’objectif commun de soutenir la créativité et l’innovation dans le secteur culturel », a-t-il poursuivi.

Au cours de la Conférence, une feuille de route ouverte pour la mise en œuvre de directives opérationnelles visant à promouvoir la diversité des expressions culturelles dans l’environnement numérique a été approuvée, reflétant le besoin urgent commun d’aborder des questions émergentes telles que la découvrabilité des contenus, la diversité dans la propriété des médias, la culture numérique ou encore une rémunération juste des créateurs en ligne. La Conférence a également vu l’adoption des Directives opérationnelles révisées relatives à l’article 9, « Partage de l’information et transparence », donnant le feu vert à un processus clair et simplifié d’évaluation des politiques pour la mise en œuvre de la Convention de 2005.

La deuxième édition du Forum des organisations de la société civile a eu lieu le 4 juin et a précédé la Conférence des Parties. Elle a permis des échanges actifs entre des professionnels de la culture de toutes les régions et de tous les domaines thématiques. Le besoin d’augmenter le soutien financier et politique des acteurs de la société civile a été exprimé afin qu’ils puissent contribuer de manière durable et efficace au suivi et soutien des politiques culturelles. Le rôle des chaires UNESCO en tant que réseau de connaissances et de ressources accessibles aux organisations de la société civile a été rappelé tout au long de la journée.

Plusieurs sessions Créer | 2030 – une série de débats interactifs entre décideurs et professionnels de la culture – ont également été organisées autour de trois objectifs : renforcer l’entrepreneuriat culturel ; repenser le statut de l’artiste ; et rééquilibrer les échanges commerciaux. Le débat sur la culture dans le commerce a coïncidé avec la publication par l’UNESCO d’une étude de synthèse sur l’impact de l’accord de partenariat économique (APE) conclu en 2008 entre les États du CARIFORUM et l’Union européenne. La session a été suivie par la présentation d’un nouveau module de formation sur le traitement préférentiel, créé par la chaire UNESCO de l’Université Laval (Québec, Canada) et conçu pour explorer les moyens d’accorder un accès au marché et d’accroître la mobilité des artistes pour les pays en développement.

Divers événements parallèles ont eu lieu pendant la conférence, y compris une session d’échange avec les points de contact nationaux de la Convention de 2005 ; une réunion d’information sur l’appel ouvert UE/UNESCO visant à soutenir le renforcement des cadres réglementaires pour les industries culturelles et créatives, ainsi qu’une réunion des bénéficiaires du projet « Renforcer les politiques culturelles pour la promotion des libertés fondamentales et la diversité des expressions culturelles », financé par le gouvernement suédois. A également été organisée une projection du film La Miséricorde de la Jungle, réalisé par le rwandais Joël Karekezi, lauréat de deux prix au 26ème Festival du film panafricain FESPACO à Ouagadougou en 2019.

Au cours de la dernière journée, les États membres ont identifié des priorités pour les activités futures du Comité intergouvernemental pour les années 2019-2021, notamment l’assistance technique et le soutien dans les domaines de la conception et de la mise en œuvre de politiques, la collecte et l’analyse de données, la liberté artistique et le traitement préférentiel. L’assistance internationale aux gouvernements et à la société civile par le biais de contributions accrues au Fonds international pour la diversité culturelle a également été jugé essentielle.

La conférence s’est terminée par l’élection de 12 nouveaux membres du Comité intergouvernemental : l’Autriche, l’Arménie, l’Azerbaïdjan, le Brésil, le Burkina Faso, l’Équateur, l’Éthiopie, le Danemark, la Mongolie, le Qatar, le Sénégal et Saint-Vincent-et-les Grenadines.

La 8ème Conférence des Parties à la Convention de 2005 aura lieu en juin 2021.