L’UNESCO et le Festival international du film de Nara s’unissent pour soutenir les réalisatrices africaines

La Directrice générale Audrey Azoulay, a rencontré au Siège de l’UNESCO la réalisatrice japonaise de renommée internationale, Naomi Kawase, ainsi que le Président de la Fondation du Japon, Hiroyasu Ando, ​​afin de discuter du nouveau partenariat entre l’UNESCO et le Japon, visant à soutenir les jeunes professionnelles du cinéma en Afrique.

 

Le cinéma comme source de coopération

Le 27 novembre, la Directrice générale de l’UNESCO a rencontré la réalisatrice japonaise Naomi Kawase, également directrice et fondatrice du Festival international du film de Nara (NIFF), et le Président de la Fondation du Japon, Hiroyasu Ando. Ensemble, ils ont discuté d’une nouvelle initiative conjointe visant à promouvoir les femmes dans la créativité. « La mobilité, que ce soit pour le travail, la coproduction ou la participation à une résidence, fait désormais partie intégrante de la carrière normale des artistes et des professionnels de la culture. L’UNESCO et le Japon peuvent jouer un rôle décisif dans ce domaine », a déclaré Mme Kawase.

Conçu comme une résidence immersive de deux semaines au Japon pour 10 jeunes professionnelles du cinéma originaires d’Afrique, ce projet soutenu par le gouvernement japonais est le fruit des discussions tenues lors du panel Le cinéma africain au-delà des frontières – construire de nouveaux efforts de coopération, organisé le 29 août à Yokohama, au Japon, lors de la septième édition  de la Conférence internationale de Tokyo sur le développement de l’Afrique (TICAD).

« Il s’agit d’une nouvelle étape majeure dans les discussions entamées avec le Japon à la TICAD pour soutenir l’industrie du film en Afrique. Ce partenariat novateur entre l’UNESCO et le Festival international du film de Nara, avec le soutien généreux du gouvernement japonais, constitue un moyen réellement innovant de renforcer la mobilité, la visibilité et la solidarité. Nous pouvons donner naissance à de nouveaux réseaux dynamiques et créatifs au-delà des frontières », a déclaré Audrey Azoulay.

 

Le mentorat féminin au-delà des frontières

Un appel à candidatures lancé en décembre 2019 par l’UNESCO concernera des réalisatrices âgées de moins de 35 ans et provenant de cinq pays africains – le Burkina Faso, le Kenya, le Nigéria, le Sénégal et l’Afrique du Sud – désireuses de faire progresser leur carrière sur la scène internationale. Les dix artistes choisies, deux par pays, passeront deux semaines (du 30 mars au 12 avril 2020) dans le village de Tawara (préfecture de Nara), où Kawase a tourné La Forêt de Mogari, long métrage ayant reçu le Grand Prix du Festival de Cannes en 2007.

Un programme de mentorat féminin multigénérationnel est au cœur de ce programme de résidence. Du tournage au montage, les participantes collaboreront et échangeront, sous la direction de Naomi Kawase et de formateurs professionnels du Festival international du film de Nara. Elles travailleront également avec de jeunes étudiantes en cinéma du Japon. En réunissant ces artistes à différentes étapes de leur carrière, le programme vise à créer un réseau féminin de mentors professionnels, autour de rôle modèles, partageant des connaissances et une passion pour le cinéma dépassant les différences culturelles.

Les documentaires produits par les résidentes seront projetés lors de la prochaine édition du NIFF, en septembre 2020. Les opportunités de visibilité et de diffusion du Festival permettront de faciliter la carrière mondiale de ces artistes émergentes.

« Les résidences artistiques ont le pouvoir de transformer des vies, et Nara représente un environnement singulier et une source d’inspiration », a souligné Kawase. « Je suis honorée de jouer un rôle dans l’autonomisation de la prochaine génération de réalisatrices ».

Le Président de la Fondation du Japon, M. Ando, ​​a fait valoir son plein soutien au projet. « Nous pouvons contribuer à la création de liens durables entre artistes d’Afrique et du Japon, et ouvrir des opportunités de coproduction pour les professionnelles du cinéma en Afrique et au Japon. La Fondation est très heureuse de pouvoir soutenir cette initiative qui changera la donne ».

Cette résidence s’inscrit dans le cadre de diverses initiatives de l’UNESCO visant à développer la créativité dans le monde entier grâce à une meilleure gouvernance culturelle et des réseaux d’apprentissage entre pairs. Dans ce contexte, la Directrice générale a exprimé l’espoir que le Japon ratifie la Convention sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles (2005), donnant ainsi un signal un signal fort de son soutien à la coopération internationale pour le développement durable dans le domaine de la culture.

« L’Afrique regorge de talents. Il apparaît désormais nécessaire de structurer l’industrie et soutenir les échanges culturels qui permettent aux femmes artistes d’accéder à de nouveaux marchés, d’accroître et d’élargir leur public. J’espère vivement que cette résidence pour le cinéma se poursuivra à plus long terme », a conclu Audrey Azoulay.

L’appel à candidatures sera lancé en décembre 2019.