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Au musée national de Beyrouth, l’UNESCO mène une mission de sauvetage

27/08/2021
Beirut, Liban

Le musée national de Beyrouth fait fière allure en plein cœur de la capitale, rue de Damas. Maintes fois détruit, notamment durant les 15 ans de guerre civile, mais aussi par la double explosion du port de Beyrouth, il a refait à chaque fois peau neuve, ses collections inestimables toujours sauvées par miracle. Si les visiteurs s’apprêtent aujourd’hui à les redécouvrir dès sa réouverture imminente, peu savent qu’un tout autre monde existe dans les sous-sols du musée, où s’active depuis plus de trois mois une équipe restreinte pour mener à bien une mission de sauvetage qui n’a que trop tardé.

Dans ces sous-sols qui font office de dépôt, s’amoncellent des objets de collection, des pièces inestimables qui remontent pour certaines à l’âge de bronze et jusqu’à la période ottomane. Stèles funéraires, statuettes, sarcophages, chapiteaux et linteaux sont ainsi passées au crible, dans une minutieuse opération d’inventaire, de récolement, de classification et de stockage financée par l’UNESCO, qui a également fourni des étagères spécialisées pour conserver ces objets d’arts, dans le cadre de l’initiative Li Beirut.

« Les collections d’un musée ne sont pas intégralement exposées au public, explique Marie-Antoinette Gemayel, archéologue muséologue au sein du Département des biens culturels de la Direction Générale des Antiquités. Souvent, on expose 10 à 15% des objets, représentatifs de collections plus importantes, et le reste est conservé. C’est le cas du musée national de Beyrouth ».

© UNESCO

Découvertes bien avant la guerre civile dans différentes régions du Liban, dont des sites inscrits au patrimoine mondial comme Baalbeck, Anjar, Tyr ou Qannoubine, ces pièces ont été sauvées durant la guerre mais, faute de moyens, elles sont restées stockées de manière aléatoire. « Ce projet que nous menons ainsi que ces 30 nouvelles étagères permettent d’augmenter la capacité de contenance de cet espace et permettent de protéger et préserver ces objets précieux qui constituent la richesse du Liban et qui ne doivent pas être laissés par terre, assure Gemayel. Quant au travail d’inventaire et de classification, par site, par âge, etc., il permettra de nouvelles études et ouvrira la voie à de nouvelles expositions temporaires ou en ligne, pour faire connaitre ces pièces à un plus grand nombre. »

© UNESCO

Visitant le dépôt pour s’enquérir de l’avancement des travaux avec le directeur général des Antiquités, Sarkis Khoury, la directrice du bureau de l’UNESCO à Beyrouth, Costanza Farina, a salué le travail accompli en partenariat avec la DGA, alors que des ouvriers originaires de Baalbeck plaçaient des objets rares sur les étagères neuves, fiers de voir des collections non-accessibles au public et qui appartiennent à leur région natale. « Ce projet s’inscrit dans le cadre de la mission continue de l’UNESCO pour soutenir les musées, a-t-elle déclaré. Non seulement en tant que bâtiments nationaux mais également promoteurs de la vie culturelle, et qui est au cœur de l’initiative Li Beirut. » 

Avec l’aboutissement de ce projet, l’UNESCO poursuivra par ailleurs son soutien au musée national du Pays du Cèdre, en finançant une opération de récolement de 3 salles lapidaires avec leurs inscriptions. A suivre.

 

Li Beirut est une initiative internationale lancée depuis Beyrouth par la Directrice générale de l'UNESCO, Audrey Azoulay, au lendemain des explosions, le 27 août 2020, pour soutenir la réhabilitation des écoles, des bâtiments du patrimoine historique, des musées, des galeries et de l'économie industrie créative, qui ont tous subi d'importants dommages dans les explosions meurtrières.

© UNESCO
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