Au Yémen, un programme durable recycle les déchets en matériels scolaires

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© Yemeni National Commission for UNESCO/sub-unit in Hodeidah City
13 Février 2018

Un projet innovant de recyclage et de transformation des déchets en outils éducatifs et formes artistiques est l’un des nombreux plans de développement durable que coordonne la sous-unité locale de la Commission nationale yéménite pour l'UNESCO.

Cette sous-unité, basée dans la province de Hodeïda, travaille également dans les zones voisines et elle coordonne et exécute de multiples activités de projet sur l'Éducation en vue du développement durable (EDD). Elle rassemble des organisations éducatives, de la société civile et du secteur privé afin de mobiliser les communautés pour la réalisation des cibles des Objectifs de développement durable (ODD) et l’amélioration de leur propre environnement.

Depuis 2012, l'initiative a connu des succès comme la formation de 60 enseignants dans le cadre du cours « Enseigner et apprendre pour un avenir durable » et la formation de 320 jeunes à la gestion de projet et au marketing. Elle a également créé une fondation pour les jeunes et un collège communautaire et elle a organisé la formation des formateurs.

Selon le chef du projet, Faysal Ali Ayed, « Le travail qui s’accomplit à Hodeïda est particulièrement important parce que c'est le premier projet du Yémen qui parvient à utiliser l’EDD dans un contexte de forte densité de population et de pourcentage élevé de jeunes qui sont confrontés aux multiples défis de la pauvreté et du chômage. »

Parmi les autres innovations, on peut citer l’implication des enseignants dans l'apprentissage électronique, la création de bibliothèques électroniques et la collecte des fonds au bénéfice des élèves pauvres, pour qu’ils puissent recevoir un petit déjeuner, des repas scolaires, des uniformes et des cartables scolaires. Ces innovations s’accompagnent de campagnes de sensibilisation offrant des renseignements et des conseils en matière de nutrition équilibrée et saine, de mariage précoce et de VIH/SIDA.

Des clubs de développement durable ont aussi été créés dans certaines écoles pour promouvoir des activités communautaires en rapport avec toutes les dimensions du développement durable (environnementale, sociale et économique). ​

M. Ayed a expliqué les raisons du succès de ce travail. « Le projet jouit du concours d’une équipe réellement dévouée et de partenaires qui collaborent. C’est ainsi qu’il a pu opérer une véritable transformation des pratiques scolaires et communautaires, tout en bénéficiant d’une énorme attention médiatique, ce qui démultiplie son impact. »

Pour ce qui est de l'avenir, des plans ont été proposés pour développer la mise en œuvre des projets EDD, accroître le nombre de bénéficiaires des établissements d’enseignement, en particulier des jeunes et des femmes, élargir le travail aux provinces voisines de Hajjah et de Rimah où six projets importants seront mis en œuvre pour former à l’EDD les directeurs d’école, les formateurs d’enseignants, les éducateurs, les femmes et les jeunes.

Un aspect important de ce travail permet aux jeunes et aux femmes d'entrer ou revenir sur le marché du travail. Jusqu'à présent, 920 jeunes et femmes ont reçu une formation aux compétences utiles pour la vie et le travail, ainsi qu’une aide pour s’intégrer sur le marché du travail.

« Le projet a contribué à autonomiser les femmes, leur permettant de participer au développement de leur communauté, et à modifier la vision que la société a des femmes, autorisant celles-ci à remplir différents rôles dans la société » a ajouté M. Ayed.