Namibie/Zimbabwe: apprentissage entre pairs sur les contenus locaux

Le 24 septembre, des responsables politiques et autres acteurs majeurs de la culture du Zimbabwe et de la Namibie se sont réunis pour partager leur expérience sur la conception de mesures visant à soutenir la production de contenus locaux et à réviser la législation sur le droit d'auteur. 

Les participants de Namibie comprenaient Mme M'kariko Amagulu, directrice adjointe au ministère de l'éducation, des arts et de la culture, Salmi Shigwedha, consultante en communication à l'IPLC, et M. Nashi-longweshipwe Mushaandja, expert national en Namibie.  Pour le Zimbabwe, les participants comptaient Dr B. Samwanda, directeur des arts, de la promotion et du développement de la culture au MoYSAR, M. Farai Mapfunya, expert national de l'UNESCO au Zimbabwe.

La Namibie et le Zimbabwe font partie des douze pays bénéficiant du programme d'assistance technique UE/UNESCO intitulé " Appui aux nouveaux cadres réglementaires visant à renforcer les industries culturelles et créatives et la promotion de la coopération Sud-Sud

". Ce programme repose sur l'idée que l'apprentissage par les pairs peut contribuer de manière significative au processus d'élaboration des politiques. En Namibie, le projet financé par l'UE se concentre sur le soutien à la production de contenu local et à la protection des droits d'auteur. L'échange entre pairs a permis aux principales parties prenantes de Namibie de tirer des enseignements de l'expérience du Zimbabwe, qui a révisé sa politique en matière de programmation de contenu local. 

Le Zimbabwe a adopté une politique d'action positive en 2016, exigeant que 75 % de la diffusion soit réservée au contenu local. Cette politique prévoit des dispositions pour augmenter la diffusion de productions locales et s'ouvrir à davantage d'acteurs dans les services de radiodiffusion du pays. Ces mesures contribuent à l'autonomisation des artistes locaux, au renforcement de leur créativité et à sensibiliser à la culture et au patrimoine national du Zimbabwe. Un résultat direct de cette politique a été l'émergence et le renforcement de nouveaux genres musicaux tels que l'Urban Groove, le Kwaito et le Zim Dance Hall. 

Les sujets abordés au cours de l'échange entre pairs traitaient notamment de l'importance de définir ce que représente la créativité pour la culture, d'impliquer et d'obtenir l'adhésion des principales parties prenantes et de garantir une volonté politique. 

L'une des principales recommandations de la délégation zimbabwéenne était d'assurer une base idéologique pour donner la priorité à la production de contenu local. Il a été souligné que la réglementation ne devait pas se limiter à la mise en place d'un système de quotas de contenu local ou à l'adaptation aux avancées technologiques. Le Zimbabwe a encouragé la Namibie à ne pas s’abstenir d’avancer dans la formulation des politiques, malgré les difficultés techniques. Si les difficultés techniques influent sur la qualité, elles ne doivent pas entraver le développement du contenu local. L'industrie nigériane de Nollywood est la preuve que si une industrie cinématographique émergente peut être confrontée à des difficultés techniques, elle peut néanmoins réussir à intéresser les spectateurs de tout un continent. Plus important encore, il faut une place pour d'autres normes de qualité que celles fixées, par exemple, par Hollywood.

Les limites que présente la politique du Zimbabwe ont été discutées également, notamment le fait que la politique des 75% de contenu local ne se traduit pas toujours par un succès financier pour les artistes diffusés. À ce titre, les homologues zimbabwéens ont noté l'importance de la mise en place d'une mesure et d'une loi sur les droits d'auteur, qui permettrait une réelle création de contenu et l'application du paiement des redevances. 

La Namibie prévoit de poursuivre l'apprentissage entre pairs avec le Malawi et le Ghana.