Vers une nouvelle vision de la politique culturelle éthiopienne

 

Plus de 250 professionnels de la culture se sont réunis à Addis-Abeba le 30 avril 2019 pour assister à une réunion de consultation publique organisée conjointement par l’UNESCO et le ministère de la Culture et du Tourisme éthiopien afin de discuter de l’avenir de la politique culturelle du pays et des mesures à prendre pour mettre en œuvre sa politique cinématographique récemment adoptée.

La réunion a été ouverte conjointement par S.E. Mme Bizunesh Meseret, Ministre d’État éthiopienne pour la culture, S.E. M. Torbjörn Petterson, Ambassadeur de Suède en Éthiopie et Mme Ana Elisa Santana Afonso, Directrice du Bureau de l’UNESCO à Addis-Abeba.

« Ces dernières années, la culture a été reconnue comme un atout national, une industrie, un art, une source de divertissement et d’affaires, un média et un enjeu gouvernemental », a déclaré la ministre Meseret. «Cependant, nous avons besoin d’institutions fortes pouvant soutenir le secteur. Des investissements importants restent à faire », a-t-elle ajouté.

Des professionnels de divers secteurs créatifs – cinéma, danse, musique, livres, arts visuels et arts de la scène – étaient présents à la consultation. Dans le cadre d’une journée de consultation, les participants ont conclu que certains besoins urgents étaient communs à toutes les disciplines artistiques : besoins en conseils et fonds pour l’art, soutien aux organisations de la société civile, institutions de formation et d’enseignement professionnels ainsi qu’en réglementations transparentes pour la gestion des droits d’auteur. Les associations professionnelles de producteurs de films et de cinéastes ont appelé à la mise en œuvre transparente d’un cadre juridique destiné à soutenir la chaîne de valeur du secteur, de la production à la diffusion et à l’accès (lire l’entretien avec Henok Mebratu).

« Le contexte politique en Éthiopie permet de nouvelles possibilités d’action. Nous sommes ici aujourd’hui pour rétablir des liens entre toutes les parties prenantes, combler les lacunes politiques existantes et adopter des politiques et des mesures pouvant soutenir efficacement la créativité et les libertés fondamentales, notamment l’égalité des genres et la liberté artistique », a souligné la Directrice du Bureau de l’UNESCO à Addis.

Yisma Tsige, Directeur du développement des industries culturelles, a expliqué que les facilités de prêt, les avantages fiscaux, l’accès aux services de crédit et la suppression des procédures de double imposition pour les artistes faisaient partie des priorités à examiner avec le ministère des Finances et la Commission éthiopienne des investissements. « La mise en œuvre de la politique cinématographique adoptée en novembre 2017 est l’une de nos priorités. La préparation du futur rapport périodique quadriennal sur la mise en œuvre de la Convention de 2005 de l’UNESCO sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles, prévu pour avril 2020, continuera de servir de forum national pour l’échange d’idées et d’informations en vue de promouvoir la créativité et les libertés fondamentales à travers l’Éthiopie », a-t-il souligné.

« Cette réunion est une nouvelle occasion de travailler plus étroitement avec les artistes créateurs et les professionnels de la culture qui se sont rassemblés et établissent de nouveaux agendas culturels innovants dans le pays. Il s’agit donc aussi d’une occasion pour créer des espaces sûrs pour un dialogue et une coopération continus », a salué l’Ambassadeur de Suède, S.E. M. Torbjörn Petterson.

La consultation se tenait à l’Autorité pour la recherche et la conservation du patrimoine culturel (ARCHH) dans le cadre du projet « Repenser les politiques culturelles pour la promotion des libertés fondamentales et la diversité des expressions culturelles » (2018-2021), financé par le gouvernement de Suède. Dans le cadre de ce projet, l’UNESCO soutient 16 pays partenaires dans le renforcement de l’élaboration transparente et participative de politiques pour les secteurs créatifs. Le projet permet de mettre en œuvre les engagements pris dans le cadre de la Convention de 2005, qui promeut les droits humains et les libertés fondamentales, notamment l’égalité des genres et la liberté artistique.

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