Le Gabon et le Soudan du Sud soulignent l’importance de la création d’emplois dans le secteur créatif pour atteindre l’ODD 8

Les industries culturelles et créatives (ICC) sont de plus en plus reconnues comme une source importante de revenus et un moteur pour la création d’emplois, notamment à travers les micro, petites et moyennes entreprises. Face à la transformation des ICC par les technologies numériques, le Gabon et le Soudan du Sud ont rejoint la nouvelle initiative de l’UNESCO, financée par l’UE, dont l’objectif est de créer de nouveaux cadres réglementaires visant à exploiter les opportunités offertes par les secteurs créatifs.

En matière de créativité artistique, le Gabon et le Soudan du Sud ne manquent pas de talents. Cependant, la nature informelle actuelle des ICC et le manque de mécanisme de soutien juridique signifient que les créateurs ont encore du mal à se lancer dans une carrière viable dans leur domaine. Le renforcement et la promotion de mécanismes innovants pour soutenir les entreprises créatives est une priorité afin de résoudre les défis liés à la professionnalisation et la rentabilité des activités créatrices. Les deux pays africains se sont engagés à relever ces défis par le biais du projet UE/UNESCO afin de renforcer les systèmes de soutien gouvernementaux aux créateurs en concevant, adaptant et mettant en œuvre de nouvelles politiques culturelles, guidées par les besoins et priorités identifiés, ainsi que par l’esprit de participation, partenariat et coopération Sud-Sud.

 

Gabon : création d’emplois et rémunération juste pour les créateurs

Avec 11 millions de jeunes entrant sur le marché du travail chaque année en Afrique[1], le Gabon espère exploiter le potentiel du secteur créatif pour offrir des opportunités d’emploi modernes et intéressants à leur jeune main-d’œuvre dynamique. Le Gabon entame donc la révision de son projet de politique culturelle de 2011, fruit de nombreuses années de recherche et de consultation. Les décideurs engageront un dialogue avec les acteurs culturels à tous les niveaux pour que la politique mise à jour reflète les besoins et les défis émergents sur le terrain. Ces réunions de consultation examineront de nouvelles mesures pour stimuler la création d’emplois, l’entreprenariat, la croissance des micro, petites et moyennes entreprises et l’autonomisation des femmes et des filles dans les ICC. Lors de la révision, la politique culturelle devrait représenter une nouvelle vision du secteur culturel gabonais.

Grâce à ce projet, le pays conduira la mise en œuvre d’une feuille de route culturelle adoptée par la Communauté économique des États de l’Afrique centrale (CEEAC) en 2018, qui invite les États membres à renforcer leurs ICC par le biais de l’élaboration de politiques participatives.

 

Soudan du Sud : création de la toute première politique du droit d’auteur

Bien que les besoins humanitaires au Soudan du Sud soient toujours une priorité pour les populations les plus vulnérables du fait de décennies de conflits, le pays se tourne actuellement vers les ICC comme moteurs du développement durable. Le Soudan du Sud s’est engagé à créer des cadres juridiques pour les ICC, à commencer par la toute première politique du droit d’auteur visant à créer un environnement favorable pour les créateurs sud-soudanais.

Ce projet soutient les efforts du Soudan du Sud pour réglementer et structurer le secteur créatif, tout en veillant à ce que la politique du droit d’auteur soit créée de manière participative. La politique qui en résultera combattra le piratage et la reproduction illégale d’œuvres créatives, contribuant ainsi au système de gouvernance culturelle au Soudan du Sud. Le projet facilitera également l’intégration du Soudan du Sud dans la communauté internationale du droit d’auteur et permettra au pays d’examiner les avantages de l’adhésion à des mécanismes tels que ceux de l’Organisation régionale africaine de la propriété intellectuelle (ARIPO).

 

Appel continu pour une assistance à la demande

Ce projet d’assistance non financière, soutenu par la Banque d’expertise internationale UE/UNESCO, dure de 18 à 24 mois selon les pays et devrait jeter les bases pour des ICC dynamiques dans les pays en développement. L’appel à candidatures pour les pays éligibles, lancé en décembre 2018, restera ouvert jusqu’à ce que douze pays, ou davantage si des fonds sont disponibles, soient sélectionnés. La sélection devrait se terminer d’ici la fin de 2019.

Les candidatures sont évaluées de manière continue par un Comité de pilotage composé de l’UNESCO et de l’UE. Pour plus d’informations, veuillez visiter la page de l’appel à candidatures.


[1] Le Groupe de la Banque africaine de développement, Jobs for Youth in Africa (EN), 2018