5 questions sur le droit à un personnel enseignant qualifié

04 Octobre 2018

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Stanislav Beloglazov/Shutterstock.com

La Journée mondiale des enseignants 2018 a mis l’accent sur le droit à un personnel enseignant qualifié, un thème choisi pour célébrer le 70e anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l’homme qui reconnait l’éducation en tant que droit humain fondamental. Mais qu’est-ce qu’un « enseignant qualifié » exactement ?

Comment définir un « enseignant qualifié » ?

Un enseignant qualifié est généralement défini comme un enseignant qui possède au moins les titres académiques minimaux requis pour enseigner des matières à un niveau donné, dans un pays donné. Toutefois, cette définition n’inclut pas la notion d’enseignants formés, qui fait référence aux enseignants ayant reçu au moins la formation pédagogique structurée minimale (initiale et continue) requise pour enseigner à un niveau donné. Cela fait que parfois, les enseignants possèdent les titres académiques requis pour enseigner, mais pas la formation pédagogique, ou vice versa. Certains enseignants ne possèdent même ni les titres académiques, ni la formation pédagogique.

Les pays disposent-ils de suffisamment d’enseignants qualifiés ?

Non. Dans beaucoup de régions et pays à faibles revenus, il existe un manque à la fois d’enseignants formés et qualifiés. En Afrique subsaharienne, seulement 64 % des enseignants du primaire sont formés. En Asie du Sud, ce taux atteint 71 %. On observe des différences entre les pays s’agissant de la durée des cursus, du contenu des programmes, de la qualité de l’expérience sur le terrain, de la pratique de l’enseignement, et de nombreux autres aspects. Parfois, les programmes de formation des enseignants ne comprennent aucun stage pratique d’enseignement supervisé, ni même n’exigent de titres académiques. Ces différences qualitatives dans la formation et les qualifications des enseignants affectent la qualité de l’enseignement en classe et au final, les résultats d’apprentissage des élèves. En 2015, en Afrique subsaharienne, seulement 62 % des enseignants du primaire et 45 % des enseignants du secondaire avaient achevé avec succès la formation pédagogique minimale requise pour devenir enseignant, selon les normes nationales.

Comment garantir le droit à un personnel enseignant qualifié lorsqu’il existe une pénurie ?

L’un des principaux défis du droit à l’éducation dans le monde est la pénurie chronique d’enseignants. Avec environ 263 millions d’enfants et de jeunes encore non scolarisés à travers le monde, il faudra recruter des millions d’enseignants qualifiés pour atteindre l’objectif de l’enseignement primaire et secondaire universel d’ici à 2030. Le manque d’enseignants doit être comblé en priorité en Afrique subsaharienne : environ 17 millions d’enseignants sont nécessaires, 70 % des pays étant confrontés à une pénurie sévère au niveau primaire, et 90 % au niveau secondaire. Ce manque d’enseignants est plus criant parmi les populations vulnérables, notamment les filles, les enfants handicapés, les enfants réfugiés et migrants et les enfants pauvres qui vivent dans des zones rurales ou isolées.

Quel est l’impact de la pénurie d’enseignants ?

Les pénuries d’enseignants entravent les efforts déployés dans de nombreux pays à faible revenu pour atteindre une éducation de qualité, équitable et inclusive. Pour combler ce manque, les pays recrutent des enseignants sur des contrats temporaires, qui ne possèdent pas la formation et les qualifications requises ou qui n’ont pas le statut professionnel approprié. Ces mesures aggravent encore le manque d’équité dans l’éducation.

Le manque d’équité est le plus flagrant dans les situations d’urgence et de conflit, où les enseignants qualifiés sont peu nombreux. Dans les contextes d’urgence, il est essentiel de fournir une éducation aux enfants pour les aider à faire face à la situation. Mais souvent, les organismes humanitaires doivent recruter des enseignants qui ne sont pas préparés à répondre aux besoins complexes des enfants vulnérables.

Que fait l’UNESCO pour améliorer la situation ?

L’UNESCO a fait de la bonne formation des enseignants et leur soutien l’une de ses principales priorités. Les enseignants qualifiés sont essentiels pour garantir le droit à une éducation de qualité. Depuis l’adoption des Objectifs de développement durable, notamment l’Objectif 4 sur l’éducation inclusive et de qualité, et la cible relative aux enseignants (ODD 4.c), la Journée mondiale des enseignants a été l’occasion de faire le bilan des progrès accomplis et de promouvoir la profession enseignante.

En savoir plus au sujet de l’action de l’UNESCO pour le développement des enseignants.