Statistiques basiques et Plan sectoriel de l'éducation du Gabon

Nom du projet :

Appui à la production des statistiques de l’éducation et à l’élaboration du Plan Sectoriel de l’Education du Gabon

Budget :

500K$ - 1M$

Durée du projet :

01-01-2019

Lieu :

Libreville, Gabon

LES DEFIS

L’accès au système éducatif au Gabon

Le taux net de scolarisation pour le primaire (6-10 ans) était de 88,3% en 2013 pour l’ensemble du Gabon tandis qu’au secondaire, le taux de scolarisation sur le plan national était de 54,5% à 58,2% dans les zones urbaines. Par ailleurs, l’accès au système préscolaire est très limité en raison de l’insuffisance des places disponibles, essentiellement dans le privé où le coût d’accès est très élevé.

 

En ce qui concerne l’enseignement supérieur, le nombre d’élèves et d’étudiants boursiers au Gabon est passé de 15 825 en 2009 à 30 330 en fin d’année 2015. Durant la même période, le montant des bourses allouées aux élèves et étudiants est quant à lui passé de 38 milliards de FCFA à 59 milliards de FCFA, soit une augmentation de 68%.

Qualité de l’éducation 

Les insuffisances sont nombreuses : la non employabilité des sortants, l’insuffisance de moyens dont les infrastructures, les équipements, les encadreurs mais aussi des enseignants dont le déficit s’élevait en 2010 au secondaire à 9200, le matériel pédagogique obsolète une indisponibilité de données statistiques fiables et une faible présence des TIC dans le dispositif de management de l’éducation.  

 

Education inclusive

 Le système est marqué par les rejets scolaires conséquence du fort taux de redoublement (30%) et d’abandon au primaire (34,62%). De même au supérieur, les étudiants du premier cycle représentent 67% des effectifs tandis que ceux de second cycle seulement 25%. Par ailleurs, on note le coût élevé des établissements privés qui les rend inaccessibles au plus grand nombre : jusqu’à 250 000FCFA par mois lorsque le salaire minimal est de 150 000 FCFA.

 

Les disparités de genre apparaissent à la fin du premier cycle et s’accentuent progressivement aux différentes étapes suivantes du parcours scolaire ; c’est ainsi que la probabilité d’accéder au supérieur est 2 fois plus élevée pour les garçons (17 %) que pour les filles (9 %).

La prise en charge de l’enfant handicapé est insignifiante du préprimaire au supérieur, seulement deux écoles publiques adaptées existent et elles sont situées à Libreville.

 

Apprentissage tout au long de la vie

Le niveau d’analphabétisation des jeunes de 15-24 ans au Gabon est de 14.6%, il se révèle plus élevé que la moyenne africaine pour cette tranche d’âge et pour l’ensemble des pays en développement. De même, 38% des chômeurs au Gabon sont jeunes et 27% parmi eux sont sans formation.

Le déficit dans le secteur de la formation professionnelle initiale ou continue dans des filières telles que celle du bois, des mines et l’industrie manufacturière limite fortement l’adéquation efficace de la formation et l’emploi des jeunes et des adultes sur le marché du travail.

Dans l’enseignement supérieur, la surreprésentation des assistants (64%) traduit une stagnation des carrières mais aussi l'impossibilité d'assurer un renouvellement satisfaisant des compétences de haut niveau (Professeurs et Maître de conférence).

 

Environnement scolaire

Il est marqué par la violence et les grossesses précoces : deux adolescents sont décédés de suite d’attaque à l’arme blanche par leur congénère en l’espace de deux jours (et 81 % d’élèves-mères ont eu leur première grossesse avant l’âge de 20 ans et parmi les auteurs figurent les enseignants. 

 

La faible représentativité des séries scientifiques est manifeste au secondaire (13,05% des candidats au Bac 2016), il en est de même au supérieur où les étudiants scientifiques   en 4ème année ne représentent que 12% des inscrits. De plus en 1ère année d’université, les formations technologiques courtes ne rassemblaient que 8,7% des effectifs.

 

La recherche affiche certes une vingtaine de laboratoires cependant les équipes sont de tailles réduites, sans projet global véritablement mobilisateur et dépourvues des moyens nécessaires à une recherche de qualité. D'autre part, elle n'est ni pilotée ni évaluée et les résultats de ces études ne sont pas référencés et accessibles au public.

LES STATISTIQUES EN EDUCATION

Production des statistiques

Le déficit criard de statistiques en éducation est marqué par l’absence de carte scolaire récente, la dernière carte scolaire date de l’année académique 2006/2007. Lors des Etats généraux de l’éducation de 2010, les recommandations ont été générées sur la base des données statistiques incomplètes provenant de l’annuaire statistique de 2008 de la Direction Générale des Statistiques du Ministère de l’Economie. Ce déficit des statistiques affecte tous les sous-secteurs de l’éducation en l’occurrence le préscolaire, le pré-primaire, l’enseignement primaire et secondaire, l’enseignement technique et professionnel, la formation professionnelle, l’enseignement supérieur, l’alphabétisation, la formation des adultes et l’éducation populaire.

