L'UNESCO renforce son soutien pour l'amélioration du statut de l'artiste

À l'occasion de la Journée mondiale de l'art, l'UNESCO annonce une action concrète en faveur des artistes et des professionnels de la culture dans le monde via le programme UNESCO-Aschberg. Plus de 600 000 dollars des Etats-Unis seront alloués aux États membres suivants pour améliorer le statut de l'artiste et promouvoir la liberté artistique : Cabo Verde, Costa Rica, Gambie, Indonésie, Madagascar, Mozambique, Palestine, Pérou, Roumanie, Seychelles, Tunisie et Ouganda. Ce financement soutiendra le renforcement de la législation et des politiques nationales, le renforcement des capacités ainsi que l'avancement du plaidoyer en matière de liberté artistique et de suivi des droits sociaux et économiques des artistes. 

L'UNESCO a reçu 108 propositions de projets suite à un appel lancé en septembre 2021. Les projets ont été évalués par des experts indépendants, la priorité étant donnée à l'Afrique et aux petits États insulaires en développement, ainsi qu'aux projets axés sur la jeunesse et l'égalité des genres. 

Le métier artistique est un travail formel très aléatoire sur le pays malgache. Bon nombre d’artistes en vogue se retrouve en faillite à la fin de leur carrière [tandis que] de jeunes talents malgaches [émergents] dans le secteur créatif […] n’ont pas acquis une notion dans la gestion […] d’une entreprise culturelle […]. Le statut des artistes permettra aux entrepreneurs culturels de mieux gérer leur carrière et de bénéficier des privilèges associés à l’instauration de l’offre spéciale sur la couverture sociale dédié à leur égard ».

Andrianintsoa Faly Ratovonirina, directeur des arts et de la promotion artistique au ministère de la Communication et de la Culture de Madagascar.

 

Le programme UNESCO-Aschberg fournira une assistance technique pour accompagner le ministère de la Communication et de la Culture de Madagascar à adapter et réviser sa loi sur le statut de l'artiste aux besoins actuels. 

Depuis 2021, l'UNESCO soutient des projets pilotes au Pérou et en Namibie avec des résultats tangibles. Le ministère de la Culture du Pérou a révisé une loi sur le statut de l'artiste, visant à renforcer la protection sociale des artistes et à encourager la formalisation du travail artistique et culturel, tandis qu'en Namibie, des travaux sont en cours pour renforcer les capacités du gouvernement et de la société civile à rendre compte, surveiller et collecter des données sur la liberté artistique dans le pays.

Cette nouvelle assistance visant à améliorer le statut de l'artiste et à promouvoir la liberté artistique intervient alors que le monde se prépare à mieux se reconstruire après la pandémie de COVID-19.

La crise sanitaire a mis en évidence la vulnérabilité des artistes et la précarité de leur statut. Plus que jamais, la promotion des droits économiques, sociaux et culturels des artistes est fondamentale. La fiscalité, la couverture sociale, le chômage, la retraite, les droits d'auteur, la mobilité et bien d'autres filets de sécurité nécessitent des lois et des politiques publiques adaptées pour préserver la diversité des expressions culturelles

Ernesto Ottone R., Sous-Directeur général pour la culture de l'UNESCO.

 

Comme le souligne le Rapport mondial 2022 de l'UNESCO Re | penser les politiques en faveur de la créativité, la pandémie a mis à nu la vulnérabilité préexistante du secteur. Les industries culturelles et créatives, dont on estime qu'elles représentent 3,1 % du PIB mondial et 6,2 % de l'ensemble des emplois, ont été parmi les plus durement touchées par la pandémie, avec plus de 10 millions d'emplois perdus rien qu'en 2020, laissant de nombreux artistes et professionnels de la culture sans revenus et obligeant les institutions culturelles à fermer leurs portes, parfois définitivement. 

L'investissement public dans la culture est en baisse, et les professions créatives restent instables et sous-réglementées. Les disparités entre pays développés et pays en développement restent importantes, les pays développés étant en tête du commerce des biens et services culturels, représentant 95 % des exportations totales de services culturels. Pourtant, la pandémie a également révélé le pouvoir des arts et de la culture comme source de réconfort et de résilience, attesté par une consommation accrue d'art et de culture, notamment numérique.

À l'occasion de la Journée mondiale de l'art, l'UNESCO renouvelle son engagement envers les artistes et les professionnels de la culture qui sont le fondement des arts et de la culture. « En raison de la vulnérabilité de la culture aux phénomènes internationaux et du rôle indispensable qu’elle joue dans le développement de nos sociétés de par ses bénéfices économiques, sociaux et environnementaux, c’est un bien public mondial qui doit être pleinement protégé et promu pour le bien de l’humanité entière. » (UNESCO, 2022).

Le programme UNESCO-Aschberg est actuellement soutenu par la généreuse contribution volontaire du Royaume de Norvège.

La Norvège défend le droit d'exprimer des opinions et des idées à travers les arts et soutient la coopération entre les organisations internationales et locales qui œuvrent à la promotion de la liberté d'expression artistique et des droits culturels

Mme Wera Helstrøm, Conseillère principale au ministère norvégien des Affaires étrangères.

 

 

Pour en savoir plus sur le programme UNESCO-Aschberg.

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