Speech

Célébration de la Journée mondiale de la liberté de la presse

07/05/2021

CONFERENCE REGIONALE SUR LE THEME : INFORMATION COMME BIEN PUBLIC : ENJEUX ET PERSPECTIVES REGIONALES

 

7 MAI 2021

 

ALLOCUTION DU DIRECTEUR DU BUREAU REGIONAL DE L'UNESCO POUR L'AFRIQUE CENTRALE

 

 

Monsieur le SG du MINCOM représentant Son Excellence Monsieur le Ministre de la Communication du Cameroun ;

 

Mme Hermine SOUNA, Directrice Générale du ministère de la Communication et de l'Economie Numérique et de la Poste de la République Gabonaise, Représentant Le Ministre empêché

 

Chers partenaires,

 

Chers Représentants de la société civile et des médias,

 

Chers collègues du système des Nations Unies et autres Missions diplomatiques accréditées en Afrique Centrale

Chers Journalistes,

Mesdames et Messieurs,

 

C’est un grand plaisir pour moi de prendre la parole à l’ouverture de cette conférence qui marque la célébration de la 30e édition de la Journée Mondiale de la Liberté de la Presse ; observée chaque 3 mai. Qui dit liberté de la presse, dit un accès universel à l’information et une société plus inclusive, transparente et démocratique. Voilà pourquoi, l’UNESCO pense que l’accès à l’information doit être libre de toute obstruction puisque cette information est un bien public.

 

Excellences

Mesdames et Messieurs,

C’est sous ce prisme que la communauté internationale observe cette année la Journée Mondiale de la Liberté de la Presse ; sous le thème : « information comme bien public ». Ce bien commun à tous et qui nous affranchi de l’obscurantisme tout en nous permettant de mieux formuler nous-mêmes nos jugements et nos décisions. L’accès à l’information devient donc au centre de toute action humaine et sociale. Le politicien a besoin d’information sur le processus électoral pour mieux préparer sa candidature, l’étudiant a besoin d’information pour un meilleur choix de carrière, le décideur a besoin d’information pour mieux formuler ces politiques publiques et faire participer le maximum de parties prenantes. Pour ce faire, il faut que l’information soit un bien public, accessible à tous et en tout lieu.

 

Les Nations Unies à travers les Objectifs de Développement Durable (ODD) ont énoncé au 16e point l’urgence d’avoir des sociétés inclusives où l’on promeut les libertés fondamentales. La liberté de la presse est une des libertés fondamentales d’autant plus que les médias jouent un rôle prépondérant dans la diffusion des informations à un large spectre et en un temps record. Aujourd’hui, nous nous félicitons tous des avancées technologiques qui ont créé des autoroutes de la communication, mais apprécions et reconnaissons le rôle central de ces médias qui ont non seulement renforcé les processus démocratiques à travers le monde, favorisé la bonne gouvernance et surtout ont suscité l’adhésion des citoyens à travers le globe aux politiques nationales et internationales. Sans les médias, on en serait encore très loin en arrière à l’heure qu’il est.

 

C’est dire combien la presse est importante pour nos sociétés. Le 3 mai, journée mondiale de la liberté de la presse, observée avec faste pour certain, est un gentil rappel de l’engagement pris par les Etats Africains en 1991 à Windhoek en Namibie, sous la houlette de l’UNESCO, de promouvoir une presse plus libre et plurielle sur le continent. La Déclaration qui en est issue résonne aujourd’hui bien au-delà du continent africain comme cette alerte contre toute atteinte à l’exercice du métier de journalisme à travers le monde.

Cette année (2021) verra la célébration du 30ème anniversaire de la déclaration de Windhoek. A cette occasion, une conférence internationale a été organisé le 03 Mai, à Windhoek (Namibie), par l’UNESCO et le gouvernement de Namibie en association avec de nombreux partenaires du monde entier sur le thème : "Windhoek 2021 : Promouvoir l'information comme un bien public".

 

Ladite conférence a pu évaluer le chemin parcouru en termes de liberté de la presse et de liberté d’expression, mais surtout pour débattre de défis et opportunités persistants. La célébration du 30ème anniversaire de la déclaration de Windhoek a débouché sur une nouvelle déclaration axée sur les aspirations actuelles et futures en matière d’information en tant que bien public (Mes collègues vous donneront plus de détails sur le contenu de la nouvelle déclaration Windhoek + 30).

