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Pour les 30 ans de la Convention des droits de l’enfant célébrés à l’UNESCO, le Président français appelle à renforcer la protection de la jeunesse sur internet

20 Novembre 2019

Paris, le 20 novembre—L’UNESCO a célébré mercredi, en présence de 400 jeunes, le trentième anniversaire de la Convention des droits de l’enfant lors d’une conférence ouverte par le Président français Emmanuel Macron : « Nous avons besoin de protéger la vie privée et les données personnelles des enfants, de protéger nos enfants contre le cyber harcèlement et la haine en ligne » a-t-il déclaré.

 Appelant à « une nouvelle forme d’engagement international (…) pour faire face à des acteurs qui sont internationaux », M. Macron a fait part de la volonté de la France « d’aboutir en 2020 à une nouvelle déclaration politique internationale sur la protection des enfants dans le monde numérique ».

 La Directrice générale de l’UNESCO, Audrey Azoulay, a jugé « essentiel de faire porter l’effort en matière d’éducation sur le développement de l’esprit critique ». A ses côtés le Défenseur des droits de la France, Jacques Toubon, co-organisateur de l’événement, a souligné que « méconnaître les droits de l’enfant est déjà en soi une première violence », rappelant la nécessité de « faire prévaloir l’intérêt supérieur de l’enfant », notion juridique clé figurant au cœur de la Convention.

Intitulée « Il est temps d’agir », la conférence entendait mettre en avant la parole des jeunes présents qui avaient été sélectionnés lors d’une consultation organisée par le Défenseur des droits de la France et le Réseau des écoles associées de l’UNESCO. L’un d’entre eux, prénommé Ritchie et se présentant comme appartenant à la communauté des Gens du voyage, a lancé un vibrant appel à lutter contre les discriminations à l’école, trop d’élèves étant encore victimes de harcèlement en raison de leur apparence ou de leur origine. « La jeunesse a le devoir de se lever pour défendre ses droits et lutter pour un monde plus juste », a-t-il ajouté sous les applaudissements.

La ministre de l’éducation nationale de la Côte d’Ivoire, Kandia Camara, figurait parmi les participants aux échanges avec les jeunes, ainsi que la vice-présidente du Comité des Nations Unies des droits de l’enfant, Amal Aldoseri, et la Rapporteuse spéciale de l’ONU sur le droit à l’éducation, Koumbou Boly Barry.

La Convention internationale des droits de l’enfant (CIDE) a été adoptée par l’Assemblée générale de l’ONU le 20 novembre 1989. Elle est à ce jour le traité international ratifié par le plus grand nombre d’États. Trente ans plus tard, les droits des enfants ne sont toujours pas pleinement respectés. Chaque année 12 millions de filles sont encore mariées avant leur dix-huitième anniversaire (1). Tandis que les États ont l'obligation de garantir le droit universel à l'éducation, 262 millions d'enfants et d'adolescents âgés de 6 à 17 ans, soit 18% des jeunes n'étaient pas scolarisés en 2017 (2).

L’UNESCO contribue à mettre en œuvre les droits de l’enfant, en particulier le droit à l’éducation, à la liberté d’expression, à l’accès à l’information et à la participation à la vie culturelle et artistique. L’UNESCO a notamment publié récemment un Manuel du droit à l’éducation avec l’objectif de faciliter la réalisation universelle de ce droit. L'UNESCO et l'Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC) distribuent actuellement deux manuels à l'intention des enseignants du primaire et du secondaire, qui incluent des activités interactives sur la Convention. Disponibles à ce stade en anglais et en espagnol, ils sont initialement distribués par l'intermédiaire du Réseau des écoles associées de l'UNESCO afin de promouvoir l'apprentissage basé sur la transformation pour les enfants.

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  1. Source : Filles, pas épouses
  2. Source : Institut de statistique de l’UNESCO