Une "Grande muraille verte" contre la désertification

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© AL CAHEN/SIPA

À mesure que le Sahel s’assèche, les villages sont désertés et l’écosystème menacé. Afin de lutter contre la désertification qui frappe le Sahel et ses conséquences sur la population locale, 11 pays d'Afrique (Burkina Faso, Djibouti, Érythrée, Éthiopie, Mali, Mauritanie, Niger, Nigéria, Sénégal, Soudan et Tchad) se sont rassemblés en 2004 pour prendre en main ce défi écologique majeur avec la « Grande Muraille Verte ». Cette ceinture végétale multi-espèces a pour ambition de traverser le continent africain de Dakar à Djibouti, soit plus de 7 000 km de long sur 15 km de large. Plusieurs espèces endogènes comme le dattier du désert (Balanites aegyptiaca L. Delile), les acacias (Acacia senegal, Acacia seyal) ou encore le jujubier (Ziziphus mauritiana), ont été sélectionnées pour leur adaptation au climat semi-aride et viennent peupler la Grande Muraille Verte. Ces espèces permettent de reconstituer un couvert végétal et d’offrir une source durable d’alimentation et de revenus pour les populations locales.

Les cultures reprennent ainsi dans les villages et les communautés locales sont désormais formées pour entretenir leurs terres. En parallèle de la construction de la « Grande Muraille Verte », plusieurs actions éducatives ont été mises en place.

À l’école, les enfants prennent conscience de l’importance de l’environnement et de sa protection à travers des exercices pratiques. Des pépinières et des jardins ont été créés à Widou Thiengoli (Sénégal) pour propager le dattier et encourager la production de cultures vivrières locales. Des bourses sont octroyées aux doctorants sur l’étude des propriétés du dattier. Enfin, des universités d’été ont été mises en place afin d’impliquer les communautés locales tout en développant l’accès à des services de santé.

 

REPORTER

 

ANNE-LAURE CAHEN

"Le projet de la Grande Muraille Verte a été une incroyable expérience humaine. C’est tout un écosystème durable qui se met en place autour d’hommes et de femmes qui construisent leur avenir et celui de leurs enfants. J’aime les histoires humaines, les histoires particulières mais universelles à travers lesquelles je dessine les contrastes de notre monde. Au Sénégal, nous avons une fenêtre ouverte sur un projet extraordinaire qui mobilise tout un continent en devenir, en contraste avec le monde dans lequel nous vivons et qui nous montre la voie."

 

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Éducation
Environnement
Forêts et désertification