Au Mozambique, les femmes améliorent leurs conditions de vie grâce à l’éducation

26 Novembre 2018

« L’éducation revêt une grande importance pour les femmes car elle leur permet d’éviter les grossesses précoces, d’être capables de lire les instructions et les attestations à l’hôpital, et de connaître l’âge et l’anniversaire de leurs enfants. » Maria Henrique Francisco, une enseignante en alphabétisation, présente les effets positifs de l’éducation, et en particulier des cours d’alphabétisation, sur la vie des femmes.

À 29 ans, Florinda João est mère de six enfants. Elle a dû quitter l’école à 16 ans lorsqu’elle est tombée enceinte de son premier enfant. En 2015, Florinda a eu l’opportunité de retourner à l’école et d’apprendre à lire et à écrire grâce à un projet de l’UNESCO mis en œuvre au Mozambique par le biais du Fonds Malala de l’UNESCO pour le droit des filles à l’éducation, et en synergie avec le Programme de développement des capacités pour l’Éducation (CapED).

Florinda n’est pas la seule dans cette situation. Au Mozambique, environ 45 % de la population adulte est analphabète. Les taux d’analphabétisme sont encore plus élevés pour les femmes, à 58 %. C’est un défi pour les familles. Les parents ayant de faibles niveaux d’alphabétisation ont tendance à gagner moins et cela peut avoir un impact néfaste sur leur foyer, notamment sur les résultats scolaires de leurs enfants et leurs capacités à lire et à écrire. Cela peut également favoriser un cycle intergénérationnel de pauvreté et d’analphabétisme.

Pour essayer de briser ce cycle, l’UNESCO et le Ministère de l’éducation et du développement humain ont mis en œuvre un projet triennal de 2015 à 2017. Ce projet a adopté des méthodes familiales d’apprentissage ciblant spécifiquement les jeunes femmes, et fourni une éducation de base ainsi que des compétences professionnelles et entrepreneuriales aux communautés vulnérables dans trois districts sélectionnés au Mozambique (Boane, Erati et Memba).

Le fait de donner aux femmes les moyens de réaliser des actes apparemment simples, par exemple identifier les noms des bus publics, lire des messages SMS, faire des calculs simples ou signer des cartes d’identité, a un impact positif considérable sur leur vie et celle de leurs familles.

En collaboration avec quelques-unes de ses camarades des cours d’alphabétisation, Florinda a ouvert une petite entreprise de vente de vêtements d’occasion. Les compétences en lecture et en calcul qu’elle et ses camarades ont acquises dans le cadre du projet leur ont permis de gérer la petite entreprise et de réaliser des profits. « Je peux effectuer le suivi des coûts et calculer les bénéfices », a dit Florinda. Ses capacités en lecture et en écriture ont également facilité les échanges commerciaux.

Les programmes d’alphabétisation destinés aux femmes et l’amélioration de leur capacité à gagner leur vie peuvent apporter des changements significatifs. Les femmes réinvestiront souvent une grande partie de leurs revenus supplémentaires pour le bien-être de leurs enfants, comme en témoigne Florinda : « Grâce aux bénéfices que je réalise, je peux acheter des livres pour l’éducation de mes enfants, et des aliments plus nutritifs pour eux. »

Le projet a récemment fait l’objet d’une évaluation externe afin d’identifier les résultats et les enseignements tirés et de formuler des recommandations pour les interventions futures. L’évaluation servira de base pour l’élaboration de politiques fondées sur des preuves et contribuera au renforcement et à la promotion des initiatives d’éducation des filles et des femmes menées au Mozambique avec le soutien de l’UNESCO.