 

Aujourd’hui, j’apprécie, et tiens à remercier et saluer la présence parmi nous les autorites representant leurs excellences les Ministres en charge de la communication du Cameroun, du Burundi, et du Gabon. Votre présence à cette conférence témoigne de l’intérêts que vos Etats portent à l’accès universel à l’information comme un droit fondamental humain et de la liberté de la presse en général. Bien plus, votre présence démontre l’engagement de vos pays respectifs à contribuer à la politique publique internationale qui vise à mieux structurer la presse pour plus d’efficacité et de professionnalisme dans la collecte, le traitement et la diffusion de l’information comme bien public.

 

Mesdames et Messieurs,

Permettez-moi d’aborder le thème retenu pour célébrer la Journée mondiale de la liberté de la presse, « L’information comme bien public ».

Ce thème souligne la valeur incontestable d’une information vérifiée et fiable. Il appelle l’attention sur le rôle essentiel que jouent les journalistes libres et professionnels dans la production et la diffusion de ces informations, en luttant contre les fausses informations et autres contenus préjudiciables.

En défendant la notion de “l’information comme bien public”, la Journée mondiale de la liberté de la presse 2021 souligne la différence importante entre l’information et d’autres types de contenus de communication tels que la désinformation, les discours de haine, le divertissement et les données.

L’objectif est d’attirer l’attention sur le rôle particulier du journalisme dans la production d’informations vérifiées dans l’intérêt du public, et sur la façon dont il dépend d’un écosystème plus large qui permet à l’information de devenir un bien public.

La promotion de l’information en tant que bien public est nécessaire pour “mieux reconstruire” dans le monde post-COVID.

En effet, dans ce contexte de la pandémie, trois tendances sous-jacentes méritent d’être identifiées :

Les menaces préexistantes à la viabilité des médias d’information se sont considérablement aggravées.

Les sociétés Internet continuent d’être critiquées pour réaliser des profits à partir de flux de contenus relayant des volumes stupéfiants de désinformation, y compris dans le contexte de la pandémie.

En ces temps de flux d’information et de désinformation sans précédent les gens risquent d’être confondus ou manipulés, notamment par un ciblage personnalisé algorithmique. Il est essentiel que les citoyens du monde entier développent et renforcent leurs compétences en matière de maîtrise des médias et de l’information (media and information literacy en anglais – MIL), afin de pouvoir porter des jugements et prendre des décisions en connaissance de cause, et de s’engager de manière critique dans le développement durable pour lequel l’information en tant que bien public est indispensable.

Mesdames Messieurs

Chers partenaires,

 

A cette occasion de cette journée, je voudrais inviter les Gouvernements de la région Afrique centrale à plus de respect de la promotion de cette liberté de la presse ; je voudrais les inviter à donner plus d’accès à l’information surtout institutionnelle aux professionnels des médias ; je voudrais les inviter à considérer tous les cas de crimes commis contre les journalistes dans le cadre de l’exercice de leurs fonctions. C’est ainsi que nous pourrons tous ensemble consolider les acquis et continuer à promouvoir la liberté de la presse pour un accès universel à l’information.

 

En même temps, je voudrais souligner la complexité du contexte de notre région Afrique Centrale. En effet, notre région souffre encore de beaucoup de crises – des conflits armés avec plus récemment les exactions de la secte terroriste Boko Haram dans le bassin du Lac Tchad, des protestations de toutes sorte venant surtout de la gestion parfois contestée des processus électoraux, et fléaux sociaux tels la corruption qui gangrènent plusieurs de nos pays de la région.

 

La plupart de ces situations constituent de sérieuses entraves à la liberté de la presse. Les journalistes sont enlevés, arrêtés et détenus juste parce qu’ils sont à la quête de l’information. Il est du devoir du journaliste de donner l’information et de la responsabilité des sources, de rendre accessible l’information. C’est en cela que l’information deviendra un bien public.

 

Face à ces entraves à la liberté de la presse, je voudrais émettre le souhait de voir les pays de la région voter des législations, comme c’est le cas de la RDC où un projet de loi est en étude à l’Assemblée Nationale ; ou encore en RCA où le débat est en cours également à l’Assemblée Nationale ; il s’agit de voter des lois qui consacreront l’accès à l’information comme bien public. Ainsi nous aurons tous réussi à sécuriser une presse plus indépendante et plurielle en Afrique Centrale pour des pays plus démocratiques et inclusifs.

 

Honorables invités de l’UNESCO,

 

Tout en vous souhaitant plein succès dans vos travaux, je nourris le rêve qu’au sortie de cette conférence, que vous nous proposiez un plan d’action et d’engagement des médias de la région Afrique Centrale visant à promouvoir la liberté de la presse et l’accès universel à l’information ; l’information étant entendu comme un bien public.

 

Je souhaite plein succès à vos travaux !

 

Je vous remercie !