Les statistiques culturelles au service du développement durable au Zimbabwe

Le Zimbabwe est prêt à se lancer dans la collecte de statistiques culturelles. Un atelier organisé par le Bureau régional de l'UNESCO pour l'Afrique australe a rassemblé des participants du gouvernement, de la société civile, des ambassades bilatérales et des agences des Nations Unies pour explorer les meilleures méthodes pour recueillir des données afin de mieux mesurer l'impact de la culture.

Lors du Forum du 21 mars 2017, une initiative majeure pour développer et consolider les statistiques culturelles au Zimbabwe a été lancée avec des parties prenantes s'engageant à soutenir le processus de collecte des statistiques culturelles dans le pays en utilisant les Indicateurs UNESCO de la culture pour le développement. Il a appelé à la création de partenariats stratégiques pour le développement durable à travers la culture au Zimbabwe

Un atelier a suivi le forum pour examiner l’annexe statistique du Rapport périodique quadriennal soumis en 2016 dans le cadre du suivi par le pays des progrès accomplis dans la mise en œuvre de la Convention de 2005 pour la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles ratifiée par le Zimbabwe en 2008. L'annexe fournit des informations statistiques sur les dépenses du gouvernement en matière de culture, les exportations / importations de biens culturels, la contribution de la culture au PIB et un bilan national des industries du livre, de la musique, des médias, les questions de connectivité, d’accès et de participation culturelle.

L'expert international de la Banque d'expertise de la Convention de 2005, Alfonso Castellanos, et le conseiller culturel régional de l'UNESCO pour l'Afrique australe, Damir Dijakovic, ont présenté des exemples de la région et ont guidé les discussions sur la meilleure façon de rassembler des données statistiques au Zimbabwe.

Les discussions ont porté sur la promotion d'un programme pluriannuel pour le développement d'un cadre national de statistiques culturelles qui servira de base aux politiques, à la planification stratégique et au suivi et à l'évaluation des projets culturels.

Changer “les régles du jeu”

Les intervenants qui ont participé à l'atelier ont souligné que la collecte de statistiques culturelles signifierait un changement dans la façon dont les gens perçoivent la contribution de la culture au développement.

«L'atelier a permis au gouvernement, à la société civile et aux organismes para-étatiques en charge de la culture de partager des positions communes et une vision future sur la façon d'améliorer la mise en œuvre, le suivi et l'évaluation de la Convention de 2005» a déclaré Josh Nyapimbi de Nhimbe Trust, une organisation de la société civile.

Biggie Samwanda, Directeur de la Culture au Ministère du Développement Rural, de la Promotion et de la Préservation de la Culture et du Patrimoine National, a réaffirmé l'engagement du gouvernement à prendre au sérieux la collecte de statistiques culturelles, car « elles nous aident à comprendre comment le secteur culturel contribue au développement et à élaborer des politiques fondées sur des données probantes ».

Cet événement s'inscrivait dans le cadre d'une série de consultations et d'ateliers visant à asseoir la position du secteur culturel comme pilier essentiel pour atteindre les objectifs de la Stratégie 2016-2020 du Zimbabwe pour le développement durable.

Avec l'aide du gouvernement suédois, grâce à un programme de l'UNESCO intitulé «Renforcer les libertés fondamentales à travers la promotion de la diversité des expressions culturelles», le Zimbabwe a renforcé le dialogue politique inclusif entre le gouvernement et la société civile. La collecte initiale de statistiques culturelles au Zimbabwe a également été soutenue par le Fonds international pour la diversité culturelle de la Convention de 2005.

La contribution de la culture est essentielle à la réalisation de l'Agenda 2030 pour le développement durable par l'ONU adopté en septembre 2015. Le secteur de la culture peut servir d'outil stratégique pour la croissance économique inclusive, l'inclusion sociale et la lutte contre la pauvreté.