Le gouvernement et les créateurs unissent leurs forces pour soutenir l’industrie créative mongole

 

La créativité mongole est à la hausse. Un nombre record d’artistes représentent le pays dans le cadre d’événements internationaux tels que la Biennale d’Art de Venise. La Semaine internationale de la mode de la Route de la soie de cette année se déroulera en Mongolie. La concurrence pour l’attention du public, cependant, est de plus en plus féroce et déséquilibrée. La part des exportations mondiales de biens culturels des 10 premiers pays exportateurs a atteint 79 % en 2013, soit une augmentation de 10 points par rapport à 2004. Dans ce contexte de concentration du marché, comment les pays du monde, tels que la Mongolie, qui sont dotés d’une industrie créative émergente mais toujours modeste, peuvent-ils promouvoir leurs biens et services culturels nationaux et être compétitifs à l’international?

Le 9 mai dernier, plus de 120 participants ont assisté à une réunion de consultation multipartite organisée lors de la Semaine mongole de l’innovation 2019, afin d’examiner les initiatives existantes et futures qui soutiennent les expressions culturelles contemporaines. Les participants ont abordé des sujets tels que le renforcement des ressources humaines dans les entreprises créatives, le développement de l’accès aux biens et services culturels mongols en Mongolie et à l’étranger, l’attrait des jeunes pour les films américains ou russes, et les actions à prendre pour promouvoir les contenus nationaux.

L'événement, organisé par l’UNESCO en coopération avec le gouvernement de Mongolie, a permis de lancer un projet intitulé « Repenser les politiques culturelles pour la promotion des libertés fondamentales et la diversité des expressions culturelles » (2018-2021), financé par le gouvernement suédois. « Le but ultime de ce projet est de créer un mécanisme de suivi des politiques culturelles en Mongolie qui soit véritablement participatif, comme reflété par la diversité des acteurs culturels que nous voyons dans cette salle aujourd’hui », a déclaré Hema Gurung, spécialiste de la culture au Bureau de l’UNESCO à Beijing.

Baigali Ochkhuu, présidente de la Fédération internationale des femmes du commerce et de l’industrie de Mongolie, a partagé une perspective sur les enjeux de parité au cours de la réunion. Notant des développements positifs, Ochkhuu a déclaré que « la Mongolie a connu plusieurs changements positifs au cours des trois dernières années concernant la représentation féminine dans le secteur culturel mongol », notamment un nombre croissant de productrices, de réalisatrices et de femmes investisseurs. Elle a également souligné que « la loi mongole sur la culture ne contient aucune disposition sur l'égalité des genres ». Ochkhuu a observé la tendance qu’ont le gouvernement et les organisations de la société civile à soutenir les artistes masculins et les récits centrés sur les hommes, alors que « les femmes travaillant dans le secteur ne perçoivent des revenus que faibles ou moyens ».

Bilegbaatar Zundui-Odor estime qu’Internet a eu un impact principalement positif sur la culture contemporaine du pays. « Il me semble que les jeunes apprécient davantage la culture mongole que notre génération. Je pense qu’Internet joue un rôle majeur pour la génération Z », explique Bilegbaatar, citant l’exemple du groupe mongol The Hu, le premier groupe mongol à figurer dans des palmarès tels que celui d’iTunes. Il estime que la population jeune du pays est à l’origine de son succès. « Soixante-cinq pour cent de la population a moins de 35 ans. En outre, le taux de pénétration du smartphone atteint plus de 70% chez les jeunes », a précisé Bilegbaatar.

« La culture est clairement une ressource pour le développement en Mongolie, et cette réunion de consultation de l’UNESCO est opportune car le développement des industries culturelles et créatives s’aligne avec la stratégie du gouvernement », a déclaré S. E. M. Ganbayar Ganbold, Vice-ministre de l’éducation, de la culture, des sciences et des sports.

Le gouvernement milite activement en faveur de la créativité nationale, et a mis en œuvre un large éventail de politiques au fil des ans, telles que présentées dans les rapports périodiques quadriennaux de 2012 et 2016 sur la mise en œuvre de la Convention de l’UNESCO sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles, ratifiée par la Mongolie en 2007. La politique de l’État pour le secteur industriel, adoptée en 2015, incarne son engagement indéfectible en faveur du développement des industries culturelles.

La prochaine étape du projet sera un atelier national visant à former l’équipe nationale mongole pour la rédaction du rapport périodique du pays. Les initiatives politiques novatrices de la Mongolie seront mises en évidence dans la troisième édition de la série de Rapports mondiaux de l’UNESCO qui sera publiée en juin 2021.

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