Re-penser les industries créatives au Zimbabwe

Artistes, musiciens, danseurs, producteurs de pièces de théâtre et responsables des politiques culturelles se sont récemment réunis lors d'un évènement public visant à faire le point sur les progrès des industries créatives au Zimbabwe et à étudier de nouvelles manières de renforcer les capacités des professionnels de la création.

Quarante-cinq d'entre eux ont été rejoints par des représentants du Conseil national des arts du Zimbabwe, du ministère du Développement rural, de la Préservation et de la Promotion de la Culture et du Patrimoine et de la société civile pour examiner le premier Rapport périodique quadriennal du Zimbabwe, au cours d’une réunion tenue au Cresta Lodge de Harare, le 23 juin dernier.

La rédaction de ce rapport est un exercice obligatoire pour les pays ayant ratifié la Convention de 2005 de l'UNESCO sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles. Le but est d’évaluer les politiques et mesures adoptées dans les pays pour mettre en œuvre la Convention de 2005, d'identifier les difficultés, d’évaluer les grandes tendances et de partager des expériences en matière d'élaboration de politiques culturelles.

Comme souligné par le Révérend Damasani, Directeur principal du service Culture et Patrimoine du Ministère du Développement rural, de la Préservation et de la Promotion de la Culture et du Patrimoine, cette réunion a permis à tous les acteurs majeurs de consolider leurs réseaux, de créer des synergies et de proposer des solutions pour résoudre les difficultés qui entravent l'épanouissement des industries créatives. Il a également noté le rôle important de la Convention de 2005 en faveur du développement durable au Zimbabwe, par le biais de moyens économiques et sociaux.

Le pays prépare déjà l'avenir de ses industries créatives en adoptant des mesures telles que la généralisation de l'éducation et de la formation artistiques et culturelles dans le système éducatif formel, à tous les niveaux. Et les artistes insistent pour que leur métier soit davantage soutenu et reconnu.

« Nous avons bien dialogué avec le gouvernement et nous avons pu promouvoir et mettre en avant le statut des artistes au Zimbabwe, qui ont besoin d'être soutenus et d'accéder aux marchés internationaux pour participer au développement à long terme du pays », a expliqué Josh Nyapimbi, Directeur exécutif de Nhimbe, une ONG de promotion des activités artistiques basée à Bulawayo, la deuxième ville du Zimbabwe.

Les industries créatives rapportent chaque année environ 100 millions d'USD au PIB du pays et emploient 5,4 millions de personnes, selon une étude produite par le Fonds culturel du Zimbabwe en 2009.

Le pays accueille également 47 festivals artistiques et culturels – tous créés après la ratification de la Convention de 2005 – et les professionnels de la création continuent de renouveler leurs efforts renforcer leur représentation et la portée des projets culturels.

Josh Nyapimbi a indiqué que le rapport périodique sur la Convention de 2005 avait fourni une plateforme de discussion unique entre le gouvernement et la société civile sur les moyens de garantir une meilleure représentation des femmes dans le processus d'élaboration des politiques culturelles. La session a été dirigée par Stephen Chifunyise et Ayeta Wangusa, membres de la Banque d'experts internationaux de l'UNESCO sur la Convention de 2005, et la formation a pu être réalisée grâce au soutien financier de l’Agence suédoise de coopération internationale pour le développement (ASDI), dans le cadre de son projet : « Renforcer les libertés fondamentales à travers la promotion de la diversité des expressions culturelles »

Par le passé, l'UNESCO a également soutenu le Nhimbe Trust, ZimCopy, le Fonds culturel du Zimbabwe et l'Amagugu Heritage Trust par le biais du Fonds international pour la diversité culturelle (FIDC). Ces organisations ont ainsi pu organiser trois ateliers visant à former les directeurs de festivals et les dirigeants d'associations artistiques, mais aussi soutenir le Colloque sur les politiques et stratégies culturelles à l'intention des autorités locales. Cette formation a donné lieu à l'élaboration du Plan d'action national pour les arts et la culture.

Le Rapport périodique quadriennal remis par le Zimbabwe sera examiné par le Comité intergouvernemental pour la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles (13-15 décembre 2016) et sera publié sur le site Internet de la Convention de 2005.

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