Suivre les évolutions de la scène créative cubaine par le biais de la Convention de 2005

Le monde de la musique et de la production audiovisuelle à Cuba commence à s'ouvrir : les concerts sont de plus en plus nombreux et la production de documentaires et de films progresse. Les professionnels de la création doivent donc trouver de nouveaux moyens de promouvoir et de renforcer leur travail.

Grâce à des évènements tels que Habanarte de la Biennale de La Havane, qui mettait à l'honneur les œuvres innovantes et expérimentales d'artistes locaux, Cuba reconnaît l'importance de ses industries culturelles et assure au public un meilleur accès aux biens et services culturels (films, musique, art, théâtre, etc.)

En 2015, la biennale de La Havane comportait des spectacles de danse, des projections de films et des évènements littéraires organisés sur les places, dans les parcs et dans les espaces urbains, mais aussi dans des lieux plus habituels, tels que le Centre d'art contemporain Wifredo Lam. La biennale du design qui se déroulera dans la capitale en avril va également donner aux nouveaux talents de ce domaine l'occasion de présenter leurs créations à différents publics. 

En tant que Partie à la Convention de 2005 sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles, qui appelle les pays à mettre en place des politiques qui soutiennent la créativité et les industries culturelles et créatives en particulier, Cuba cherche désormais à développer ses politiques culturelles pour qu'elles suivent le rythme des évolutions économiques et sociales en cours dans le pays. C'est dans ce contexte que le Bureau de l'UNESCO à La Havane et les autorités cubaines ont organisé, du 9 au 12 février 2016, un atelier dont l'objectif était d'évaluer les résultats obtenus et les difficultés rencontrées, et de préparer le rapport périodique quadriennal de Cuba sur la mise en œuvre de la Convention.

Ce dernier atelier en date, organisé avec le soutien de l'Agence suédoise de coopération internationale pour le développement (ASDI) dans le cadre du projet « Renforcer les libertés fondamentales à travers la promotion de la diversité des expressions culturelles », a été animé par deux experts internationaux de l'UNESCO, Octavio Kulesz et Alfonso Castellanos Ribot, et fait suite à une consultation multisectorielle qui a rassemblé des agences gouvernementales et des organisations de la société civile à La Havane entre le 1er et le 4 décembre 2015.

Pour accompagner ces changements, une équipe nationale a été créée, composée de représentants des ministères de la Culture, de l'Institut national de statistique et de la société civile qui portent la parole des artistes, des musiciens, des cinéastes et des producteurs. L'équipe nationale, réunie pour l'atelier, a pu aborder les nouvelles politiques et mesures permettant de favoriser l'accès à la culture, la créativité, les industries culturelles et la collecte de données.

« Notre participation à ce projet nous donne les moyens de renforcer la collaboration stratégique entre la société civile et l'État », déclare Lisver Santiesteban, Secrétaire exécutive de Fundación del Nuevo Cine Latinoamericano, ONG de soutien au cinéma et aux industries audiovisuelles en Amérique latine.

L'équipe a identifié les politiques à mentionner dans le rapport périodique, notamment la politique fiscale appliquée aux artistes, ou encore le financement de projets artistiques, la commercialisation des produits culturels en ligne et la politique d'accès à l'éducation artistique par le biais de la décentralisation.

L’équipe de rédaction a aussi pu évoquer les défis à relever, comme par exemple la gestion du problème des bas salaires des professionnels de la création, la rénovation des anciennes infrastructures et l'amélioration de la réglementation permettant au secteur privé d'être plus impliqué.

L'une des participantes à l'atelier, Naylet Montes, d'ARTEX – une organisation dépendant du ministère cubain de la Culture – a mis en avant la variété des activités menées par ARTEX pour favoriser le commerce des biens et services culturels cubains à l'étranger. Elle a souligné l'importance de promouvoir la vente de musiques et de publications cubaines sur la scène internationale, peu importe la difficulté de la tâche.

« Les ateliers portant sur la Convention de 2005 ont un impact très positif sur le travail du ministère de la Culture. En avril, le vice-ministre a convoqué les représentants de tous les secteurs au ministère pour une conférence d'une journée sur le sujet. C'est pour les experts de la culture une plateforme intéressante leur permettant d'approfondir leurs connaissances sur la Convention, qui leur serviront lors des débats visant à élaborer les politiques culturelles et à les rendre plus compatibles avec les changements qui s'opèrent actuellement dans le domaine des industries créatives à Cuba », affirme Leire Fernández, consultante internationale pour le Bureau de l'UNESCO à la Havane.


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Lire l'article du Bureau de l'UNESCO à La Havane