L'Ouganda mise sur l'économie créative à travers le développement de son industrie cinématographique

L’Ouganda s’est engagé à sensibiliser l’ensemble de son public à la manière dont les industries culturelles et créatives (ICC) peuvent contribuer au développement socioéconomique du pays. En Ouganda, les ICC opèrent dans un environnement informel et fragmenté, et l'industrie cinématographique n’en est pas une exception. Cela empêche les acteurs créatifs d'atteindre leur plein potentiel, et notamment celui des jeunes professionnels, étant donné qu'ils représentent le plus grand groupe de salariés du secteur cinématographique. C'est en reconnaissance de ces défis que le ministère ougandais du Genre, du Travail et du Développement social a décidé de renforcer le soutien gouvernemental aux ICC, à travers l'élaboration de nouveaux cadres réglementaires pour développer l'industrie cinématographique du pays, avec le soutien de l'UNESCO et de l'Union européenne (UE), en tant que bénéficiaire du projet Banque d’expertise UE/UNESCO sur la gouvernance de la culture dans les pays en développement.

Soutenir le développement et la professionnalisation du contenu local

Le 24 septembre 2020, le ministère du Genre, du Travail et du Développement social de l’Ouganda a lancé ce projet UNESCO financé par l’UE visant à développer le secteur cinématographique du pays. Ce projet est coordonné par Mme Juliana Naumo Akoryo, commissaire à la culture et aux affaires familiales au ministère du Genre, du Travail et du Développement social de l'Ouganda, et soutenu par deux experts : M. Polly Kamukama, un expert national du cinéma, et Mme Yoonhyung Jeon, membre sud-coréenne de la Banque d'expertise UE/UNESCO, spécialisée dans l'industrie cinématographique. Les décideurs, avec la contribution des experts, élaboreront une mesure visant à offrir des incitations fiscales au secteur du cinéma et à encourager la formation d’associations professionnelles du cinéma afin de soutenir le développement et la professionnalisation du contenu local. Cela aidera à faire face au coût élevé de la production cinématographique nationale ainsi qu'au manque de structures formelles, ce qui affecte la qualité des films produits et mène à l'exploitation des parties prenantes du secteur.

Contribuer au développement économique tout en garantissant la liberté d'expression

Lors du lancement du projet, le Secrétaire permanent du ministère du Genre, du Travail et du Développement social de l'Ouganda, M. James Ebitu, a souligné que le projet contribuera au développement de la culture en tant que moteur majeur du développement économique au cours des cinq prochaines années, comme indiqué dans le Plan de développement national et le Plan sectoriel de développement social pour 2020-2025. Cela se fera notamment en bâtissant une industrie cinématographique capable de s'attaquer au problème du chômage des jeunes en Ouganda et de mener le façonnement du contenu local et de l'identité nationale. Mme Rosie Agoi, Secrétaire générale de la Commission nationale ougandaise pour l'UNESCO, a précisé que le projet atteindra ses objectifs en incluant une multitude de parties prenantes, notamment des agences gouvernementales, des organisations de la société civile, des artistes praticiens, des créatifs et des cinéastes. Mme Anna Merrifield, Chargée d’Affaires a.i. de la Délégation de l'Union européenne en Ouganda a également souligné l'importance de garantir la liberté d'expression des artistes ougandais : « En tant qu'UE, nous soulignons l'importance de veiller à ce que toutes les lois, réglementations et politiques régissant le secteur soient conformes aux droits de l'homme et garantissent une forte liberté d'expression. […] La liberté d'expression et le développement des compétences dans l'industrie cinématographique sont également primordiaux pour étendre le marché du cinéma ougandais au-delà de ses frontières nationales ».

Promouvoir un dialogue national inclusif dans tout l'Ouganda

Une équipe nationale d'environ 30 membres a été formée pour aider le ministère du Genre, du Travail et du Développement social de l'Ouganda tout au long du projet, et agira en tant qu'organe de consultation rassemblant et partageant les points de vue et les besoins d'un large éventail de parties prenantes de l'industrie cinématographique, des praticiens du secteur à divers ministères. Avant la cérémonie officielle de lancement du projet, les membres de l'équipe nationale se sont réunis pour un atelier de deux jours les 22 et 23 septembre 2020 pour discuter du plan de travail du projet et des mesures proposées, et pour être consultés sur d'autres interventions possibles pour renforcer le secteur du cinéma. Le manque d’accès au financement, une infrastructure cinématographique sous-développée et un cadre de réglementation cinématographique inadéquat ont été notés comme les principaux défis qui affectent l’industrie cinématographique du pays. Il a donc été proposé de donner la priorité aux mesures relatives à la création d’un fonds national pour le cinéma, au subventionnement du système de distribution et d’exposition et à la création d’une agence unique pour la réglementation du cinéma. « Nous accueillons ce projet avec la plus grande gratitude car il semble aborder les principaux problèmes qui affectent actuellement notre industrie. J'espère que toutes les mesures suggérées tout au long de ces consultations seront envisagées et éventuellement mises en œuvre au profit de tous », a déclaré M. Stanley Nsamba, producteur de films. Les chefs de projet étendront également ces discussions au-delà de Kampala, la capitale de l'Ouganda, en organisant quatre réunions de consultation régionales avec les parties prenantes de l'industrie à Gulu, Mbale, Masaka et Kabale.

Avec l'Ouganda, ce projet UE/UNESCO soutient actuellement douze pays bénéficiaires, sélectionnés à travers le monde entier, dans la conception de nouveaux cadres réglementaires visant à renforcer leurs ICC nationales. Ses objectifs seront atteints grâce à la mise à disposition d'expertise et un soutien à l’apprentissage entre pairs, à travers lequel les fonctionnaires de différents pays travailleront ensemble pour créer des réseaux internationaux Sud-Sud pour la créativité.