Ce qu’il faut savoir sur la reconnaissance des qualifications

24/11/2020

À l’heure actuelle, plus de 5,3 millions d’étudiants suivent un cursus universitaire à l’étranger. Cette augmentation rapide de la mobilité universitaire internationale devrait se maintenir. Un an après l’adoption de la Convention mondiale sur la reconnaissance des qualifications relatives à l’enseignement supérieur, l’UNESCO appelle les États membres à ratifier cet instrument ainsi qu’à contribuer à faire en sorte que la mobilité universitaire internationale et la reconnaissance des qualifications deviennent une réalité pour des millions de personnes dans le monde. Mais qu’est-ce que la reconnaissance des qualifications au juste ? Voici ce qu’il faut savoir.

  1. Qu’est-ce que la reconnaissance ?

La reconnaissance est une attestation établie par une autorité compétente en matière de reconnaissance de la validité et du niveau académique d’une qualification, d’études partielles ou d’acquis antérieurs obtenus à l’étranger.

  1. Quel est l’objectif de la reconnaissance ?

La reconnaissance vise à accorder au postulant, notamment, le droit de demander son admission dans l’enseignement supérieur et la possibilité de rechercher des opportunités d’emploi.

  1. Qui sont les postulants à la reconnaissance ?

Des individus ayant obtenu une qualification, partiellement achevé un programme d’enseignement supérieur ou validé des acquis à l’étranger.

  1. Pourquoi demander la reconnaissance ?

Les individus demandent la reconnaissance de leurs qualifications pour de nombreuses raisons, par exemple pour entamer ou poursuivre des études dans l’enseignement supérieur, faire usage d’une qualification de l’enseignement supérieur pour accéder à une profession spécifique ou faciliter leur transition vers le marché du travail.

  1. Quels sont les avantages de la reconnaissance ?

La reconnaissance est un outil puissant pour faciliter la mobilité d’un pays à un autre dans le but d’étudier, de faire de la recherche, d’enseigner ou de travailler. Grâce aux procédures de reconnaissance, une qualification d’un système d’éducation est reconnue dans un autre système d’éducation.

  1. Quel est le rôle des autorités nationales en matière de reconnaissance ?

Les autorités nationales sont responsables en dernier ressort de la législation en matière de reconnaissance. Dans de nombreux pays, les ministères de l’éducation jouent également un rôle dans l’évaluation et la reconnaissance des qualifications, soit directement, soit en déléguant cette responsabilité à une autre entité, par exemple le Centre national d’information ou une entité similaire.

  1. Qui est responsable en matière de reconnaissance ?

La reconnaissance incombe à une autorité compétente en matière de reconnaissance, qui est une entité chargée d’évaluer les qualifications et/ou de prendre des décisions sur la reconnaissance des qualifications conformément aux lois, règlements, politiques ou pratiques d’un pays. Les autorités compétentes en matière de reconnaissance sont souvent des institutions publiques, telles que des établissements d’enseignement supérieur, mais elles peuvent également prendre la forme de sociétés privées, de fondations ou d’organisations non gouvernementales. Dans certains pays, il existe plusieurs autorités compétentes en matière de reconnaissance, chacune étant responsable d’un type de reconnaissance spécifique.

  1. Quel est le rôle de l’autorité compétente en matière de reconnaissance ?

Les autorités compétentes en matière de reconnaissance servent à la fois à ouvrir des portes et à contrôler l’accès à ces dernières. Leurs rôles doivent être soigneusement équilibrés. Les autorités compétentes en matière de reconnaissance peuvent ouvrir la voie à la mobilité et à l’inclusion dans le monde académique ou le marché du travail à l’étranger. Elles peuvent également servir à renforcer la confiance publique en protégeant l’éducation nationale et les marchés du travail des faux diplômes et des qualifications médiocres.

  1. Comment la procédure de reconnaissance doit-elle être menée ?

Les autorités compétentes en matière de reconnaissance doivent procéder aux évaluations en agissant de bonne foi et en motivant leurs décisions de manière claire. Leurs décisions doivent être fondées sur des informations appropriées, fiables, accessibles, et actualisées concernant les systèmes, les établissements et les programmes d’enseignement supérieur et les mécanismes d’assurance qualité, dans le respect de la diversité des systèmes d’enseignement supérieur dans le monde. La confiance, la transparence, l’équité, le respect des délais et la non-discrimination sont des principes qui doivent être pris en compte durant la procédure de reconnaissance. L’échange d’informations entre les systèmes d’enseignement supérieur doit être encouragé tout au long de la procédure de reconnaissance, en gardant à l’esprit l’importance du respect de la diversité des systèmes d’éducation dans le monde.

  1. Quel est le rôle des établissements d’enseignement supérieur en matière de reconnaissance ?

Les établissements d’enseignement supérieur jouent souvent un rôle central en matière de reconnaissance. Dans la plupart des pays, ils sont habilités à prendre des décisions concernant l’admission aux programmes d’enseignement, le droit de faire usage d’une qualification de l’enseignement supérieur, et la reconnaissance des qualifications complètes ou des études partielles. Les établissements d’enseignement supérieur peuvent également jouer un rôle dans la reconnaissance des acquis antérieurs.

  1. Quelle forme la reconnaissance peut-elle prendre ?

La reconnaissance peut prendre des formes variées, selon la finalité de la reconnaissance et le contexte national. Dans certains contextes, la reconnaissance consistera en une décision juridique formelle, tandis que dans d’autres contextes, elle sera accordée sous la forme d’un avis.

  1. Comment les organismes de reconnaissance peuvent-ils justifier la non-reconnaissance des qualifications ?

La non-reconnaissance est une exception qui doit être dûment expliquée et justifiée. Les autorités compétentes en matière de reconnaissance peuvent ainsi démontrer que les différences entre la qualification du postulant et les qualifications comparables dans leur propre système empêcheraient le postulant de réussir dans l’activité souhaitée, par exemple que les différences sont tellement importantes que le postulant serait incapable d’achever avec succès un programme d’enseignement supérieur ou de réussir dans son travail.

  1. Comment les organismes de reconnaissance peuvent-ils évaluer l’importance des différences de qualifications ?

Les différences importantes ou substantielles sont des différences qui auraient un impact négatif sur les objectifs poursuivis. Cette approche diffère de l’approche fondée sur l’équivalence, qui a pour but d’établir que la qualification étrangère est essentiellement similaire à une qualification nationale. Il est souhaitable d’abandonner progressivement l’approche fondée sur l’équivalence, en ce qu’elle nuit à l’adoption des bonnes pratiques en matière de reconnaissance.

 

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