L’avenir du programme Mémoire du monde au sein des discussions à la Bibliothèque nationale de France

17 Janvier 2018

Le Ministère de la Culture français, la Commission nationale française pour l’UNESCO, le Comité français Mémoire du monde et la Bibliothèque nationale de France ont organisé, le 11 janvier 2018, une réunion de travail sur le Programme Mémoire du monde – bilan et perspectives. Elle a eu pour objectif de faire mieux connaître en France ce Programme, créé par l’UNESCO en 1992 afin d’assurer une meilleure protection et accessibilité du patrimoine documentaire sous toutes ses formes : imprimé, graphique, audiovisuel et numérique. Les intervenants ont échangé sur les différents aspects du Programme Mémoire du monde qui suscite un intérêt croissant. C’est pourquoi, l’UNESCO et ses Etats membres travaillent actuellement à sa refonte et à son renforcement.

Dans son intervention d’ouverture, Mme Laurence Engel, présidente de la Bibliothèque nationale de France (BnF), a souligné que les enjeux liés à la diffusion du patrimoine documentaire sont universels et affirmé que la culture doit contribuer à la paix et que donc l’UNESCO est un acteur essentiel, pour la BnF. « Le patrimoine est un enjeu de pouvoir qui peut susciter des tensions. Il faut tout faire pour les apaiser, c'est pourquoi la BnF soutient pleinement ce programme très important qui permet de penser la notion de mémoire du monde », a ajouté Mme Engel à cette occasion.

« Le Conseil exécutif de l’UNESCO discutera, lors de sa prochaine session en avril 2018, un nouveau plan d’action relatif à l’avenir de ce Programme et, aux fondements de la Recommandation de 2015, à ses enjeux en terme d’accessibilité, de coopération nationale et internationale », a souligné pour sa part M. Daniel Janicot, Président de la Commission nationale française pour l’UNESCO. M. Janicot a aussi mis l’accent sur l’importance des enjeux universels de ce Programme tout en précisant l’apport du numérique quant à ses évolutions et les défis face à la politisation. La Commission française, par le biais du Comité français Mémoire du monde, permet de donner pleinement sens à ce Programme en France.

M. Jérôme Belmon, représentant du Ministère de la Culture, est revenu sur la prise de conscience mondiale des Etats quant à la fragilité du patrimoine documentaire. Le programme Mémoire du monde permet de mettre en avant une vision positive qui se doit d’être au cœur des actions de l’UNESCO et à laquelle le Ministère de la Culture apporte son plein soutien en encourageant les bibliothèques françaises, de la plus grande à la plus modeste, à contribuer à ce Programme.

Par la suite, M. Gérald Grunberg, président du Comité français Mémoire du monde, a rappelé toute l’importance de ce Programme en termes de conservation et d’accessibilité du patrimoine documentaire, dans le contexte de la fragilité des archives, quel que soit leur support, soumises aux catastrophes naturelles (Haïti, Chili) ou aux destructions humaines (manuscrits de Tombouctou, manuscrits syriaques). Le Programme connait un succès croissant dont témoignent pour la France les nombreuses demandes d’inscriptions qui parviennent au Comité national. M. Grunberg a indiqué qu’une réunion qui s’est tenue ce même 11 janvier entre les gestionnaires des biens inscrits au Programme Mémoire de monde, a permis de jeter les bases d'un réseau de compétences qui va permettre d'amplifier le rayonnement du Programme en France et au niveau internationale.

Le débat a continué avec la session dédiée à la place du Programme Mémoire du monde au sein de l’UNESCO. M. Boyan Radoykov, de la Division des Sociétés du savoir de l’UNESCO, a présenté les perspectives et l’état d’avancement de la réforme de ce Programme. Il a rappelé que l’année 2017 a marqué le 25ème anniversaire du Programme et qu’au cours des 25 dernières années, 427 objets de patrimoine documentaire provenant de 107 pays ont été inscrits sur le Registre international. Lors de son intervention, M. Radoykov a également mis en exergue le renforcement du Programme, notamment par l’adoption et la mise en œuvre du premier instrument normatif international dans ce domaine - la Recommandation concernant la préservation et l’accessibilité du patrimoine documentaire à l’ère du numérique, adoptée par la Conférence générale de l’UNESCO en novembre 2015.

L’UNESCO a lancé le Programme Mémoire du monde en 1992 afin d’éviter l’amnésie collective et de promouvoir la conservation des collections d’archives et de bibliothèques partout dans le monde et d’en assurer la plus large diffusion. La vision du Programme part du principe que le patrimoine documentaire du monde appartient à tous, et qu’il devrait être préservé et protégé pour le bénéfice de tout un chacun et accessible à tous de manière permanente, sans obstacle aucun, en tenant compte des spécificités et pratiques culturelles qui s’y rattachent. Créé pour protéger le patrimoine documentaire, le Programme Mémoire du monde aide les réseaux d’experts à échanger des informations et trouver des ressources pour la conservation et l’accessibilité des collections d’archives et des fonds documentaires d’une valeur inestimable.