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Alphabétisation en Haïti, l’UNESCO plaide pour un ralliement du discours politique à la réalité

08/09/2020
portauprince, Haïti

“Kontwole zafè alfabetizasyon anndan peyi Dayiti se responsabilite Leta”, c’est autour de cette thématique nationale que le Bureau du Secrétaire d'État à l'Alphabétisation (BSEA) a célébré la 54e journée internationale de l'alphabétisation en Haïti, où le nombre d’analphabètes âgées de 15 à 24 ans s’élève à 365,945 contre 2,740,639 chez les 65 ans et plus (2016).

En prélude à cette commémoration, une série de conférences de presse, interventions directes dans les médias... ont été initiées par le BSEA du 1er au 7 septembre 2020. Les activités commémoratives se sont poursuivies le mardi 8 septembre 2020 en l’Hôtel Rith Kinam I, Place Saint Pierre, où tous les acteurs du système éducatif et de la société civile se sont réunis en présence du chef de l’État et du premier ministre pour débattre de l’importance de l’alphabétisation, mais aussi et surtout, envisager des stratégies qui devront servir de jalons afin de réduire le taux élevé d’analphabètes dans le pays.

Cette année, le thème retenu par l'UNESCO, "L'alphabétisation et son enseignement pendant et après la crise de la COVID-19 : Le rôle des éducateurs et l'évolution des pédagogies'', souligne la nécessité de la continuité de l’éducation en dépit des circonstances particulières occasionnés par la pandémie. Aussi, dans son discours de circonstance, le Représentant de l’UNECO en Haïti a-t-il mis l’accent sur le rôle des éducateurs et l’évolution des pédagogies, dans l’enseignement de l’alphabétisation et l’apprentissages même au-delà de la crise.

Par ailleurs, le représentant a aussi mis l’emphase sur l’écart qui sépare le discours politique et la réalité ; ce fossé, dit-il, existait déjà dans la période pré-COVID-19 et exerce un impact négatif sur l’apprentissage des jeunes et des adultes.

À l’occasion, l’UNESCO a aussi proposé son appui au Ministère de l’éducation nationale et de la Formation Professionnelle (MENFP) pour expérimenter et opérationnaliser la différenciation pédagogique ; un accompagnement qui prévoit l’organisation d’un atelier de formation et de développement professionnel des enseignants des centres d’éducation non formelle du ministère, l’élaboration de fiches pédagogiques, selon l’approche différenciée et le principe de l’apprentissage actif, conformément au curriculum accéléré.

L’objectif poursuivi est le développement d’un modèle d’application qui tiendra compte de la réalité haïtienne avec l’échantillon de 18 centres d’éducation non formelle expérimentant le curriculum accéléré, une opportunité évidemment de généraliser ce modèle dans le reste du pays.

Dans cet ordre d’idées, le Bureau de l’UNESCO Port-au-Prince et le MENFP pourront compter, pour cela, sur l'Institut de l'UNESCO pour l'apprentissage tout au long de la vie (UIL). Basé à Hambourg, en Allemagne, l’UIL est la seule unité organisationnelle de l'ONU, dotée d’un mandat mondial pour l'apprentissage tout au long de la vie.

Devant les nouvelles exigences du travail et de l’éducation à distance, l’UNESCO et ses partenaires renouvellent leur engagement d’accompagner le MENFP, afin de renforcer les dispositifs déjà en place à travers la plateforme PRATIC et la radio télé éducative, en capitalisant sur les matériels audiovisuel produits dans le cadre du programme baptisé « WI MWEN KAPAB ».

Il demeure néanmoins la perspective d’une une innovation méthodologique consistant à développer un partenariat avec les opérateurs de téléphonie mobile et d’internet, pour mettre en place une application téléchargeable uniquement pour les activités d’alphabétisation à distance. Les élèves et les enseignants préenregistrés dans les registres du MENFP pourront l’utiliser gratuitement, pour assurer la continuité des apprentissages, en temps de crise sanitaire, et de toute autre crise naturelle ou anthropique.