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Au Japon, un tremblement de terre et un tsunami ont incité les jeunes à remodeler leur avenir de façon durable

10 Septembre 2019

Un projet mis en place après le tremblement de terre et le tsunami dévastateurs de 2011 qui ont détruit une grande partie de la région du Tohoku, dans le nord du Japon, a pour but de reconstruire une ville de façon durable, tant au plan psychologique que physique.

« MyProject » est un programme d'apprentissage proposé aux lycéens de la ville d'Otsuchi par Katariba, une organisation à but non lucratif qui organise depuis 2001 des activités éducatives en rapport avec l'environnement. Il a été nommé pour l’édition 2018 du Prix UNESCO-Japon d’éducation en vue du développement durable (EDD). Le Programme EDD de l’UNESCO récompense les efforts entrepris pour élaborer et développer les activités éducatives en matière de développement durable, notamment dans le domaine de la réduction des risques de catastrophe.

Le 11 mars 2011, un tremblement de terre d’une magnitude de 6,6, le plus puissant jamais enregistré au Japon, a fait près de 20 000 morts. À Otsuchi, une ville située à 220 km de l'épicentre de Fukushima, la catastrophe a coûté la vie à 1 600 des 15 000 habitants de l'époque, détruisant une grande partie de la ville où 60 % des habitants ont perdu leur logement. La même année, Katariba a entamé la construction d’un centre périscolaire collaboratif ouvert à tous les élèves de la ville qui peuvent s’y rendre à tout moment pour étudier et rencontrer des bénévoles et du personnel de Katariba à qui ils peuvent parler d'eux-mêmes et de leur vie depuis la catastrophe.
« Un an environ après la catastrophe, nous avons entendu les élèves de l'école dire que jusqu’à présent ils avaient été soutenus par d'autres personnes, mais qu'ils voulaient dorénavant sauver leur ville tout seuls » explique Manami Yoshida, membre de l'équipe du projet.

Renforcer la résilience des personnes et des infrastructures

« MyProject » a vu le jour à partir de l’idée de renforcer la résilience des personnes et des infrastructures, en se fondant sur deux principes : l’action et l’appropriation. Il vise à encourager les élèves à identifier un problème dans leur communauté ou un domaine d'intérêt et à concevoir et mener à bien un projet pour résoudre ou faire avancer ces idées.

« L'avenir de l'environnement est incertain et imprévisible. Pour construire une société durable, nous devons encourager les jeunes qui en ont le pouvoir et la créativité à affronter les questions environnementales, sociales ou économiques qui se présenteront à eux » a déclaré Manami. « Nous cherchons à faire en sorte que les élèves acquièrent un état d'esprit qui les encourage à apprendre et à dire : « Si je change, si j’agis, dans ce cas je peux aussi apporter un changement dans la société. »

Une de ces idées, l’organisation d’une visite d'étude pour sensibiliser au risque de catastrophe, a apporté un changement durable, puisqu’elle a été retenue pour être la stratégie officielle du gouvernement. L’élève qui a proposé cette idée veut maintenant étudier à l’université la redynamisation des communautés. D'autres idées ont porté sur un système de verdissement des terres endommagées par l’eau salée pendant le tsunami et la création d'un système où le grand public pourra utiliser des défibrillateurs en cas d'urgence, sans avoir de connaissances particulières.
« MyProject » est désormais présent sur tout le territoire japonais et il voit la participation non seulement des élèves, mais aussi des gouvernements, des organisations à but non lucratif et des membres de la communauté. En 2013, un programme de prix a été mis en place pour récompenser les projets impliquant un minimum de 18 élèves. Cette année, 3 000 lycéens y ont participé. Des camps d’initiation ont également lieu chaque année pour la préparation et l’analyse des projets.

« Notre objectif est de créer un écosystème permettant à chacun d’avoir son propre projet ». Notre but est d’inviter plus de 100 000 élèves des lycées à participer aux Prix 2020 et de collaborer davantage avec plus d'enseignants » a déclaré Manami. « La transformation que subissent les élèves a des retentissements, provoquant des changements dans leur propre communauté et à l'extérieur, ce qui facilite l’acquisition de nouvelles compétences et la transformation des mentalités. »

Créer un réseau de soutien

À Saga, une ville de l'île de Kyushu confrontée à des problèmes comme le déclin de la population et des possibilités d'emploi, les élèves ont lancé le projet Sagan Ruby pour la fabrication d’articles à commercialiser, tels qu’une boisson gazeuse et un baume pour les lèvres écologique, produits à partir du Sagan Ruby, une variété locale de pamplemousse. Les produits connaissent un grand succès ce qui a pour effet de stimuler l’économie communautaire et agricole locale, car les élèves travaillent de concert avec des entreprises locales et des universités.

« MyProject » diffuse également ses idées par la création d’un groupe de soutien en réseau pour les adultes.

« En invitant les écoles et la communauté locale à participer à notre groupe de soutien, nous espérons établir de nouveaux partenariats. Notre objectif est de créer un réseau de sympathisants dans tout le Japon » a déclaré Manami. Un soutien en ligne et du matériel vidéo sont fournis aux personnes vivant dans des régions rurales éloignées.

« MyProject » s'associe aussi avec des élèves du monde entier, par l’intermédiaire d’un programme d'échange, par exemple avec l’organisation américaine Global Kids, ce qui permet aux enfants de décider d’actions à prendre sur des problématiques mondiales essentielles.