L’Érythrée examine les avantages de la ratification de la Convention 2005

Un atelier national de sensibilisation et de plaidoyer de deux jours a eu lieu les 28 et 29 octobre 2019 à la Commission pour la culture et les sports d’Asmara, avec le soutien du Bureau régional de l’UNESCO pour l’Afrique de l’Est, afin de présenter les avantages de la ratification de la Convention de 2005 sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles et de débattre des expériences, des défis et des aspirations de l’Érythrée dans le secteur culturel et créatif.

La cérémonie d’ouverture de l’atelier a inclus des spectacles culturels de musiciens, danseurs et poètes érythréens représentant les neuf groupes ethnolinguistiques de l’Érythrée. Tout au long de l’atelier, divers artistes et interprètes ont présenté leurs poèmes, chansons, danses, musiques, créations de mode et artistiques ainsi que leurs spectacles comiques afin de promouvoir les talents du secteur créatif de l’Érythrée.

« Cet atelier a pour but de sensibiliser le pays à la nécessité de protéger et de promouvoir la diversité des expressions culturelles », a déclaré l’ambassadeur Zemede Tecle, commissaire érythréen à la Culture et aux Sports, lors de la cérémonie d’ouverture de l’atelier. « Il s’agit de poursuivre les collaborations antérieures avec l’UNESCO, qui a soutenu un inventaire national du patrimoine culturel immatériel de l’Érythrée », a-t-il ajouté.

A travers cet atelier, les quatre objectifs de la Convention de 2005 de l’UNESCO ont été présentés aux participants, ainsi que les programmes de renforcement des capacités, les réseaux et les financements disponibles pour soutenir leurs réalisations :

  1. Permettre des systèmes de gouvernance durables pour la culture afin de mettre en œuvre des politiques et des mesures fondées sur des processus informés, transparents et participatifs ;
  2. Assurer un flux équilibré de biens et de services culturels et accroître la mobilité des artistes et des professionnels de la culture grâce à des mesures de traitement préférentiel pour les pays du Sud ;
  3. Intégrer la culture en tant que dimension stratégique des cadres de développement durable, y compris les programmes d’aide au développement internationaux et les plans de développement nationaux ;
  4. Promouvoir les droits de l’homme et les libertés fondamentales en tant que condition préalable à la création et à la diffusion de diverses expressions culturelles en soutenant l’égalité des genres et la liberté artistique, y compris le statut social et économique des artistes.

L’atelier a également mis en évidence le message clé de la Convention : faire en sorte que tous les citoyens, en particulier les artistes, les professionnels de la culture et les créateurs, puissent créer, produire, diffuser et profiter de la diversité des biens et services culturels, y compris les leurs. Les discussions ont porté sur l’importance de la chaîne de valeur de la culture, l’établissement de partenariats et de réseaux et l’adoption d’une approche multisectorielle pour développer le secteur des industries de la création.

L’atelier a été dirigé par Dr Jenny Mbaye de la Banque d’expertise de l’UNESCO, qui a présenté les liens entre les industries culturelles, les politiques culturelles et l’économie de la culture. Des créateurs de mode, artistes, musiciens, auteurs et cinéastes érythréens ont partagé leurs expériences personnelles, leurs succès et les difficultés rencontrées dans différents secteurs créatifs. Dr Mbaye a présenté des courts métrages aux participants afin de promouvoir des exemples de succès africains dans le développement du secteur des industries culturelles et créatives, telles que le GoDown Arts Center au Kenya et le marché de Visa for Music au Maroc. Des exemples ont également été tirés du festival du film Fespaco au Burkina Faso et de la Biennale de l’art africain contemporain à Dakar, ainsi que d’un témoignage de Selly Raby Kane, un couturier sénégalais.

Nombre de participants ont souligné l’importance du renforcement des capacités, des réseaux et des liens pour le marketing, la production et la distribution.

« L’Érythrée est déjà signataire de trois conventions de l’UNESCO dans le domaine de la culture, notamment la Convention pour la protection des biens culturels en cas de conflit armé de 1954, la Convention de 1972 pour la protection du patrimoine mondial, culturel et naturel, et la Convention de 2003 pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel », a déclaré Mme Karalyn Monteil, spécialiste pour la culture au Bureau régional de l’UNESCO pour l’Afrique de l’Est. « En ratifiant la Convention de 2005 de l’UNESCO, l’Érythrée bénéficierait des orientations et ressources disponibles pour les Parties à la Convention de 2005, y compris d’un soutien technique provenant du programme de renforcement des capacités de la Convention et d’un soutien financier de la part du Fonds international pour la diversité culturelle (FIDC) », a-t-elle ajouté.