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Analyse SWOT des défis et opportunités pour asseoir la gouvernance efficace et efficience des ressources en eau Transfrontalières au sahel

20/10/2020
06 - Clean Water and Sanitation

Copyright UNESCO/L.Hiên

Garantir l’accès de tous à l’eau et assurer la gestion de cette ressource en termes de qualité d’usage durable demeure au cœur des actions de l’UNESCO. Ainsi, le Bureau Régional de l’UNESCO pour l’Afrique de l’Ouest et du Sahel à Dakar, sensible à la problématique de la gestion des ressources en eau transfrontalières au sahel, a appuyé le département de Géologie de l’Université Cheikh Anta Diop (UCAD) pour organiser, en décembre 2019 à Dakar, un atelier regroupant des experts des pays de la sous-région (Burkina Faso, Gambie, Guinée, Guinée Bissau, Mali, Niger, Sénégal) afin de discuter, analyser et échanger les expériences sur les opportunités et les défis dans la gestion des ressources en eau transfrontalière dans la zone du sahel.  

C’est dans le cadre de la mise en œuvre des recommandations de ce précédent atelier que le bureau de l’UNESCO à Bamako à son tour en collaboration avec la Direction Nationale de l’Hydraulique (DNH), le Partenariat National de l’eau au Mali (PNE-Mali) et de l’UCAD a organisé, le 30 septembre 2020, un atelier de restitution des résultats de l’analyse SWOT et la mise en œuvre des recommandations de l’atelier régional « Défis et Opportunités de la Gestion des Ressources en Eau Transfrontalières dans la zone sahélienne ».

La cérémonie d’ouverture a été présidée par M. Yaya Boubacar, Directeur National de l’Hydraulique, représentant le département de la tutelle, qui avait à ses côtés le Représentant du Chef du Bureau de l’UNESCO à Bamako, M. Pierre Saye, chargé de Programme Education ; de Mme. Nadine Dulac, représentante du chef de file des PTF Eau-Assainissement au Mali et de M. Novon Cissé, Président du Partenariat National de l’eau au Mali (PNE-Mali), en présence des représentants des structures techniques et PTF en charge de l’eau, assainissement et environnement au Mali ainsi que la presse.

Dans son allocution, le représentant du Chef du Bureau de l’UNESCO à Bamako, M. Pierre SAYE, chargé du Programme Education a signifié que « L’UNESCO se réjouit de voir le Mali engagé dans la dynamique de faire un exercice d’analyse de la situation du Mali dans la gestion des ressources en eau transfrontalières dans le but de concevoir un document sur la situation actuelle notamment des opportunités et des défis dans la gestion des ressources en eau transfrontalières dans la zone du sahel ». Pour lui, « ces travaux permettront de renforcer la gestion des ressources en eau à l'intérieur et dans la sous-région ».

Quant au représentant du Secrétaire général du Ministère de l’Energie et de l’eau, M. Yaya Boubacar, Directeur National de l’Hydraulique, « cette rencontre nous permettra sur la base des recommandations issues de l’atelier sous régional d’identifier les défis et les opportunités dans le cadre de la Gestion Durable des Ressources en Eau Transfrontalières de notre pays ».

En effet, la restitution des ateliers régionaux tenus à Dakar a fait état des défis climatiques extrêmes et variés que traversent le Mali dans la gestion de ses ressources en eau. Le Mali comme d’autres pays du Sahel disposent d'importantes ressources en eau, mais celles-ci souffrent de déficits chroniques dus à une répartition inégale des précipitations, des écoulements dans le temps et dans l'espace, à une faible mobilisation des ressources potentielles et à une mauvaise gestion des ressources existantes. Le Mali dispose 70 milliards de m3/an d’eaux de surface et 66 milliards de m3/an d’eaux souterraines.
Le pays compte également 126 stations environ : Bassins du Niger (101), bassins du Sénégal (22), bassins du Sourou (Volta) avec 03 stations. Par ailleurs, la plupart des ressources en eau disponibles dans les grands aquifères ou les bassins fluviaux en Afrique de l’Ouest (Niger, Sénégal, Volta et Gambie) sont partagées entre différents pays.
Cette importante potentialité en eau est irrégulière répartie dans l’espace et le temps. Le prélèvement total actuel d'eau douce en Afrique de l'Ouest pour l'agriculture, l'industrie et les usages domestiques combinés devrait tripler d'ici 2025.

Riches en qualité dans les présentations et dans les échanges, les travaux de l’atelier ont abouti à une meilleure compréhension des défis et opportunités liés à l’eau et à des recommandations pertinentes qui prennent en compte l’accès des populations à l’eau et la gestion durable de cette ressource. Ces recommandations urgent les décideurs à agir pour le bien-être des populations et constitueront à :

  1. Impliquer les instituts de recherche et les autres organismes de bassin (ABN, ABV.) dans le processus de l’élaboration du document stratégique sur la gestion des ressources en eau ;
  2. Inviter les structures à fournir les données sur le prélèvement de l’eau ;
  3. Faire la cartographie des zones inondables ;
  4. Veiller à la prise en compte de l’identification de l’orpaillage par draguage dans le nouveau code minier ;
  5. Veiller à l’application des textes réglementaires régissant la gestion des ressources en eau.

Par ailleurs, cet atelier a été l’occasion pour le bureau de l’UNESCO de remettre au Directeur National de l’Hydraulique du Mali le Rapport mondial des Nations Unies sur la mise en valeur des ressources en eau, édition 2020. Ce document contient des informations capitales pour la bonne gestion stratégique des eaux transfrontalières.