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Apprendre en toute sécurité pendant l’épidémie de COVID-19 : publication de nouvelles recommandations

26/05/2020

La crise du COVID-19 a poussé près de 1,3 milliard d’enfants et de jeunes dans le monde hors des écoles et des universités, les renvoyant à la maison au titre des mesures prises pour ralentir la pandémie. Ces élèves et étudiants sont peut-être plus à l’abri du virus chez eux, mais ils sont davantage exposés à d’autres risques tels que la violence, notamment le cyberharcèlement, le harcèlement sexuel et l’exploitation sexuelle.

En réponse au besoin accru de protéger les enfants et les jeunes pendant l’épidémie de COVID-19, l’UNESCO, dans le cadre de la coalition Safe to Learn (« Apprendre en toute sécurité »), a publié un ensemble de matériels de soutien à l’intention des gouvernements et autres parties prenantes. Figurent parmi ces documents une note technique sur le COVID-19 et ses incidences sur la protection des enfants en ligne, des directives destinées aux ministères de l’éducation et visant à aider les établissements scolaires à offrir des expériences d’apprentissage en ligne sûres, et un ensemble de recommandations adressées aux gouvernements pour les aider à prévenir et combattre la violence contre les enfants dans différents environnements d’apprentissage, y compris à la maison.

Nombreux sont les élèves pour qui la maison n’est pas un lieu sûr. L’expérience passée montre que lorsque les établissements d’enseignement ferment pendant plus de quelques semaines, les enfants et les jeunes les plus vulnérables sont souvent laissés de côté. Des pressions socioéconomiques peuvent exacerber la violence exercée contre les enfants au sein du foyer, y compris la violence physique, sexuelle, affective et économique, la maltraitance et la négligence.

Avec la fermeture généralisée des écoles et les mesures de distanciation physique, la vie des enfants et des jeunes se déroule désormais en ligne, ce qui nécessite l’adoption d’urgence de mesures en matière de sécurité numérique. D’après la note technique de Safe to learn, l’épidémie de COVID-19 devrait augmenter le risque d’exploitation sexuelle en ligne, ainsi que la probabilité que les enfants entrent en contact avec des prédateurs sur Internet. D’autres problèmes pourraient survenir, parmi lesquels le phénomène répandu de cyberharcèlement, l’accès à des contenus préjudiciables, la hausse des comportements à risque et la collecte, l’utilisation et le partage inappropriés de données.

« La fermeture des établissements d’enseignement dans le monde a exposé un grand nombre d’enfants et de jeunes au danger, les filles étant particulièrement touchées, a déclaré Stefania Giannini, Sous-Directrice générale de l’UNESCO pour l’éducation. L’UNESCO se tient résolument aux côtés des partenaires de Safe to Learn pour mettre fin aux violences qui portent atteinte à l’éducation et fournir des directives détaillées aux gouvernements, aux éducateurs, aux parents et aux communautés afin d’assurer la sécurité des élèves pendant cette période sans précédent, en ligne et hors ligne. Cette situation exige une action conjointe pour garantir la protection, la prévention et l’accès à un soutien psychosocial. »

Les directives sur la sécurité en ligne destinées aux ministères de l’éducation sont axées sur quatre recommandations principales, selon lesquelles les établissements scolaires devraient :

  1. créer ou actualiser des politiques de sauvegarde ;
  2. encourager et surveiller les bons comportements sur Internet ;
  3. assurer l’accès permanent des enfants à des services de conseil scolaires ;
  4. faire clairement connaître leur politique de sécurité sur Internet et fournir des ressources et des informations.

Safe to Learn est une initiative qui vise à éliminer la violence à l’école et par l’école, afin que les enfants soient libres d’apprendre, de s’épanouir et de réaliser leurs rêves. La coalition de plus en plus nombreuse rassemblée autour de la campagne Safe to Learn comprend l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO), le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF), le Ministère du développement international du Royaume-Uni (DFID), l’Initiative des Nations Unies pour l’éducation des filles (UNGEI), le Forum de la société civile pour l’élimination de la violence envers les enfants, la Banque mondiale, Éducation sans délai, le Partenariat mondial pour l’éducation (GPE), la Coalition mondiale des entreprises pour l’éducation, les Affaires mondiales canadiennes, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), la Coalition mondiale pour la protection de l’éducation contre les attaques, la Représentante spéciale du Secrétaire général des Nations Unies chargée de la question de la violence contre les enfants, et le Partenariat mondial pour l’élimination de la violence envers les enfants.