 

L’investissement dans le système éducatif doit faire l’objet de devis aussi exacts que possible afin de permettre aux autorités de prendre des décisions idoines. Ces prévisions de dépense ne seront justes que dans la mesure où l’on aura recueilli des données suffisamment abondantes et exactes et où ces données auront été analysées. L’actualisation des données basiques en éducation devient donc une exigence.

 

Financement du secteur de l’éducation

Le rapport de l’atelier sur le financement de l’éducation au Gabon d’octobre 2015 met en évidence la situation de sous-financement du secteur de l’éducation : la part du budget de l’Etat accordée au secteur de l’éducation varie entre 8% et 10% sur la période 2010-2014 ; cette performance se situe en deçà de la cible 15-20% recommandée par la Communauté Internationale dans le plan d’action d’Addis-Abeba. Les dépenses publiques d'éducation se répartissent ainsi : 4% à l’enseignement pré-primaire, 29% au primaire, 19% au premier cycle du secondaire, 9% au second cycle du secondaire, 38% au supérieur et seulement 1,73% pour le secteur de la formation professionnelle. La réalité veut que la part du budget du supérieur se répartisse en personnel pour 14.6%, biens et services pour 26.33%, transferts et interventions pour 1.5%, bourses pour 52.3% et 5.2% seulement pour l’investissement.  

LE PLAN SECTORIEL DE L’EDUCATION

Contexte

Lors du Forum mondial sur l’éducation, qui s’est tenu à Dakar, en 2000, la communauté internationale a proclamé que « aucun pays disposant d’un plan crédible pour atteindre les objectifs de l’Éducation pour tous ne verrait ses efforts contrariés par un manque de ressources ». Depuis, l’élaboration d’un plan sectoriel d’éducation (PSE) est devenue une priorité dans de nombreux pays ; c’est aujourd’hui un instrument indispensable aux gouvernements pour faire savoir à tous les investisseurs potentiels que leurs politiques éducatives sont crédibles, viables, et dignes d’investissements.

L’élaboration d’un PSE permet d’avoir en premier lieu la situation réelle de tous les sous-secteurs de l’éducation : le préscolaire, le pré-primaire, l’enseignement primaire et secondaire, l’enseignement technique et professionnel, la formation professionnelle, l’enseignement supérieur, l’alphabétisation, la formation des adultes et l’éducation populaire. Ce diagnostic permet l’élaboration de programmes d’actions en faveur de tous les aspects de l’éducation dont les infrastructures, la formation et le recrutement des enseignants ainsi que du personnel d’encadrement, l’environnement scolaire, les apprentissages....

 

Engagement du Gabon

En matière d’éducation, le Gabon s’est engagé, à travers la « Déclaration d’Incheon » et en signant la déclaration de Paris issue de la COP21, à mettre en œuvre des activités relatives à la feuille de route pour l’atteinte de l’Objectif de Développement Durable 4 (ODD 4) et dans la mise en œuvre de l’agenda 2063 de l’Union Africaine. L’élaboration du PSE aboutira à l’élaboration des politiques et des stratégies visant à réformer le système éducatif du pays, le gouvernement disposera ainsi d’un formidable outil d’aide à la décision, de coordination des partenaires et de mobilisation de ressources supplémentaires pour l’éducation.

 

Le rôle de l’UNESCO

Dans la Déclaration d’Incheon, la communauté internationale a confié à l’UNESCO, en sa qualité d’institution spécialisée des Nations Unies pour l’éducation et en vertu de son mandat,   le rôle de conduire et coordonner l’agenda l’Éducation 2030 par le biais du Cadre d’Action Education 2030, notamment en plaidant pour la poursuite de l’engagement politique, en facilitant le dialogue sur les politiques et en faisant office de point focal pour l’éducation au sein de l’architecture globale de coordination des Objectifs de développement durable (ODD).

L’UNESCO a aussi une expertise dans la collecte, l’analyse et l’utilisation des données à travers notamment son Institut de Statistiques (l’ISU) et en développement pour la planification, la formulation des politiques et programmes en matière d’éducation à travers l’IIPE. Cette expertise est doublée d’une expérience avérée dans le processus d’élaboration et de mise en œuvre des Plans sectoriels éducation (Cameroun, Congo, Tchad…). L’Unesco est aussi dotée d’un réseau d’instituts et de partenaires aptes à soutenir la mise en œuvre de programmes en éducation. 

LIENS AVEC L’AGENDA 2030

L’élaboration du PSE est une exigence du Cadre d’Action éducation 2030, en ce sens, le projet reflète la volonté de faire aboutir l’ODD 4 « Assurer l’accès de tous à une éducation de qualité, sur un pied d’égalité, et promouvoir les possibilités d’apprentissage tout au long de la vie » et ce par l’action sur toutes les cibles de ce ODD : l’accès à l’éducation, l’éducation de qualité, l’éducation inclusive, l’apprentissage tout au long de la vie, l’enseignement et la formation technique et professionnelle, l’enseignement supérieur, le financement du secteur de l’éducation…

De plus, l’éducation n’est pas seulement une fin en soi, mais aussi le moyen de faire progresser tous les objectifs du développement proposés pour l’après 2015 (Rapport du Groupe de travail ouvert sur les objectifs de développement durable publié en juillet 2014).